La Grande Dépression a été provoquée finalement et fondamentalement par une augmentation très importante de la part de l’épargne des Américains (qui a doublé par rapport au PIB dans les années 20) ce qui a provoqué une chute considérable du PIB réel dans les années 30 (-29 %) qui n’a été rattrapée qu’en 1941, ce qui s’est accompagné de conséquences catastrophiques (chômage, etc.).
Un problème du même type se développe depuis 1995 : l’épargne des Américains ne représentait alors que 32 % du PIB alors qu’elle atteint maintenant 50 %,

Ce sont donc au moins 2 000 à 3 000 milliards de dollars, voire 5 000, qui se trouvent en trop en quelque sorte dans les caisses d’épargne (et autres établissements financiers
assimilables) alors que cet argent gagné devrait circuler dans le système productif ou être sorti de la masse monétaire pour être investi en valeurs mobilières.
Comme les caisses d’épargne sont obligées de conserver une bonne part des 7 700 milliards de dollars qui y sont déposés pour respecter des règles prudentielles de bonne gestion qui s’imposent, ainsi est stérilisée une masse monétaire importante, ce qui a des effets déflationnistes indubitables.
Bien entendu, les effets négatifs de cette masse inerte et pesante ont des effets déflationnistes nettement moins prononcés actuellement que dans les années 30, mais ce problème est bien réel.
Cet excès d’épargne se retrouve aussi a priori dans le bilan hypertrophié de la Fed qui reçoit une grande partie de cet argent sous la forme de dépôts.
Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, maitrise manifestement la situation car finalement les Américains et leurs entreprises profitent de taux historiquement bas, ce qui favorise les entrepreneurs qui investissent dans des innovations.
Comme dans les années 20-30, le comportement des Américains joue le rôle le plus important.
Bien entendu, ils n’ont actuellement pas conscience de l’importance des problèmes qui se posent en Europe qu’ils connaissent fort mal, mais ils perçoivent que quelque chose ne va pas, en particulier à partir des turbulences financières et des cours de la bourse qui sont particulièrement sous-évalués, ce qui laisse subsister des sentiments de peur qui les incitent à augmenter leur épargne de précaution, ce qui aggrave les problèmes.
Il en était de même dans les années 20 : les Américains ne savaient pas que l’augmentation des stocks d’or par des banques centrales était déflationniste, mais ils percevaient par certains indicateurs que quelque chose n’allait pas et ils ont augmenté leur épargne de précaution, ce qui a eu des conséquences catastrophiques sur la croissance car ces problèmes ont été mal analysés à cette époque par les dirigeants politiques et économiques.