La financiarisation des activités humaines prend de plus en plus d’importance et elle est mal acceptée car les hommes ont curieusement beaucoup de difficultés pour comprendre ces problèmes financiers et monétaires alors qu’ils maitrisent plus facilement des problèmes techniques et scientifiques a priori plus complexes.
Et pourtant, tout est simple disait Milton Friedman…
Au départ, les hommes préhistoriques vivaient mal au jour le jour. Lorsqu’ils ont compris qu’ils avaient intérêt à se spécialiser dans une activité et à échanger leurs produits contre d’autres, ils ont commencé à mourir de faim moins rapidement.
Pour faciliter les échanges, des hommes ont inventé par la suite des monnaies, ce qui a encore facilité les échanges et amélioré leur vie.
Il y a 5 000 ans, du côté de Babylone, d’autres hommes ont inventé la comptabilité en partie double qui a permis à ceux qui s’étaient enrichis de prêter d’une façon fiable de
l’argent à des investisseurs, et certains ont même eu l’idée géniale d’emprunter de l’argent pour en prêter encore davantage.
Ainsi sont nés les banquiers puis les banques.
Ils ont permis, intuitivement, ou fortuitement, à l’argent de circuler plus facilement, ce qui a augmenté la richesse des nations et de leurs habitants.
En effet, la croissance du PIB réel, c’est-à-dire de la richesse des nations et de tout le monde est inversement proportionnelle à la variation l’argent qui ne circule pas ou mal (c’est-à-dire de l’épargne).
Le problème a été de maitriser correctement le système bancaire et monétaire à l’échelle planétaire, ce qui n’a été réalisé progressivement qu’après la Seconde guerre mondiale par l’intermédiaire du réseau des banques centrales coiffé par la Banque des Règlements Internationaux (la BRI).
Dans les années 80, les gens de la Fed et en particulier ce bon vieux Greenspan ont édicté les règles prudentielles que doivent respecter les banques, le fameux ratio Tier 1 qui s’énoncent ainsi : les capitaux propres doivent représenter au moins 8 % du total des dettes, ce qui correspond à son inverse, le multiple d’endettement, le leverage (que je représente par µ) de 12,5 (le total des dettes ne doit pas dépasser 12,5 fois le montant des capitaux propres).
Par la suite, au début de ce siècle, les dirigeants des grandes banques n’ont plus respecté ces règles de bonne gestion et ils ont fait pression pour les assouplir en réussissant à faire adopter des règles absconses qui leur permettent d’afficher en toute régularité des ratios à leur convenance : ce sont les ratios Tier 2 et de Bâle III qu’elles publient généralement triomphalement.
Le résultat en est un manque total de confiance dans le système bancaire, surtout par les dirigeants des grandes banques dans la zone euro comme le montrent les prêts de plus de 2 000 milliards d’euros de la BCE (aux banques) du fait que les marchés interbancaires ne fonctionnent plus.
Seules, parmi les banques mondiales à risques systémiques (les SIFIs), les banques américaines (des Etats-Unis) respectent les bonnes règles, celles de ce bon vieux Greenspan (qui a ramené les limites à 10) parce que les autorités (le gouvernement et les gens de la Fed dont le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke) n’ont pas hésité à flinguer les grandes banques qui ne respectaient pas les règles, celle des frères Lehman étant la victime la plus célèbre.
Ce résultat a été obtenu parce que les autorités doivent impérativement veiller à ce que l’argent soit sain, c’est le premier pilier des Reaganomics, pour que l’Amérique garde son leadership mondial.
En effet, le non-respect des règles d’endettement par les banques avait créé une bulle dans l’agrégat monétaire M3-M2 qui a éclaté avec les faillites et les restructurations
bancaires ainsi qu’avec la chute du PIB.
De l’argent non-gagné se trouvait en masse dans les bénéfices indus des grandes banques. Il a disparu et avec lui ce début d’hypertrophie de la masse monétaire.
Il n’en est pas de même dans la zone euro où les autorités ont laissé imprudemment et inconsciemment se développer une bulle en M1 du fait que de l’argent non-gagné a été et continue à être distribué en masse surtout dans ces cochons de pays du Club Med (dont la France) : cet agrégat représente la moitié du PIB contre 15 % aux Etats-Unis.
Il n’en aurait pas été ainsi si l’euro n’avait pas été créé car les déficits des balances commerciales des pays du Club Med n’auraient pas pu être comblés par les excédents allemands (et des Pays-Bas et de l’Irlande).
L’hypertrophie de la masse monétaire de la zone euro est maintenant irrattrapable et elle crée des désordres considérables et durables qui font et feront chuter le PIB dans la plupart des pays et augmenter dramatiquement le chômage, la pauvreté et le désordre.
L’argent soit sain est le premier pilier des Reaganomics. Pour avoir ignoré ce principe fondamental du monétarisme, les Européens sont condamnés à une crise qui durera très longtemps avec de grands désordres, comme les Japonais qui n’ont jamais pu faire éclater la bulle en M3-M2, ce qui affaiblit considérablement leurs entreprises pourtant très performantes.
Si les règles de bonne gestion des banques sont respectées, si l’argent est sain, alors la croissance du PIB peut perdurer, ce qui est le cas en Amérique du Nord et pour une grande partie dans la zone Pacifique.
La richesse des nations et de leurs habitants augmente alors, ainsi que l’argent sain épargné qui doit impérativement circuler, donc être prêté. Selon le très vieux principe de comptabilité en partie double, les dettes doivent donc augmenter en même temps que les dépôts. Tout est alors équilibré.
Ces problèmes financiers et monétaires élémentaires jouent un rôle de plus important et ils touchent toutes les activités humaines partout dans le monde. Rares sont les gens qui les comprennent.
Et pourtant, tout est simple…