Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 18:37

Banques centrales pour les nuls

 

Les banques centrales jouent un rôle de premier plan depuis quelques mois mais rares sont les gens qui comprennent les problèmes qu’elles résolvent généralement très bien, du moins pour ce qui concerne la Fed…

Elles rachètent des masses considérables d’actifs pourris, c’est-à-dire des titres à leur valeur faciale courante alors que les marchés anticipent une baisse considérable de leur valeur, comme par exemple les bons du Trésor grec qui ne vaudront plus grand-chose à leur échéance d’après les bons spéculateurs, c’est-à-dire les investisseurs qui voient juste et loin.

Les banques centrales vont donc perdre beaucoup d’argent dans ces opérations mais vu le montant de leurs réserves, elles peuvent facilement encaisser le coup (et le coût !).

Il n’en serait pas de même pour les Gos banques françaises (entre autres) qui auraient pu perdre plusieurs dizaines de milliards d’euros à cause des investissements que leurs dirigeants incompétents (et menteurs) ont fait en particulier dans les pires cochons de ces pays du Club Med.

Socialiser les pertes (les refiler à des organismes étatiques que sont les banques centrales) et privatiser les bénéfices, telle est la politique classique de tous les dirigeants des banques incompétents entretenant de bonnes relations avec les hommes (et les femmes) politiques au pouvoir.

L’empressement des politiques de venir au secours des Gos banques se comprend d’autant mieux quand on sait que ce sont ces banques qui paient dans la plus grande discrétion leurs campagnes électorales.

Les banques ordinaires récupèrent ainsi sans trop se fatiguer des sous, ce qui ne correspond pas à de la création monétaire car, par ailleurs, les banques centrales maitrisent (dans une certaine mesure) l’évolution de la masse monétaire, en particulier par leur politique d’achats et de ventes de bons du Trésor (et d’autres obligations publiques) de leur pays respectif comme l’ont toujours dit Milton Friedman et ce bon vieux Greenspan.

Ainsi par exemple, la Fed détenait environ $2 000 milliards des $16 000 milliards de dette publique fin mars dernier (d’après la BRI), ce qui lui laisse une marge de manœuvre importante !

Un petit rappel : la plus grande peur qu’ait eue Alan Greenspan quand il présidait la Fed, était la possible disparition de la dette publique aux Etats-Unis à cause des excédents budgétaires du temps de la présidence de Bill Clinton car cela aurait retiré à la Fed un de ses moyens d’intervention les plus puissants.

Par ailleurs, le monde de la finance, comme tous les autres secteurs, crée des produits de plus en plus sophistiqués qui permettent à l’économie dite réelle de mieux fonctionner, en particulier de se couvrir face à des risques à venir.

Les CDS en sont un bon exemple : ils montrent clairement l’évolution des risques encourus par les émetteurs de dettes. Certains sont dignes de confiance, d’autres moins. Les prix en sont la sanction. Les mauvais élèves sont pénalisés, les bons élèves sont favorisés. C’est la vie…

Ces CDS fonctionnent à partir d’empilements de couvertures pour réduire les risques, cf. mon billet à ce sujet. L’augmentation exponentielle de leurs engagements n’effraie que les innombrables idiots inutiles qui se gavent de courbes dont ils ne comprennent pas la signification mais qui assurent leur succès.

Ce n’est pas parce qu’un produit est complexe qu’il faut l’interdire ! Nous utilisons quotidiennement un très grand nombre de produits très complexes dont nous ne comprenons qu’une petite partie du fonctionnement mais qui nous sont indispensables.

Beaucoup de gens ne comprennent pas le fonctionnement de ces produits et des marchés financiers, ce qui est normal car ils exigent un minimum de connaissances, une bonne culture monétariste et un certain degré de réflexion dans un univers d’un haut niveau d’abstraction.

Ils n’ont pas à intervenir dans ce domaine qui n’est pas de leur compétence.

Il en est de même pour cette fameuse planche à billets qui a toujours beaucoup de succès auprès des innombrables idiots inutiles !

Aucune grande banque centrale ne l’utilise plus depuis des décennies, en dehors de quelques exceptions notoires comme celle du Zimbabwe.

En effet, tous les chiffres publiés montrent l’absence totale d’une augmentation significative de la masse des billets en circulation qui ne représente que 6,0 % du PIB aux Etats-Unis, ce qui est un pourcentage faible et stable.

Enfin, quand les grandes banques centrales prêtent de l’argent aux banques ordinaires, elles prêtent l’argent qu’elles ont. Cet argent circule normalement. Il n’y a donc pas de création monétaire à cette occasion contrairement à ce que rabâchent tous les...

L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics. C’est la raison pour laquelle il l’est aux Etats-Unis du moins, ce qui n’est pas le cas dans la zone euro où de l’argent non gagné circule en masse (3 500 milliards d’euros environ) car les engagements de retraite ne sont pas comptabilisés à leur juste valeur, cf. mes billets à ce sujet, ce qui est très grave, mais les idiots inutiles ne comprennent pas ce problème qui est pourtant simple.

Tout est simple

***

 

Par CHEVALLIER
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