Un petit exercice très instructif consiste à comparer la capitalisation boursière de grandes banques américaines et françaises par rapport à leurs capitaux propres…
Sommes en milliards (de dollars ou d’euros)
Wells Fargo est manifestement la banque préférée des investisseurs avertis : sa capitalisation boursière est supérieure d’un tiers au montant de ses capitaux propres et il en est presque de même pour State Street.
Parmi les big banks américaines présentant un risque systémique d’après la BRI, ce sont les deux seules qui ont une capitalisation boursière supérieure au montant de leurs capitaux propres.
La capitalisation boursière du Crédit Agricole, même après les hausses vertigineuses de ces derniers jours, ne représente que 21 % du montant de ses capitaux propres, ce qui signifie que peu d’investisseurs osent mettre des capitaux dans cette bad bank ! … et il en est presque de même pour les mécanos de la Générale (31 %).
Bien entendu, c’est pire pour les banques grecques et espagnoles.
Les banques de la zone euro sont largement sous-capitalisées. La solution n’est pas de leur apporter des capitaux empruntés par des Etats déjà surendettés, mais de laisser faire les marchés : les investisseurs avisés, bons spéculateurs, n’apporteraient logiquement leurs capitaux qu’aux banques viables, bien gérées, laissant disparaitre (ou reprendre) les bad banks comme l’ont fait les Américains.
Une fois de plus, il ne faut pas brider le capitalisme libéral en augmentant le rôle de l’Etat, mais il faut plus de libéralisme pour créer davantage de richesse, comme le font ces maudits petits Suisses qui réussissent (presque) tout !
Une remarque : ces big banks américaines sont largement sous-capitalisées car les marchés craignent toujours de mauvaises surprises à cause de certains de leurs investissements risqués qui peuvent leur faire perdre facilement quelques milliards comme l’ont encore montré certaines affaires récentes.
Les problèmes dus à cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro sont considérablement aggravés par la sous-capitalisation des banques qui laissent planer des risques systémiques
létaux.
Pour l’instant, un tsunami bancaire ne s’est pas produit en Europe
| Banks 2012 Q1 | Equity | Market Cap | % |
|---|---|---|---|
| New York Mellon | 34 | 26,18 | 77 |
| State Street | 16,659 | 21,81 | 131 |
| Wells Fargo | 133,415 | 177,77 | 133 |
| Bank of America | 213,711 | 88,12 | 41 |
| Citigroup | 177,721 | 80,38 | 45 |
| JP Morgan Chase | 177,711 | 136,02 | 77 |
| Morgan Stanley | 60,816 | 28,99 | 48 |
| Goldman Sachs | 68,556 | 47,15 | 69 |
| Société Générale | 47,8 | 14,9 | 31 |
| BNP Paribas | 68,109 | 39,5 | 58 |
| Crédit Agricole | 44,7 | 9,3 | 21 |