Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 10:28

Bank of America 4° trimestre 2009


Les ratios d’endettement de Bank of America sont nettement supérieurs aux normes de la Fed depuis 3 trimestres avec un ratio Tier d’origine réel à 9,6 % (il doit être supérieur à 8,0 %) soit un µ réel de 10,4 (il doit être inférieur à 12,5) au 4° trimestre 2009,


Tableau 1 :

Bank of America

2008Q4

2009Q1

2009Q2

2009Q3

2009Q4

actions préférence

37,7

73,3

58,7

58,8

37,2

total dettes réelles

1 678,6

2 155,4

2 057,9

2 052,2

2 029,1

capitaux propres réels

139,4

166,3

196,5

198,8

194,2

µ réel

12,0

13,0

10,5

10,3

10,4

Tier d'origine réel

8,3

7,7

9,5

9,7

9,6


Bank of America a dépassé les normes au 1° trimestre 2009.


Ces chiffres, tirés de Reuters, diffèrent légèrement de ceux qui se trouvent sur mes billets précédents (pour les trimestres antérieurs au 4°) du fait de réajustements comptables. 


En assimilant les actions de préférence aux capitaux propres (comme le font à tort les Européens), les ratios d’endettement sont même excellents : au niveau des meilleures banques mondiales (les banques privées helvètes et les 3 banques d’irréductibles Gaulois, surtout de Navarre !) mais ce mode de calcul est trompeur car il ne correspond pas à la réalité.


Tableau 2 :

Bank of America

2008Q4

2009Q1

2009Q2

2009Q3

2009Q4

Total dettes

1 640,9

2 082,1

1 999,2

1 993,4

1 991,9

Capitaux propres

177,1

239,5

255,2

257,7

231,4

µ publié

9,3

8,7

7,8

7,7

8,6

Tier d'origine

10,8

11,5

12,8

12,9

11,6


Compte tenu des aides de l’Etat, les comptes de Bank of America sont encore largement déficitaires au 4° trimestre ($5,2 milliards) mais l’essentiel pour une big bank n’est pas d’afficher actuellement des bénéfices mais de rétablir et de maintenir de bons ratios d’endettement, ce qui est effectivement fait.


Le seul point noir est que ces grandes banques sont trop grandes : le total des dettes de Bank of America représente 14 % du PIB et 13 % pour JP Morgan.


Too big to fail !


La meilleure solution serait de limiter la taille des banques à 5 ou même 1 % du PIB pour qu’aucune d’entre elles ne présente de risque systémique (faire un certain nombre de baby Bank of America).


A titre de comparaison, le total des dettes de BNP est supérieur au PIB de la France et le µ des banques françaises (et européennes) est aux alentours de 30, ce qui signifie que le total de leurs dettes se monte à 30 fois le montant de leurs capitaux propres contre 10 fois pour Bank of America !


J’avoue ne pas comprendre l’inconscience des Européens !


Ces problèmes bancaires sont pourtant simples à comprendre, les chiffres sont facilement accessibles par Internet, les informations sont publiées (cf. les déclarations de ce bon vieux Greenspan et les travaux de la Banque des Règlements Internationaux).


Cliquer ici pour lire mon billet du 15 octobre sur les résultats du 3° trimestre.

***

 

Par CHEVALLIER
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