Problèmes bancaires et monétaires
Les problèmes bancaires et monétaires ont pris subitement beaucoup d’importance depuis quelques mois et ils sont généralement mal compris, surtout en France.
J’ai déjà exposé ce qu’il est important de savoir à ce sujet, mais un petit retour sur quelques notions fondamentales est encore nécessaire…
Au point de départ, se trouvent les banques qui jouent un rôle essentiel dans la richesse des nations car elles
permettent de financer le développement des activités économiques depuis 5 000 ans.
Elles prêtent de l’argent à leurs clients. Elles ont donc sur eux des créances qui sont inscrites à leur actif qui est financé par des capitaux propres et
des dettes (le mot passif n’existe pas en anglais).
Prenons l’exemple du meilleur élève de la classe bancaire française : la banque Michel Inchauspé (Bami) qui publie son bilan page 21
dans son rapport annuel 2007, cliquer ici pour y accéder.
Les capitaux propres, c’est à dire le capital apporté par les actionnaires (la famille Inchauspé pour l’essentiel),
plus les réserves et les derniers bénéfices, se montaient à 43,777 millions d’euros au 31 décembre 2007.
Comme le total du bilan était de 401,665 millions d’euros, le total des dettes était de 357,888 millions d’euros.
Pour les gens de la Fed et Alan Greenspan en particulier, ce qui est important, c’est le ratio du total des dettes sur les capitaux propres (que je
désigne par la lettre µ, le multiplicateur d’endettement bancaire, leverage en anglais) plus connu sous la forme de son inverse : le ratio Tier, du moins tel qu’il était défini Ã
l’origine.
µ doit être strictement inférieur à 12,5 pour qu’une banque soit saine, c’est à dire pour qu’elle puisse affronter les turbulences (autre formulation : le ratio Tier
doit être supérieur à 8 %).
Les banques qui ont un bon µ sont a priori saines et bien gérées car pour avoir un bon µ, elles doivent avoir beaucoup de capitaux propres et dégager des bénéfices normaux (sans perdre d’argent
dans des investissements aventureux).
Avec un µ à un chiffre de 8,2 la banque Michel Inchauspé (Bami) est à ma connaissance la plus fiable de France et de Navarre.
C’est simple, tout est simple disait Milton Friedman.
Tout le reste n’est que (mauvaise) littérature de journaleux et bonimenteurs des finances.
Les grandes banques américaines ont eu des µ dépassant les normes en 2007, ce qui signifiait que quelque chose n’allait pas quelque part.
Les gens de la Fed ont bien identifié les problèmes et ils les ont résolu efficacement.
Toutes ces grandes banques sont en train d’améliorer leur µ en diminuant leurs actifs et en augmentant leurs capitaux propres après une
destruction créatrice historique.
Dans le système de comptabilité en partie double (en vigueur depuis 5 000 ans), tout euro prêté par une banque (inscrit à son actif) a pour
contrepartie un euro inscrit dans les capitaux propres ou les dettes, c’est à dire que cet euro prêté a nécessairement été gagné et épargné au préalable par quelqu’un d’autre quelque
part.
Il n’y a donc pas de création monétaire dans une opération de prêt, mais un transfert d’argent entre un prêteur et un emprunteur par l’intermédiaire d’une
banque.
C’est simple, tout est simple disait Milton Friedman.
Les banques permettent donc d’atteindre l’optimum économique en assurant l’égalité entre l’épargne et l’investissement comme le disait ce bon vieux Keynes qui pour une fois est bien utile.
Dans la mesure où les banques sont saines, s’il en est de même ailleurs (s’il n’y a pas d’argent non gagné dans le système
productif), alors l’argent est sain, ce qui est le premier pilier des
Reaganomics dixit Arthur Laffer.
Comme la croissance est élevée aux Etats-Unis (sans création monétaire) et ailleurs dans le monde depuis une soixantaine d’années, la richesse a beaucoup augmenté.
L’épargne a donc considérablement augmenté, ainsi que les prêts, a priori dans les mêmes proportions.
Il n’y a donc pas de déséquilibres dans les comptes car le système est globalement équilibré.
Il est donc normal que les Américains aient des dettes pour acheter leurs logements et que les Etats aient eux aussi des dettes pour financer leurs investissements.
Comme le monde de la finance est très ouvert, l’argent (en dollars US$ provenant d’une production vendue et payée en US$) épargné par des Chinois peut être prêté aux Américains.
Alan Greenspan explique clairement ces problèmes dans son livre, L’âge des turbulences.
Tout est simple disait Milton Friedman mais les Français ont beaucoup de mal à assimiler ces concepts et à les utiliser car ils manquent de culture monétariste alors qu’elle est très largement répandue en particulier aux Etats-Unis.
***
Cliquer ici pour lire un article d’Alan Greenspan
expliquant ces problèmes de µ.
Cliquer ici pour lire l’article d’Arthur Laffer sur les 4 piliers des Reaganomics.
A ma connaissance, seul l’auteur du blog signé Lupus, cliquer ici pour y accéder, publie en France et en français des billets qui permettent de comprendre correctement ces problèmes et de compléter une culture
monétariste par des documents toujours très bien choisis.
***