Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /Avr /2009 11:58

Banques françaises : grave


La situation des banques françaises est grave, très grave même car elles ne respectent pas les ratios prudentiels fondamentaux. Un petit rappel s’impose (encore !)…


Les actifs d’une banque sont financés par ses capitaux propres et des dettes.


Pour que la confiance règne dans un système bancaire, le montant des capitaux propres de toute banque doit représenter au moins 8 % du total de ses dettes.

C’est le ratio Tier tel qu’il a été défini à l’origine et qui peut se formuler autrement et plus simplement par le multiplicateur µ (ou levier) d’endettement : le total des dettes ne doit pas dépasser 12,5 fois le montant des capitaux propres (c’est l’inverse du ratio Tier).


C’est simple, clair, compréhensible.


Les banques publient leurs bilans et tout le monde peut calculer ces ratios,


Tableau 1 :

2008T4

 

 

BNP

 

 

Cdt Agricole

 

 

Soc Gen

 

 

CdE-BP-N

 

 

Cdt Mutuel

 

 

Total dettes

 

 

2 017

 

 

1 606

 

 

1 089

 

 

1 383,8

 

 

557

 

 

Capitaux pr

 

 

59,0

 

 

47,3

 

 

40,9

 

 

35,2

 

 

25

 

 

µ

 

 

34,2

 

 

34,0

 

 

26,6

 

 

39,3

 

 

22,2

 

 

Tier 1 (%)

 

 

2,9

 

 

2,9

 

 

3,8

 

 

2,5

 

 

4,5

 

 


J’ai regroupé dans la colonne CdE-BP-N l’ensemble en cours de constitution de la Caisse d’Épargne, de Banque Populaire et de Natixis.

Les chiffres sont en milliards d’euros et de dollars.


Tableau 2 :

2009Q1

 

 

Bank of Am

 

 

JPMorgan

 

 

Citigroup

 

 

Wells Fargo

 

 

Goldman S

 

 

Total dettes

 

 

2 082,4

 

 

1 909,0

 

 

1 678,6

 

 

1 178,8

 

 

820,2

 

 

Capitaux pr

 

 

239,5

 

 

170,2

 

 

143,9

 

 

107,1

 

 

64,4

 

 

µ publié

 

 

8,7

 

 

11,2

 

 

11,7

 

 

11,0

 

 

12,7

 

 

Tier 1 (%)

 

 

11,5

 

 

8,9

 

 

8,6

 

 

9,1

 

 

7,9

 

 


Les banques américaines respectent ces premiers ratios, ce qui n’est pas le cas pour les banques françaises.


Conséquence : la confiance ne règne plus dans le système bancaire français, et c’est souvent pire ailleurs en Europe (en Allemagne, au Royaume-Uni et surtout en Belgique), ce qui paralyse toute l’activité économique car les banques ne peuvent plus emprunter sur les marchés et elles ne peuvent donc plus prêter à leur tour.


La BRI (la Banque des Règlements Internationaux qui regroupe les banques centrales des grands pays développés) a édicté ce premier ratio dans les années 90.


D’autres ratios de bonne gestion s’imposent, mais ils n’ont pas été retenu par la BRI.


L’un des plus important est que le total des dettes d’une banque ne doit pas dépasser 10 % du PIB du pays dans lequel elle est logée car en cas de faillite, ce sont les contribuables de son pays d’origine qui sont ses sauveteurs en dernier ressort.


Les 4 plus grandes banques françaises sont hors normes : en cas de faillite de l’une d’elles, il serait impossible de la sauver, et ce serait alors la faillite de la France et des Français.


C’est ce qu’on appelle le risque systémique (un système bancaire qui s’écroule).


Le cumul du total des dettes des 5 plus grandes banques françaises est encore plus inquiétant puisqu’il représente 340 % du PIB contre 54 % aux États-Unis !


Tableau 3 :

Milliards € ou $

 

France

 

États-Unis

 

Total des dettes des 5 banques…

 

6 652

 

7 670

 

PIB 2008

 

1 940

 

14 200

 

Dettes / PIB

 

340 %

 

54 %

 


La grande force des États-Unis est d’avoir des dirigeants compétents qui savent imposer le respect des règles qui sont nécessaires pour que la population vive durablement normalement.


La Vieille Europe est en train de creuser son tombeau.


Comment se fait-il que je sois le seul, à ma connaissance du moins, à prendre en considération ces chiffres ?


C’est inquiétant !


Rares sont ceux qui en comprennent l’importance.


C’est encore plus inquiétant !


Le monde du XXI° siècle sera Pacifique, c’est à dire dominé par la réussite des États-Unis et de la Chine, la Vieille Europe s’étant autodétruite, soit par son système bancaire, soit par l’hypertrophie de la masse monétaire provenant des engagements de retraites qui n’ont pas été provisionnés.


Dans son livre, Le temps des turbulences, Alan Greenspan en arrive à cette conclusion sans en donner les explications.

***

Par CHEVALLIER
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