Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 12:24

Guerre et batailles


En prenant la direction de la Fed en février 2006, le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, a pris les mesures qui s’imposaient pour livrer une guerre longue et impitoyable aux marchés financiers : il s’est laissé pousser la barbe et il a mis fin à la publication des chiffres de M3.


Il a ainsi augmenté sa furtivité.
Pour ne pas attirer l’attention de ses adversaires et il a d’abord sagement continué la politique monétaire d’Alan Greenspan en augmentant le taux de base de la Fed à 5,25 %, au-dessus de son niveau de neutralité (entre 4,0 et 4,25 %) pour créer un collapsus qui s’est effectivement produit fin 2007 début 2008 : ce fut la pire crise depuis celle de 1929, en pire même d’après tous les journaleux et tous les bonimenteurs, ce fut la crise dite des sub-prime ($300 milliards… seulement !).


Ensuite, B-2 a sifflé la fin du jeu baissier en baissant le taux de base de la Fed le 18 mars 2008, ce qui a été le signal du début de la reprise de la croissance qui devait s’annoncer forte 6 mois plus tard… de façon à faire élire John McCain dans un fauteuil (présidentiel).


B-2 & co. ont alors lancé une deuxième bataille beaucoup moins classique en laissant se répandre une information qui allait casser net la reprise : ils ont laissé croire que W. avait donné secrètement son accord aux Israéliens pour qu’ils interviennent militairement en Iran.


Compte tenu du haut niveau de corruption et d’incompétence des dirigeants israéliens, cette information fortement crédible (en amenant même des portes avions dans le golfe Persique !) s’est répandue dans les milieux boursiers et la tendance haussière des indices d’actions s’est immédiatement retournée dès le lundi 19 mai et un peu plus tard (à partir du vendredi 13 juin !) pour les marchés des Treasuries (après le voyage de W. en Europe).


Une très grande partie des anticipations des investisseurs mal couverts dans les produits dérivés (portant sur des montants considérables) se sont alors retrouvées perdantes, ce qui s’est traduit par des pertes monumentales.


Cette bataille fut sanglante : Henry Paulson en a profité pour flinguer Lehman Brothers (cotée à Francfort !), AIG et bien d’autres encore.


Ce fut la pire crise depuis celle de 1929, en pire même d’après tous les journaleux et tous les bonimenteurs dont le travail est maintenant grandement facilité par le copié collé.


Là encore, B-2 a sifflé la fin de la partie baissière le 16 décembre 2008 en baissant le taux de base de la Fed au zéro absolu, ce qui a été le signal de départ pour les éléphants, ceux qui voient venir de loin les tsunamis, c’est à dire les bons spéculateurs, les moutons de Panurge paniqués se précipitant dans tel ou tel sens au fil des moindres informations contradictoires sans voir plus loin que le bout de leur museau.


B-2 a laissé s’enliser les moutons des marchés boursiers pendant quelques semaines encore pour mieux achever les survivants mal en point et il a donné le signal du départ de la croissance pour tout le monde le 18 mars dernier (en annonçant que la Fed allait racheter des bons du Trésor) et Thimothy Geithner en a rajouté une louche (de $1 000 milliards) lundi 23 en remettant en circulation les actifs dits toxiques des banques pour que les marchés financiers fonctionnent normalement de nouveau.


Les sommes engagées pour faire fonctionner à nouveau les flux financiers s’élèvent finalement à plusieurs milliers de milliards de dollars US$… ce qui est normal compte tenu de l’importance des capitaux engagés habituellement sur ces marchés.


Ainsi, dès la fin du 1° trimestre (ça tombe bien !) tout repart : Obama pourra faire de beaux discours et s’attribuer tout le mérite d’avoir redressé l’Amérique qui sombrait à cause de la politique catastrophique de W.


Après cette guerre longue et impitoyable, les groupes de pression des marchés financiers étant complètement anéantis, B-2 & co. vont pouvoir leur imposer leurs lois : des lois et des règlements de façon à organiser les marchés des produits dérivés dans l’équivalent de bourses contrôlées par la Fed.


Pendant ces batailles, la destruction créatrice a été très forte.


Les Américains vont dépenser leurs revenus et une bonne partie de l’épargne supplémentaire qu’ils ont constituée depuis ces derniers mois ($500 milliards), ce qui fera repartir la croissance du PIB à un rythme élevé sur des bases saines.


Dans une quinzaine de jours, les chiffres de la Fed montreront que l’augmentation de M2-M1… baisse, ce qui correspond à une augmentation de la croissance du PIB à partir du 2° trimestre,

Graphique 1 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


L’analyse de l’évolution des agrégats monétaires et des rendements des Treasuries permet d’anticiper correctement les variations de l’activité économique et des marchés boursiers, ce qui alimente donc la spéculation gagnante… sauf quand B-2 et W. tendent des pièges indécelables !

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


D’autres batailles et d’autres guerres sont possibles et même probables, en particulier contre les dirigeants des sectes musulmanes les plus dangereuses : les mollahs chiites iraniens en particulier.


Après une telle guerre, il reste toujours des bombes qui n’ont pas explosé, des maisons piégées et plein d’autres dangers : les indices d’actions montent et vont monter, mais il y a des sociétés dont les cours sont déjà sur valorisés et d’autres qui ne se relèveront pas.


Plus que jamais, le retour à l’analyse fondamentale minutieuse s’impose


Les victimes collatérales de cette guerre sont assez nombreuses : les éternels communistes russes, la Vieille Europe socialiste antilibérale et anti-américaine, et dans une certaine mesure la Chine.

***


Il est intéressant de relever que les marchés des produits dérivés qui se sont développés sans organisation et sans contrôle de la part des autorités ont failli créer une catastrophe.


L’intervention de l’État est nécessaire pour organiser les marchés et contrôler l’application des règles.


Une fois de plus, les théories prônées par les libertariens ont montré qu’elles sont inapplicables et très dangereuses.


Le libéralisme doit être appliqué correctement, l’État jouant un rôle nécessaire et indispensable, mais il ne faut pas qu’il aille au-delà de ses prérogatives.


Le libéralisme n’a pas à être recomposé. Il fonctionne parfaitement bien si les bonnes règles sont appliquées, toute la difficulté étant de trouver ces règles et de les faire respecter.

***

Par CHEVALLIER
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