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Encore un bombardement de B-2
Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke a encore lâché une bombe d’une précision millimétrique et magistralement
performante : la Fed a annoncé qu’elle allait racheter pour $300 milliards de bons du Trésor dans les 6 mois à venir.
Dans l’heure qui a suivi cette annonce, la Fed n’a pas racheté un seul bon mais les rendements des Notes à 10 ans qui évoluaient aux alentours de 3 %
ont plongé à 2,54 %,
Graphique 1 :
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Ce plongeon des Notes à 10 ans est historique. Il ne s’est produit qu’une seule fois avec une telle ampleur, mais en d’autres
circonstances : lors du krach de 1987,
Graphique 2 :
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Le plus remarquable dans cette décision de la Fed est que les rendements des Notes ont baissé (les prix des contrats ont augmenté car les
investisseurs ont anticipé cette baisse des rendements) et que les indices d’actions ont augmenté en même temps alors qu’ils évoluent normalement dans le
même sens (que les rendements des Treasuries), ce qui montre une fois de plus que le montant des capitaux en attente de placement est considérable aux États-Unis.
Le bombardement de B-2 est une parfaite réussite.
Le S&P-500 a pris 2 %, 11 % pour le KBW (l’indice des valeurs bancaires), le cours de Citigroup a été multiplié par 3 en 10 jours, ceux de Bank of America, de Wells Fargo et
d’autres ont doublé.
Tout va bien donc, les marchés reprennent normalement depuis le point de retournement de la mi-décembre comme je
l’ai écrit à maintes reprises.
C’est la plus grande crise depuis un siècle, où ça ?
Ah ! oui, dans la Vieille Europe : après l’annonce de la Fed, les rendements du Bund à 10 ans ont peu changé car les
investisseurs n’anticipent pas de forte reprise comme aux États-Unis, l’Allemagne étant fortement handicapée par des banques dont l’endettement est hors normes,
Graphique 3 :
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Comme la situation en Allemagne apparaît mauvaise, la situation en France s’améliore par rapport à celle de l’Allemagne, ce qui se voit dans
le brusque rétrécissement de l’écart entre les rendements des bons à 10 ans de leurs Trésors,
Graphique 4 :
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Ce sont tous les pays de la zone euro qui sont au plus mal : les rendements des bons à 10 ans de leurs Trésors sont nettement supérieurs
à ceux des États-Unis,
Graphique 5 :
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L’écart entre les rendements des bons à 10 ans des Trésors allemands et français par rapport aux Notes à 10 ans a bondi,
Graphique 6 :
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Seule ombre au tableau : la reprise de la croissance aux États-Unis sera inflationniste, comme le montre l’augmentation du CPI:LFE,
Graphique 7 :
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En effet, les Démocrates favorisent le retour de l’influence des syndicats qui vont obtenir des hausses de salaires, et surtout, ils
ont mis fin au dispositif d’Alan Greenspan qui reposait sur les synergies entre la Chine et les États-Unis.
La décision de B-2 était indispensable pour faire repartir le marché immobilier dont les prêts hypothécaires sont fortement dépendants des rendements des bons du Trésor à long
terme.
Avec la chute des prix de l’immobilier et des taux d’intérêts très bas, les Américains peuvent devenir plus facilement propriétaires de leur maison et continuer à consommer, le tout faisant
repartir les marchés sans plan de relance, après une fantastique destruction créatrice dans le secteur financier.
Les banques redevenues rentables, pourront rembourser les prêts accordés par l’État, cette aventure n’aura finalement rien coûté aux contribuables américains.
Par ailleurs, l’impression de faiblesse du dollar (US$) renforce l’euro, ce qui affaiblit une fois encore la compétitivité des entreprises
euro-zonardes et surtout celles des pays du Club Med qui sont les plus vulnérables.
Enfin, il est important de noter que la décision de la Fed ne met pas un seul dollar non gagné en circulation.
L’argent est sain aux États-Unis du moins (ce qui n’est pas le cas dans la Vieille Europe).
C’est le premier pilier des Reaganomics.
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