Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /Mars /2009 18:27

Guerres (financières) et paix


Les Américains travaillent, gagnent de l’argent et le dépensent, ce qui fait repartir la croissance du PIB spontanément, sans plan de relance, ai-je écrit à maintes reprises, et c’est ce que confirment une fois encore les dernières statistiques publiées aujourd’hui : les ventes de détail ont augmenté de 1,8 % en janvier (par rapport au mois précédent), de 0,7 % en février pour les ventes en dehors de l’automobile et de 3,4 % pour les ventes d’essence !


Les Américains roulent à nouveau, ça va, tout va bien, ça roule.


Le comportement (cf. le béhaviorisme) des Américains est à la base de la croissance du PIB qui repart depuis l’investiture d’Obama d’après les meilleurs indicateurs de tendances lourdes que sont l’évolution des rendements des Treasuries et des agrégats monétaires.


Le plan de relance d’Obama va se manifester d’abord par des baisses d’impôts pour beaucoup d’Américains qui vont en profiter pour dépenser ces dollars supplémentaires car 1 dollar d’impôt en moins, c’est toujours 1 dollar de plus dans la poche, prêt à être dépensé, donc 1 dollar de richesse supplémentaire à créer.


C’est la relance libérale par la consommation, naturelle, positive, pas du tout la relance socialiste, keynésienne, démagogique par la distribution de revenus sans travail.


80 % des Américains sont encore et toujours optimistes quant à leur avenir malgré tout ce que peuvent en dire tous les journaleux et tous les bonimenteurs (c’est la pire crise…).


Les marchés d’actions sont actuellement le lieu de rencontre des moutons et des éléphants : l'amplitude des fluctuations est considérable dans des tendances lourdes haussières lentes.

***


L’effondrement financier qui se produit depuis quelques mois doit s’analyser dans le cadre des guerres financières qui en sont à la fois la cause et les conséquences…


C’est d’abord une guerre des autorités (c’est à dire du gouvernement, de la Fed, de la SEC et d’autres organisations) contre des groupes de pression financiers très puissants, et même plus influents que les autorités.


Pour gagner une guerre de ce type, Alan Greenspan se contentait de laisser faire les marchés tout en dénonçant leur exubérance irrationnelle.


Après avoir pris une bonne claque avec le dégonflement de la bulle Internet, il a enfin pu imposer à ces marchés les mesures qu’il aurait voulu prendre avant l’apparition de cette bulle, ce qui aurait évité qu’elle se produise (si les groupes de pression l’avaient laissé faire préventivement).


Avec l’hypertrophie des produits dérivés qui s’est accentuée à partir de 2006, les autorités ont adopté presque la même politique : elles ont laissé faire les marchés, mais en leur tendant un piège de façon à rendre perdantes (presque) toutes les anticipations des investisseurs mal couverts dans ces produits dérivés.


Ce piège a été de faire croire aux marchés que W. avait donné son accord à une intervention militaire en Iran lors de son voyage en Israël à la mi-mai 2008.


Les investisseurs persuadés d’être bien informés ont été les premiers vendeurs : le renversement de la tendance haussière des indices d’actions s’est fait immédiatement, dès le lundi 19 mai, et un peu plus tard pour les marchés des Treasuries (à partir du vendredi 13 juin (!) après l’accord donné par Angela Merkel, Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy lors du voyage de W. en Europe).


Par la suite, les autorités ont attendu que les pertes s’accentuent et la guerre financière est montée en intensité : elles ont commencé par flinguer Lehman Brothers (cotée à Francfort !) et d’autres par la suite, dont AIG.


Cette guerre n’est pas terminée : les groupes de pression du secteur financier ont encore obtenu l’accord de certains parlementaires (toujours incompétents et corrompus) pour abandonner la règle de l’enregistrement des produits financiers à leur juste valeur de marché malgré l’opposition ferme des autorités (la SEC et les gens de la Fed).


Cette guerre continue, cf. quelques indications publiques données dans les commentaires de mon blog sous la signature de Lupus.


Elle est très dure, pleine de règlements de comptes sanglants, à coups de milliards de dollars.


Plus le temps passe, plus les adversaires des autorités sont perdants.


Au delà de cette guerre interne, la guerre fait rage entre les États-Unis et le reste du monde.


Le désordre augmente dans la Vieille Europe : l’industrie plonge en France en dessous de son niveau de 1997 ! et même en Allemagne.


Les Européens tombent dans tous les pièges qui leur sont tendus : au lieu de remettre de l’ordre dans les comptes des banques, les autorités ont toutes accepté d’abandonner la règle de l’enregistrement des produits financiers à leur juste valeur de marché


Les plans de relance adoptés ne relanceront que les dettes publiques et les impôts alors qu’il aurait fallu baisser le taux des prélèvements obligatoires pour le faire redescendre à son niveau optimal d’un tiers du PIB comme aux États-Unis.


La Vieille Europe subit le même sort que le Japon dont les entreprises très performantes sont gravement handicapées par les erreurs des dirigeants politiques et des banques.

***

Par CHEVALLIER
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