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Crédit Agricole 2008
Les péquenots du Crédit Agricole ont enfin publié leurs comptes le 3 mars, un bon mois après les banques américaines.
Ainsi, depuis le 30 juin 2008, on ne connaît rien de ce qui se passe réellement dans cette banque qui gère pourtant €1 600 milliards de
dettes au 31 décembre dernier, ce qui est considéré comme normal en France.
Faites nous confiance, fermez les yeux, laissez nous faire, laissez vous faire, tel est le leitmotiv franchouillard habituel.
De toutes façons, en dehors de moi et de quelques honorables lectrices et lecteurs de mon blog, personne ne s’intéresse aux comptes réels des banques françaises…
Rien ne change au Crédit Agricole : le ratio µ du total des dettes par rapport aux capitaux propres reste à 34, niveau autour duquel il
fluctue depuis plusieurs années, ce qui correspond à un ratio Tier d’origine de 2,9 % (contre 9,4 % annoncé !),
Tableau :
|
Milliards €
|
2005
|
2006
|
2007
|
2008T2
|
2008T4
|
|
Total dettes
|
1 030
|
1 226
|
1 368
|
1 423
|
1 606
|
|
Capitaux pr
|
30,7
|
35,1
|
46,5
|
41,4
|
47,3
|
|
µ
|
33,6
|
34,9
|
29,4
|
34,4
|
34,0
|
Un bon point quand même pour les péquenots du Crédit Agricole : ils comptabilisent correctement les titres subordonnés dans les dettes,
ce que ne font pas les branquignols de la Générale ni les pieds nickelés de la BNP.
Ces ratios d’endettement (du total des dettes par rapport au PIB et aux capitaux propres) sont fondamentaux, comme le savent très bien les gens de la Fed qui les surveillent de très près.
Même Jean-Claude Le Tricheur en connaît l’importance, mais il ne peut rien faire en dehors de déclarations alarmistes dont personne ne se soucie.
Alan Greenspan, dans son livre, L’âge des turbulences, montre bien que l’Europe sera en dehors du jeu économique mondial dans les années à venir, mais il ne donne pas les causes de ce déclin.
Il savait très bien que les banques européennes ne respectaient pas ces ratios, ce qui ferait disparaître la confiance dans le secteur bancaire européen après un choc mondial, ce qui bloquerait
alors durablement l’attribution des crédits et donc toute l’activité économique.
Comme je l’ai écrit à maintes reprises précédemment, quand les fondamentaux ne sont pas respectés, rien ne peut fonctionner normalement et c’est ce qui se passe dans la Vieille
Europe alors que ces fondamentaux sont respectés aux États-Unis contrairement à ce que racontent tous les bonimenteurs et tous les journaleux, ce qui permettra à la croissance du PIB de repartir
sur des bases saines.
Cliquer ici pour lire un document de présentation (les slides !)
qui donne des indications sur les comptes du Crédit Agricole (cf. la dernière page, 91 !), le document de référence n’étant pas réalisé à ce jour…
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