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La guerre des marchés contre les autorités
Les marchés font la guerre aux autorités : ils veulent que l’État (c’est à dire les contribuables) sauve les grandes banques mais Timothy Geithner et
B-2 ne veulent pas intervenir.
Chacune des deux parties utilise ses propres ratios d’évaluation des banques.
La Fed prend en considération l’endettement de chacune des banques par rapport au montant des capitaux propres.
C’est le ratio Tier (ou µ) qui est effectivement respecté (cf. mon billet précédent), donc tout va bien : l’intervention de l’État est inutile car le système bancaire est fondamentalement sain.
C’est maintenant aux dirigeants des banques de faire leur travail : dégager des bénéfices en respectant les règles de la profession.
Quand il ne l’est pas, la confiance disparaît dans le système bancaire, ce qui paralyse les marchés interbancaires et les autres (c’est ce
qui se passe en Europe) et c’est alors très grave car toute l’économie plonge et le risque systémique augmente.
Les autorités (des États-Unis) défendent l’intérêt général contre les marchés, du moins les moutons qui ne voient pas plus loin que leurs
propres intérêts à très court terme et qui se posent la question suivante : si j’achète une action d’une banque, qu’est ce que j’ai ?
Ce qu’ils recherchent avant tout dans les actions d’une banque, ce sont ses actifs dits tangibles, c’est à dire certains qui sont pour eux à
la base de l’évaluation de ces banques.
Ainsi, dans leur logique, les moutons considèrent que les banques européennes ont de meilleurs actifs que les banques des États-Unis qui sont d’après eux en dessous de tout, à zéro, au plus
profond du gouffre.
Ils ne prennent pas en considération le ratio Tier, ni le niveau d’endettement de chacune des banques (ni le total des dettes de toutes les banques de chaque pays) par rapport au PIB, et de ce
fait, les moutons de Panurge se trompent lourdement.
Normalement, dans un système libéral, l’intérêt général découle de la recherche de l’intérêt de chaque individu, dit-on depuis Adam Smith, mais il s’agit là,
avec ce problème d’évaluation bancaire, d’une exception particulièrement importante à ce principe.
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Les cours des banques ont perdu plus de 80 % depuis le premier trimestre 2007.
Comment les moutons de Panurge peuvent-ils justifier ces pertes dans la mesure où les actifs dits tangibles des banques n’ont a priori pas baissé ?
Les moutons manquent manifestement de cohérence et de logique la plus élémentaire.
Après l’exubérance irrationnelle des marchés, c’est le temps de leur déprime irrationnelle qui a le gros inconvénient d’avoir des conséquences négatives importantes sur
les autres marchés.
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Les moutons de Panurge utilisent en particulier le Tangible Common Equity ou TCE (pour déterminer le cours des actions des banques) qui est
un ratio qui intègre une évaluation des actifs dits tangibles des banques aussi folklorique que les méthodes de calcul des ratios Tier qui
sont utilisés officiellement par les banques (à la place du µ qui est beaucoup plus pertinent).
Leurs évaluations ne donnent pas une image fidèle de la réalité.
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J’ai laissé volontairement quelques commentaires de moutons égarés sur mon blog car les idiots sont finalement utiles (j’ai eu tort de
rejeter les experts qui prétendaient au printemps dernier que le prix du baril du pétrole allait franchir sous peu les $200 pour grimper bien au-dessus
de cette limite, le pic du pétrole, c’est scientifique disaient-ils) mais ils donnent un peu trop facilement l’illusion d’être intelligent…
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