BNPotemkine 2008
Les dirigeants de la BNP sont un peu moins malhonnêtes que ceux de la Générale : ils publient leurs comptes 2008 complets, ce qui permet de les analyser…
Le ratio le plus important pour une banque, depuis que les banques existent, c’est à dire depuis plus de 5 000 ans, c’est le ratio (µ) de ses dettes
totales sur le montant de ses capitaux propres dixit Alan Greenspan, et ce µ devrait être maintenant inférieur à 10 toujours
d’après le maître en la matière (le total des dettes d’une banque ne doit pas dépasser 10 fois le montant de ses capitaux propres), or il est de 34 pour la BNP au 31 décembre 2008,
Tableau 1 :
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BNP milliards €
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2005
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2006
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2007
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2008Q2
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2008Q4
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Total dettes
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1 212
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1 386
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1 635
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1 761
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2 017
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Capitaux propres
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46,0
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54,8
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59,4
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56,1
|
59,0
|
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µ
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26,3
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25,3
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27,5
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31,4
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34,2
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La situation a tendance à se dégrader depuis 2006 (µ augmente de plusieurs points par semestre).
Ce ratio est très important, car, lorsqu’il n’est pas respecté, rien ne peut fonctionner normalement et c’est ce qui se passe à la BNP où µ n’a jamais pu
descendre durablement dans les normes depuis 1999, chiffres les plus anciens publiés par la BNP,
Tableau 2 :
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BNP milliards €
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1999
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2000
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2001
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2002
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2003
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Total dettes
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678
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672
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801
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684
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755
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Capitaux propres
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19,8
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21,6
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24,6
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26,4
|
28,3
|
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µ
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34,2
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31,1
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32,5
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25,9
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26,6
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Les dirigeants de la BNP annoncent un ratio Tier à 7,8 % proche de la norme de 8 % alors
qu’il est en réalité de 2,9 % (c’est l’inverse de µ en pourcentage).
Comme les Pieds Nickelés de la BNP avaient déjà annoncé qu’ils utiliseraient la possibilité qui leur a été donnée de ne pas comptabiliser certains titres à leur juste valeur de
marché, il est certain que les comptes publiés ne donnent pas une image fidèle de la réalité, ce qui est grave.
Par ailleurs, le total des dettes de la BNP dépasse maintenant le PIB de la France ! ce qui est particulièrement dangereux car il est
impossible de sauver la situation en cas de faillite.
La BNP et la France ressemblent de plus en plus à ces villages Potemkine qui donnent l’impression que tout va bien (le patron de la BNP répète que ses fonds propres sont
largement suffisants).
Ces deux ratios d’endettement (par rapport aux capitaux propres et au PIB) sont fondamentaux.
À partir du moment où ils sont respectés, il est alors possible d’examiner les autres critères dévaluation qui sont alors significatifs.
Si ce n’est pas le cas, rien ne va plus, et tout peut se produire brusquement d’un jour à l’autre comme on l’a constaté avec la faillite de grandes banques centenaires.
Toutes les banques des États-Unis respectent ces deux ratios d’endettement.
Cliquer ici pour lire les états financiers de la BNP.
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