Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 12:44

France : croissance catastrophique


La chute de la croissance du PIB en France au 4° trimestre 2008 est catastrophique.

Deux graphiques sont plus explicites que de longs discours…


Il est possible de représenter l’évolution de la croissance du PIB de trois façons différentes.


Le taux de croissance a été de – 4,7 % d’un trimestre à l’autre en taux annualisé, selon la présentation habituelle aux États-Unis (courbe en rouge sur le graphique 1).


La chute de la croissance au 4° trimestre est historique : elle n’a jamais été aussi forte depuis 1980 (l’Insee ne publie de statistiques trimestrielles téléchargeables qu’à partir de cette date).


Le taux de croissance a été de + 0,7 % en 2008 par rapport à 2007, c’est à dire à partir de la somme des chiffres des 4 trimestres de 2008 par rapport à celle des 4 trimestres de 2007.


En procédant ainsi de trimestre en trimestre, on obtient une courbe (en bleu) de la croissance du PIB sur 12 mois (par rapport aux 12 mois les précédant) qui est de 2,1 % en moyenne sur la longue période depuis 1980,

Graphique 1 : 
 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les variations d’un trimestre à l’autre sont très importantes. Les Français, y compris ceux qui prétendent être des experts, de l’Insee, de la Banque de France et du gouvernement travaillent dans une optique de planification socialiste et ils n’ont jamais compris l’incidence des marchés (très variables) sur la croissance.


Le taux de croissance a été de – 1,0 % d’une année sur l’autre en France (courbe en rouge) contre – 0,2 % aux États-Unis (courbe en bleu).

Graphique 2 :

 

Cliquer ici pour agrandir le graphique.


Les variations de la croissance en France sont de plus en plus proches de celles des États-Unis car les marchés sont de plus en plus ouverts et mondialisés.


La croissance est en train de repartir aux États-Unis, cf. mon billet précédent, et elle aurait pu repartir très fortement et très rapidement en France si les autorités avaient pris des décisions comparables à celles des Américains qui ont assaini le secteur financier d’une façon particulièrement radicale.


La croissance en France sera handicapée par… le plan de relance car il augmente le taux des prélèvements obligatoires sans résoudre le problème du surendettement bancaire.

***

Par CHEVALLIER
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Commentaires

Dans quelle banque avez vous un compte bancaire, M Chevallier ?
Commentaire n°1 posté par Eric le 13/02/2009 à 18h15
excellente question...Quand j'entends parler fusion des caisses epargnes et banques populaires, j'ai des sueurs froides...devinez donc quel est ma banque...Moi je me demande ou dois-je aller...A moins de tout convertir en Or et me payer un bon coffre ford, mais est-il encore temps Monsieur Chevallier?
Commentaire n°2 posté par dupontel le 14/02/2009 à 13h09

Si une banque française fait faillite, le problème ne se pose pas vraiment pour ses clients, mais pour l'ensemble des Français, c'est ce qui est grave

Réponse de CHEVALLIER le 15/02/2009 à 21h36
en France il est bien connu que l'on a un rapport inversement proportionnel entre la croissance des chevilles et celle de la cervelle....a l'image de notre président qui régulierement pédale dans le yaourt(ou dans le roquefort) et pratique la course de fonds perdus... ----------------------------- Trois tiers ou quatre quarts PAR YVES DE KERDREL | JDF HEBDO | 14.02.2009 | Mise à jour : 20H31 Le président de la République l'a dit. Il serait bien que les profits des entreprises soient répartis en trois tiers : un tiers pour les actionnaires, un pour les salariés et un pour les investissements. C'est une jolie formule. Le genre de formule qui plaît en France, où la société est restée organisée selon des principes marxistes. En ce sens que le capital est inerte et que seules comptent les forces de travail. Le problème, c'est que nous vivons dans un monde globalisé. Et, quels que soient les voeux du locataire de l'Elysée, on ne peut pas échapper à ce que l'on appelle les contraintes extérieures. On ne peut pas non plus tirer un trait sur deux siècles de pratique du capitalisme. Ce que Nicolas Sarkozy a oublié, c'est que, partout dans le monde, les sociétés appartiennent à leurs actionnaires. Ce sont eux qui risquent la totalité de leur argent, et, en contrepartie, ils ont plusieurs droits, dont celui de voter la répartition des bénéfices. Quant aux salariés, ils sont loin d'être laissés pour compte. En France, ils reçoivent les deux tiers de la valeur ajoutée produite par les entreprises. C'est beaucoup. D'autant qu'avant d'en arriver au bénéfice net les entreprises paient 33 % d'impôt sur les sociétés. Ce qui permet à l'Etat de pratiquer une généreuse redistribution. Alors, que vaut-il mieux ? Que l'entreprise verse un tiers de ses profits aux salariés, à condition, dans ce cas, de réduire les impôts ? Qu'elle investisse les deux tiers pour protéger les emplois du futur, donc les salaires ? Ou, surtout, qu'elle fasse de ses salariés des actionnaires, avec tous les aléas qui vont avec ? ------------------------------- Bosser plus et demander moins le temps 31/1/09 Beat Kappeler Les Français sont mécontents de leur situation économique. Leur économie va mal, et quelques éléments fondamentaux semblent débridés. Alors, ils sortent dans la rue et s’adressent au gouvernement. C’est très juste, mais ils doivent adresser leurs griefs à un gouvernement antérieur Regardons ce qui ne fonctionne pas. Les Suisses travaillent en moyenne plus de 1000 heures par an, enfants et vieillards compris. Les Français, 630 heures. Il n’est pas difficile de voir que les ménages suisses empochent beaucoup plus d’argent, que l’Etat encaisse un volume plus important de revenus tout en maintenant un taux d’imposition beaucoup plus bas et que les charges dues aux personnes inactives sont plus faciles à supporter, car celles-ci sont bien moins nombreuses. J’ai expliqué la semaine dernière pourquoi l’abaissement général et forcé des heures de travail est une erreur. Ici, je ne présente que le résultat tangible de cet exercice sur le corps vif des travailleurs, ma formule préférée: 1000 heures ou 630 heures de valeur ajoutée. La Suisse ne se trouve pas dans une relation de 1 à 8 par rapport à la France comme le laisserait entendre le nombre d’habitants, mais de 1 à 5 en termes de puissance économique, ajustée par ce rapport des heures travaillées. Ensuite, il faut regarder les résultats tangibles de la machine d’exploitation de l’Europe latine par l’euro, que j’avais également fustigé dans ces colonnes: l’Allemagne possède des institutions et des mentalités favorables à la discipline salariale et à l’accroissement de la productivité. Un écart entre les coûts salariaux par unité produite de 15% s’est donc creusé en défaveur de la France par rapport à l’Allemagne, en dix ans. Il n’est pas étonnant, dès lors, que le bilan des échanges de la France soit passé d’un excédent de 2,6% de son produit intérieur à un déficit de 1,6% l’année passée. Les bilans extérieurs de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce se sont alourdis encore plus – au bénéfice spectaculaire de l’Allemagne et des pays nordiques. Pris dans la zone euro, ces pays ne peuvent plus se sauver par une dévaluation. Mais l’introduction de l’euro était un projet central des gouvernements sous Mitterrand. Les politiciens de l’époque étaient obnubilés par des propos tenant de la littérature, et non de l’économie. Ils parlaient d’unification, du projet européen, de solidarité, de souveraineté européenne contre le dollar. Je soupçonne qu’il y a plus que cela. Grâce à l’euro, les politiciens se sont affranchis des contraintes de la dette publique, et ainsi de la contrainte de fixer des priorités dans leurs dépenses. Car pour payer les intérêts sur la dette publique, il faut ménager un excédent sur le dos des autres dépenses, autrement les dettes augmentent automatiquement. Comme l’euro diminuait les taux d’intérêt de moitié pour la France, l’Italie et la Grèce, ces Etats pouvaient financer une dette plus importante avec la même charge totale. Ils ne de vaient pas économiser. Mais après dix ans, cet avantage s’estompe. Les dettes sont grandes et les marchés obligataires demandent maintenant à ces pays des taux d’intérêt plus élevés qu’à l’Allemagne. Au vu des faits qui sont têtus, ce n’est peut-être pas une bonne idée de toujours s’adresser au gouvernement. Il discerne mal les problèmes, il agit à court terme, il est romantique et littéraire dans ses explications. Il faut tout simplement bosser plus, demander moins et devenir plus productif. L’euro le demande, les Nordiques le font. Ou bien il faut quitter l’euro. L’économiste Pierre Leconte présente, dans son brûlot «Les faux-monnayeurs», la voie de sortie: les billets euro sont toujours signés par les banques nationales de la zone. Un pays les désigne comme sa nouvelle monnaie et c’est fait. Les conséquences seront que le cours de cette monnaie baissera, ses taux d’intérêt augmenteront, les importations se renchériront, les exportations reprendront. On gagnera sur le plein-emploi et on perdra sur ses encaisses économisées. Il faudra bosser plus. Ou être moins riches que les Allemands. Le choix est le même.
Commentaire n°3 posté par lupus le 14/02/2009 à 14h09
Il est curieux qu'Yves de Kerdrel écrive maintenant qqch de sensé !
Le monde change...
Réponse de CHEVALLIER le 15/02/2009 à 21h33
pour info et pour confirmer vos dires la corrélation des places financieres mondiales est maximum avec le marché US... JAMAIS les marchés n'ont été aussi corrélés à Wall Street depuis des décennies. c'est ce que montrait une étude publiée par Le Herald Tribune. La corrélation entre les places boursières mondiales a explosé. Le Nikkei par exemple est passé par exemple d'"une corrélation directe de 30% de janvier à avril à 65% en septembre et à 80% en octobre 2008....
Commentaire n°4 posté par lupus le 14/02/2009 à 14h15
Présenté dans le commentaire de Lupus, sous la plume de Beat Kappeler : "Mais l’introduction de l’euro était un projet central des gouvernements sous Mitterrand. Les politiciens de l’époque étaient obnubilés par des propos tenant de la littérature, et non de l’économie. Ils parlaient d’unification, du projet européen, de solidarité, de souveraineté européenne contre le dollar." Voici l'opinion que Charles Gave exprimait en 2003 à ce propos : "(.....)L'ennuyeux - pour elle -, c'est que cette nomenklatura contrôle maintenant à peu près tout en France et que les espaces de croissance deviennnent très limités pour ses troupes, avides d'être utiles. Or un pouvoir qui ne peut plus croitre est un pouvoir condamné (cf. encore une fois Bertrand de Jouvenel). La décision a donc été pris de créer un Etat européen, dont les membres de cette nomenklatura seront, bien entendu, les administrateurs. Un Etat européen supporte un espace monétaire commun, du moins dans leur conception centralisatrice du pouvoir politique. Il fallait donc créer une monnaie européenne. Le projet a commencé sous le président Giscard (parfait exemple de cette méritocratie) à la fin des années 70, et a été définitivement (?) bouclé au début de 2002." Et page 158 toujours de CGT1 (pour Charles Gave tome 1, ie son "Grand livre rouge") : " Quand les politique nous déclarent que le seul but qu'ils poursuivent c'est de créer des emplois, soit ils mentent, soit ils ne comprennent pas. Le but ultime de la politique économique suivie en France depuis vingt ans est évident. Il s'agit tout simplement de créer un Etat européen. L'emploi, les entrepreneurs, la politique monétaire suivie par la Bundesbank, honnêtement, ils s'en foutent complétement." Comme conclusion perso relative au souci économique, il ne peut y avoir qu'incompréhension car "Nous n'avons pas les mêmes valeurs !"
Commentaire n°5 posté par Josick d'esprit agricole le 15/02/2009 à 12h28
Bonsoir, Je ne comprends pas le -4.7%. C'est le -1.2% x 4 ? Pourriez-vous donner les liens de vos sources qui permettent de constituer les graphiques ? Merci beaucoup, Thierry.
Commentaire n°6 posté par Thierry le 16/02/2009 à 21h22

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