Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /Fév /2009 11:23

Y’a bon l’Obamania !


Y’a bon, non pas Banania mais l’Obamania car une semaine après l’investiture du nouveau président des États-Unis, l’Obamania manifeste déjà ses effets positifs…


En effet, l’augmentation de l’épargne des Américains (M2-M1) s’est interrompue (elle a atteint un plus haut de 10,2 % d’une année sur l’autre le 19 janvier) et elle a même commencé à diminuer (à 9,6 %) le lundi 26 janvier, ce qui signifie que les Américains (qui augmentaient leur épargne de précaution car ils craignaient que leur situation se détériore) commencent enfin à dépenser leurs dollars car ils ont confiance en leur avenir,

Graphique 1 :

 

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Les Américains ont renversé leur tendance antérieure à épargner davantage, ce qui signifie qu’ils dépensent davantage, ce qui stimule la demande et fait repartir la croissance du PIB.


Auparavant, les tendances lourdes de leur comportement ont été les suivantes : au 18 mars 2008, lorsque la Fed a baissé son taux à 2,25 % (premier point vert), les Américains ont commencé à diminuer… l’augmentation de leur épargne car ils anticipaient une amélioration de leur situation.


Cette situation a duré jusqu’à l’effondrement financier du 15 septembre (point rouge) qui est le point de retournement de leur comportement.


La valeur critique de l’augmentation de M2-M1 est de 7 % (ligne verte) qui correspond à une croissance du PIB à son potentiel optimal de 3,5 %.


Comme l’augmentation de M2-M1 au-dessus de 7 % a duré 2 mois (du 24 novembre 2008, point orange, au 19 janvier 2009), il faudra a priori 2 mois pour qu’elle redescende à 7 %, soit à la fin du mois de mars, c’est à dire à la fin du 1° trimestre dont le taux de croissance devrait être voisin de zéro (par rapport au trimestre précédent), la croissance repartant sur un rythme normal de 3,5 % à partir du 2° trimestre car l’augmentation de M2-M1 sera alors inférieure à 7 %.


Depuis l’effondrement financier du 15 septembre, les Américains ont augmenté leur épargne (M2-M1) de €450 milliards et ils ont augmenté leurs disponibilités (M1, le montant de leurs comptes courants et celui des billets) de plus de $100 milliards,

Graphique 2 :

 

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Ce sont donc plus de $550 milliards qui n’ont pas été dépensés, et qui n’ont donc pas été produits, ce qui correspond à la chute de la croissance du PIB qui a donc été provoquée par le comportement des Américains et non pas par les décisions du gouvernement et de la Fed,

Graphique 3 :

 

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Comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, cette croissance est proche de zéro en ce 1° trimestre : -0,3 % d’une année sur l’autre, hypothèse que je retiens ici, soit +0,25 % par rapport au trimestre précédent en taux annualisé selon la présentation habituelle aux États-Unis,

Graphique 4 :

 

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Les éléphants, c’est à dire les bons spéculateurs qui voient juste et loin, continuent à vendre des bons du Trésor pour acheter des actions : leurs prix baissent et leurs rendements montent (ils sont déjà à 3,0 % pour les Notes à 10 ans contre un plus bas historique à 2,06 % le 18 décembre 2008) depuis la baisse des taux de la Fed le 16 décembre dernier comme je l’ai écrit depuis le 23 décembre,

Graphique 5 :

 

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Comme en 2001-2002, les patrons profitent de l’ambiance de crise propagée par les journaleux et les bonimenteurs dans tous les médias pour supprimer des emplois : la productivité augmente, ce qui va faire bondir la croissance du PIB,

Graphique 6 :

 

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Grâce à la politique menée par W. et les gens de la Fed, les gains de productivité sont maintenant revenus au-dessus de leur moyenne historique de 2,5 % par an avec une inflation contenue dans les normes idéales de 1,0 à 1,5 %.


Tout est parfait, aux États-Unis du moins...


La connaissance de ces problèmes alimente la spéculation gagnante…


La croissance américaine entraînera celle des pays européens, mais elle sera plus faible qu’aux États-Unis car ils sont lourdement handicapés par les erreurs de leurs politiques économiques.


Je conseille aux lectrices et lecteurs qui découvrent mon blog d’acquérir la culture économique indispensable pour comprendre mes billets, en lisant mes billets antérieurs en remontant en arrière et en consultant au besoin mon autre site qui reprend une partie de ces billets à partir de certains thèmes, cliquer ici pour y accéder.

***

 

Par CHEVALLIER
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Commentaires

une petite question : pourquoi obama dit il que si son plan de relance (800 milliards tout de meme) n'est pas adopte, les US vont droit dans le mur ? a priori, nul besoin de plan de relance, pourquoi alors depenser pour rien ? juste pour montrer qu'il existe (quoique de la part d'un homme politique, cela ne m'etonnerait pas...)
Commentaire n°1 posté par dugas le 08/02/2009 à 12h24
Vous voudriez peut-être qu'il dise que tout va repartir après l'assainissement des CDS grâce à la politique menée par W. ?
Réponse de CHEVALLIER le 08/02/2009 à 18h37
Une autre petite question: Je croyais que relancer la croissance par la demande, c'était "keynésien", et aussi, que l'épargne d'aujourd'hui était les investissements de demain et la production d'après-demain. Me trompé-je? Cordialement
Commentaire n°2 posté par Dagny le 08/02/2009 à 17h47
Cher JPC Une épargne de 550 dollars est bien entendu une somme gigantesque et quand vous dit que le valeur de l'or du Fed même à 1000 dollar fait que 250 M n'oubliez pas que la somme de 550 M sont des dollars monaie de singe si demain le dollar dévalu à 10% de sa valeur ce ne sont que des pinuts, pour les japonais en premier et chinois en suite et aussi les européens et pétro monargies, bien que deux fois le plan de relance française par Sarko Que dire de notre président qui en tant que ministre de finance à vendu 500 Tons d'or lors son occupation de ce ministaire. Je pense que vous lui loué tous les compétances pour diriger notre pays dans la crise financière actuelle. Visiblement il n'est pas de l'école autichien. à quelle école se vouer. La mienne est celle du père de famille mieux un dans la main que dix tu aura parce que les promesses pleuvent actuellement carel wijngaards
Commentaire n°3 posté par wijngaatrds le 08/02/2009 à 20h43
à quelle école se vouer ?
à celle des Reaganomics !
Réponse de CHEVALLIER le 09/02/2009 à 11h56
Bonjour, j'apprécie votre blog pour la logique de ses explications, comme celui de Loïc Abadie ainsi que celui de Paul Jorion. Pourriez-vous m'indiquer, en dehors de la lecture de vos articles précédents, un ou deux ouvrages de vulgarisation économique incontournables pour qui veut comprendre. je vous en remercie
Commentaire n°4 posté par vailhé le 09/02/2009 à 07h47
L'âge des Turbulences de Greenspan !!!
Réponse de CHEVALLIER le 09/02/2009 à 11h55
Pour répondre à l'un des commentaires (à quoi sert le stimulus), en effet à rien. Le gros du travail a été fait avant l'investiture d'Obama. Le détail de l'affectation du stimulus parle de lui-même : sur 780 b$ : - la moitié sera donnée sous forme discrétionnaire aux élus, soit 366 b$ (pas d'affectation précise, au choix des élus...clientélisme en perspective) - 169 b$ pour l'éducation - 60 b$ pour les transports - 54 b$ pour l'énergie et l'eau - 66 b$ pour les départements d'état - 65 b$ non affectés Source : Sen. Ben Nelson (D)& Sen. Susan Collins (R) Voilà le tour est joué !! Pas de vrai programme, mais peu importe, la reprise sera versée au crédit d'Obama (et au passage le congress se prend 20 m$ en guise de remerciement)
Commentaire n°5 posté par Yann le 09/02/2009 à 13h50
a lire et a relire : Monsieur Milton Friedman.... ------------------------------------- Monsieur Friedman 09/02/09 Il était l'économiste le plus influent du monde L'économiste le plus influent du monde depuis la Seconde Guerre mondiale, Milton Friedman, est mort en 2006 à l’âge de 94 ans. Plus qu'un homme d'économie, il était aussi un combattant politique. Prix Nobel d'économie en 1976 et grand défenseur des libertés individuelles, Milton Friedman fut le conseiller de plusieurs présidents américains, à commencer par Ronald Reagan, Richard Nixon et Gerald Ford. Il fut également le maître à penser du premier ministre britannique Margaret Thatcher, lorsqu'elle a remis l'économie anglaise sur les rails après deux décennies de cafouillage, et l'inspirateur du puissant président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan. Peu d'économistes ont eu une telle influence sur les réformes économiques. Même des dictateurs du tiers monde, comme Pinochet au Chili, sollicitaient ses conseils, que Milton Friedman n'hésitait pas à donner, au risque d'entacher sa réputation. Ses nombreux combats visaient aussi bien la réduction de la taille de l'État que la légalisation de la drogue, la liberté pour les parents de choisir l'école de leurs enfants, la gouvernance des entreprises ou les réformes monétaires. Il écrivit plusieurs ouvrages de vulgarisation de l'économie destinés au grand public, et signa pendant plusieurs années une chronique dans le grand magazine Newsweek. Il fut l'inspirateur d'une série documentaire légendaire, Free To Choose, qui a connu un grand succès sur le réseau PBS au début des années 1980. Grand savant, Milton Friedman ne se cantonnait pas pour autant dans une tour d'ivoire. Espaces de liberté L'économie libre, disait Milton Friedman, donne aux gens ce qu'ils veulent et non pas ce que tel groupe particulier pense qu'ils devraient vouloir. Ce qui se cache derrière la plupart des arguments contre le marché libre, ajoutait-il avec raison, c'est le manque de foi dans la liberté elle-même. Le "capitalisme de concurrence", comme il l'appelait, est une condition nécessaire de la liberté politique. "Je ne connais aucun exemple de société qui, caractérisée dans une large mesure par la liberté politique, n'ait pas aussi recouru, pour organiser son activité économique, à quelque chose de comparable au marché libre." Le capitalisme de concurrence est ce qui permet de séparer le pouvoir économique du pouvoir politique, de contrebalancer l'un par l'autre. Milton Friedman savait reconnaître que le capitalisme n'est pas une condition suffisante pour réaliser la démocratie. L'Italie et l'Espagne fa sciste, l'Allemagne n az ie, le Japon avant la Première et la Seconde Guerre mondiale, la Russie tsariste et la Chine d'aujourd'hui, voilà autant de sociétés dont on ne peut pas dire, malgré la large place laissée au libre marché, qu'elles aient été ou soient politiquement libres. L'érudition de Milton Friedman en histoire des civilisations l'a mené au constat suivant : il n'y a que deux manières de coordonner les activités économiques de millions de personnes. La première est l'État centralisateur, qui implique l'usage de la coercition, à l'image de l'organisation de l'armée. Et la seconde est la coopération volontaire des individus : c'est la technique du marché. Tant que l'on maintient une liberté d'échange, on crée des conditions, certes imparfaites mais bien concrètes, qui empêchent une personne de s'immiscer dans les affaires d'une autre. Ainsi, du fait de la présence d'autres vendeurs avec lesquels il peut traiter, le consommateur est d'une certaine façon protégé contre la coercition que pourrait exercer sur lui un vendeur ou une entreprise. Le vendeur est également protégé contre la coercition du consommateur grâce à l'existence d'autres consommateurs auxquels il peut vendre ses biens et services. On peut même dire que l'employé est protégé contre les abus de pouvoir du patron parce qu'il y a d'autres employeurs pour lesquels il peut travailler, tout comme le patron est protégé contre les abus de pouvoir de certains de ses employés lorsqu'il a accès à d'autres travailleurs prêts à prendre la relève. Milton Friedman a montré de manière magistrale que le marché libre pouvait parvenir à protéger les espaces de liberté les plus chers à chacun de nous, tout en assurant une prospérité remarquable au plus grand nombre. Chronique d’André Gosselin déja parue dans Affaires Plus.
Commentaire n°6 posté par lupus le 09/02/2009 à 19h23
Le jour où un président de la République française mènera une politique économique inspirée des idées de Milton Friedman, ça commencera à aller mieux...
Pour cela, il faudrait qu'un peu plus de Français connaissent ses idées !
Au XXI° siècle, avec internet, ça devrait être possible, mais rien ne bouge
Les Français ne comprendront jamais rien aux problèmes économiques les plus simples, y compris dans les milieux financiers !
Réponse de CHEVALLIER le 09/02/2009 à 21h00
Il mérite le prix "Noble" de la Paix aussi.
Commentaire n°7 posté par SMZ le 09/02/2009 à 22h24

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