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Banquiers, population et survie
Le grand problème qui se pose, surtout depuis quelques mois, est celui qui oppose les intérêts de la population dans son ensemble, dans tous les pays, à ceux
des banquiers, c’est à dire de la plupart des personnes qui travaillent dans le secteur financier…
Les métiers de la banque et de la finance en général sont extraordinairement complexes, beaucoup plus complexes que tous les autres, et ils ont une importance considérable car le niveau de vie de
tout le monde en dépend finalement.
Or ces banquiers, défendant leurs seuls intérêts personnels, peuvent prendre des décisions qui ont des conséquences qui peuvent être fatales
pour des centaines de millions de personnes, et c’est ce qui se produit en Europe.
La population a des connaissances très insuffisantes dans ce domaine financier et les banquiers en profitent en disant : faites nous confiance, fermez les yeux, laissez
nous faire, laissez vous faire ! Erreur fatale.
Comment faire pour résoudre ce problème ?
La première réponse vient des États-Unis : la Fed et le gouvernement, dont la fonction principale est de défendre l’intérêt général,
c’est à dire les intérêts de l’ensemble de la population, ont mené une lutte sans merci contre ces banquiers en 2008 et ce n’est pas fini.
Des banques, les plus grandes, considérées récemment encore comme étant inébranlables ont fait faillite, d’autres ont été obligées de se restructurer, c’est à dire de se séparer de certaines
entités et d’en absorber d’autres.
Les banques américaines ont donc été obligées de respecter les règles imposées par les autorités alors qu’en Europe, ce sont au contraire les
banquiers qui ont imposé leurs propres règles aux autorités (ils ont obtenu le droit de prendre en considération des ratios Tier calculés selon leurs propres méthodes et la suppression en
catastrophe de l’obligation de l’enregistrement des produits dérivés à leur juste valeur de marché pour pouvoir publier des comptes 2008 bénéficiaires).
Les groupes de pression des banquiers sont très puissants partout dans le monde et seules les autorités américaines mènent un combat difficile contre
eux.
Les gens de la Fed et du gouvernement n’ont pas mené ce combat en utilisant des moyens normaux (l’adoption de nouvelles réglementations par le Congrès) car ils savaient très bien qu’ils le
perdraient du fait que les banquiers peuvent exercer une influence considérable sur l’opinion publique et sur les législateurs facilement influençables et corruptibles.
Ils ont donc tendu un piège diabolique dans lequel sont tombées les banques qui ont été obligées, pour survivre, d’accepter l’intervention musclée de l’État, en particulier du redoutable Henry
Paulson.
Ce piège était le suivant : W. a fait croire qu’il avait donné son accord à la mi-mai à une intervention militaire en Iran, ce qui a rendu perdantes toutes les anticipations mal couvertes
sur les produits dérivés anticipant la poursuite de la reprise économique après la crise dite des sub-prime (les plus grandes banques ont ainsi été obligées de céder en catastrophe des actifs, ce
qui a fait plonger les bourses surtout après la faillite de Lehman Brothers).
Cette guerre des autorités contre les banquiers est très dure. Elle provoque des dommages collatéraux considérables (c’est la pire crise depuis celle de 1929, en pire).
Elle est historique.
La deuxième réponse vient encore des États-Unis : Timothy Geithner, fort de l’appui de l’opinion publique américaine et de la faiblesse
des banques, prépare une nouvelle attaque contre elles en donnant le droit à la Fed de réglementer les marchés des produits dérivés.
Ainsi, les banquiers américains viennent de subir une série de défaites qui les obligent à respecter (et pour longtemps) les règles prudentielles
indispensables pour que la croissance du PIB reparte sur des fondamentaux sains, ce qui n’est pas le cas dans la Vieille Europe.
Tous les pays européens, y compris la Suisse, sont victimes de leurs banquiers qui échappent à tout contrôle.
Les gnomes de Zurich avaient pourtant vu juste en réglementant correctement les marchés des produits dérivés mais ils ont été contournés par
l’extérieur par UBS et Crédit Suisse qui ont agi à partir de leurs implantations aux États-Unis et ailleurs en Europe, la banque centrale et le Conseil fédéral n’ayant pas réagi comme il aurait
fallu le faire.
La plupart des Européens tombent dans l’opposition de la gauche plurielle, plus ou moins gauchiste et marxiste contre les abominables banquiers capitalistes, les autres sont incapables d’analyser
d’une façon pertinente ces problèmes financiers.
Le capitalisme libéral, ce n’est pas sauter comme un cabri en criant : Liberté ! Liberté !
C’est comprendre des mécanismes et des règles simples mais fondamentaux pour le plus grand bien de tout le monde.
La richesse des nations (de ce bon vieux Adam Smith) dépend du bon fonctionnement du
système bancaire.
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