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Banques, multiplicateur µ et PIB
Les Américains définissent des normes (ou règles) de bonne gestion pour les entreprises.
Certaines normes sont propres aux banques car ce sont des entreprises d’un genre très particulier.
Ainsi par exemple, le total des dettes ne doit pas dépasser 10 fois le montant des capitaux propres (les chiffres étant tirés bien entendu
ces comptes trimestriels certifiés).
Ce multiplicateur d’endettement de banque, que je désigne par la lettre µ (qui se trouve curieusement et fort opportunément sur le clavier de
mon ordinateur !), leverage (levier) en anglais, est bien connu des gens de la Fed et Alan Greenspan y a consacré un certain nombre d’articles.
µ a pu être légèrement supérieur à 10 après la Seconde guerre mondiale aux États-Unis (jusqu’à 12) car les banques, bien gérées, jouissaient d’une certaine confiance (d’une confiance certaine
même), ce qui n’est plus le cas maintenant.
Les dérapages de certaines banques comme Citigroup se voient très clairement dans ce µ qui a augmenté en passant de 12 (donc dans la
norme) fin 2005 à 14,7 fin 2006 et 18,3 fin 2007, pour redescendre vers la nouvelle norme à 11,9 à la
fin du 4° trimestre 2008,
Tableau 1 :
|
Citigroup
|
2004
|
2005
|
2006
|
2007
|
2008
|
|
Total liabilities
|
1 375
|
1 382
|
1 765
|
2 074
|
1 794
|
|
Equity
|
109,3
|
112,5
|
119,8
|
113,4
|
150,8
|
|
µ
|
12,6
|
12,3
|
14,7
|
18,3
|
11,9
|
Ces données confirment mes observations du dérapages de l’agrégat monétaire M3-M2 à partir de 2005.
Les chiffres en fin de trimestre donnent des informations plus précises,
Tableau 2 :
|
2007Q1
|
2007Q2
|
2007Q3
|
2007Q4
|
2008Q1
|
2008Q2
|
2008Q3
|
2008Q4
|
|
1 899
|
2 093
|
2 231
|
2 074
|
2 072
|
1 964
|
1 924
|
1 794
|
|
121,9
|
127,6
|
127,0
|
113,4
|
128,1
|
136,4
|
126,1
|
150,8
|
|
15,6
|
16,4
|
17,6
|
18,3
|
16,2
|
14,4
|
15,3
|
11,9
|
Le dérapage s’est accentué en 2007 pour culminer en fin d’année.
Citigroup est la banque qui a enregistré les dépréciations les plus importantes avec plus de $50 milliards, ce qui lui a permis finalement de sortir du gouffre tant bien que mal.
Ce µ est bien connu des économistes anglo-saxons.
Paul Vreymans, l’un des économistes de Work For All m’a signalé une étude de l’OCDE, cliquer ici pour la lire (voir en
particulier le tableau 4 page 14 reproduit ci-dessous), qui l’a calculé pour les banques des pays membres.
Les 34 banques qui ont les µ les plus élevés sont toutes européennes. Aucune n’est américaine !
Tableau 3 :
Cliquer ici pour agrandir le tableau.
Autre norme importante : le total des dettes d’une banque ne doit pas dépasser 10 % du montant du PIB, sinon, en cas de
défaillance, la situation est irrattrapable.
On retrouve là encore des dépassements impressionnants de la part de banques européennes, en particulier d’Islande, fatals pour le Tigre celtique, et même
les petits Suisses ont été pris au piège avec UBS et Crédit Suisse ! alors que les banques privées s’en
sortent bien.
Cette étude exhaustive de l’OCDE confirme mes conclusions à partir d’un petit nombre d’établissements français, européens et américains.
Le tsunami que je craignais pour l’Europe est de plus en plus probable.
Ces ratios sont très simples, tout est simple disait Milton
Friedman ! et très pertinents.
Le manque de culture économique et financière est le plus gros problème en Europe…
Ce billet complète celui du 19 octobre : Le multiplicateur de banque µ, cliquer ici pour le lire.
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