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Banques françaises et américaines
Dans un précédent billet, j’avais bien relevé que la BNP avait un total des dettes (1 761 milliards) supérieur au PIB de la France (€1 600 milliards), ce qui est très dangereux, car que se passerait-il en cas de gros plantage dans le style Bear Stearns, Merrill Lynch, Sovereign Bancorp, Wachovia et autres Washington Mutual ?
Aucune autre banque française ou européenne ne serait capable de renflouer la BNP et ce serait alors ce qu’on appelle le risque systémique, l’effondrement de la France comme ce fut le cas avec la Russie et d’autres pays.
La situation est beaucoup plus saine aux États-Unis car aucune banque ne se trouve dans une situation comparable à celle de la BNP et autres : les plus grandes banques américaines sont… petites ($2 000 milliards de dettes totales au grand maximum) par rapport à la taille des États-Unis (le PIB est de $14 000 milliards) et elles sont nombreuses (plus de 3 800 cotées).
Quand l’une de ces banques est mal gérée, sa disparition ne pose pas de gros problèmes car elle peut être absorbée par une autre comme cela s’est déjà passé.
|
Milliards
|
P
|
PER
|
Cap prop
|
Dettes
|
µ
|
|
JPMorgan
|
84,8
|
11,28
|
145,8
|
2 105
|
14,4
|
|
Wells Fargo
|
72,4
|
10,73
|
47,0
|
575
|
12,2
|
|
Bank of America
|
57,6
|
9,94
|
161,0
|
1 670
|
10,4
|
|
US Bancorp
|
39,5
|
11,31
|
21,7
|
225
|
10,4
|
|
Citigroup
|
20,5
|
|
126,1
|
1 924
|
15,3
|
|
BNP
|
32,8
|
|
40,0
|
1 761
|
44,0
|
|
Crédit Agricole
|
15,3
|
|
41,4
|
1 424
|
34,4
|
|
Société Générale
|
16,0
|
|
29,9
|
1 035
|
34,6
|
Classement par ordre de capitalisation (P), les PER sont ceux donnés par Reuters, à ce jour.
Les banques posent, d’une façon générale, de gros problèmes : comment les empêcher de se lancer dans des opérations risquées (non couvertes, dans les produits dérivés) qui peuvent provoquer de très graves crises ?
La solution ne consiste pas à augmenter leur surveillance ni les réglementations, mais à organiser une saine concurrence pour que la destruction créatrice fasse son œuvre.
La sanction des marchés est la meilleure : les actionnaires de Citigroup ont perdu plus de 90 % de leur investissement !
Les cancres comme la France peuvent s’en sortir en copiant les bonnes leçons des meilleurs élèves de la classe économique mondiale : les Américains.
Ya ka faire éclater nos big three en un certain nombre de baby banques en concurrence, avec un total des dettes limité (par la loi) à €200 milliards au grand maximum.
La soviétisation de la France est déjà très avancée : ce n’est pas la Gosbank, c’est à dire la banque unique de l’URSS, mais presque avec trois petites Gosbank.
La communauté financière française présente maintenant les mêmes caractéristiques que la nomenklatura : pas de différences entre la gauche et la droite, tout le monde se soutient, banquiers, hommes politiques, journaleux, bonimenteurs, tous solidaires !
Des soviets sont chargés de surveiller et de dénoncer les déviants (avec le médiateur du crédit René Ricol par exemple).
Faites confiance aux banques ! et foncez droit dans le mur les yeux fermés.
C’est très inquiétant, d’autant plus que cette nomenklatura modifie les lois et les règles comptables de façon à cacher les problèmes : la SNCF a soustrait une centaine de milliards de ses dettes en toute impunité, les banques peuvent ne plus enregistrer leurs plantages dans les produits dérivés, etc.
Par ailleurs, je suis particulièrement satisfait de mon concept de multiplicateur de banque µ que je définis comme le rapport entre le total des dettes et les capitaux propres : les plus grandes banques américaines ont un µ normal aux alentours de 10 alors que les françaises ont un µ de 30 à 40.
Il suffit alors d’introduire une deuxième loi limitant le µ à 20 au maximum.
Ce multiplicateur de banque µ est un excellent indicateur car il est intruandable contrairement au ratio Tier 1 : l’actif ne peut être financé que par des capitaux propres et des dettes.
C’est simple et efficace.
Enfin, pour parachever le tout, les bourses doivent appliquer les règles imposées par les gnomes de Zurich qui interdisent efficacement les ventes à découvert (à nu).
Les petites banques privées helvètes n’ont pas été atteintes par la crise des sub-prime ni par celle des produits dérivés (les titres sous-jacents aux CDS, Credit Default Swaps), seules UBS et Crédit Suisse dans une moindre mesure ont été touchés sur leurs seules opérations faites en dehors de Zurich.
Sarko voulait refonder le capitalisme au G20, W. lui a donné une leçon de capitalisme : laissez faire les marchés !
Aux États-Unis, les fondamentaux sont bons, l’argent est sain, c’est le premier pilier des Reaganomics et des business économistes monétaristes des deux partis.
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