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Banques : Etats-Unis / Europe
Alan Greenspan savait très bien qu’il ne pouvait s’imposer face aux marchés qu’en position de force, c’est à dire après l’éclatement d’une
bulle, de façon à faire passer ensuite les mesures qu’il préconisait pour éviter que de tels problèmes ne se reproduisent à l’avenir.
B-2, le bombardier furtif Ben Bernanke adopte la même politique : il laisse faire les marchés
jusqu’à ce que les banques soient au bord de la faillite, ce qui devrait servir de leçon à leurs actionnaires afin qu’ils ne laissent plus les dirigeants leur faire perdre leur
argent (plus de 60 % de la capitalisation boursière des banques américaines a disparu depuis le sommet atteint fin février 2007 !).
Les banques américaines (et européennes) ont fait des opérations qu’elles n’auraient jamais dû faire et elles ont enregistré de lourdes pertes, d’abord sur les sub-prime (au moins
$500 milliards de pertes mondiales, une paille !), puis sur des produits dérivés avec des ventes à découvert (au moins $1 000 milliards de
pertes ? deux pailles !).
A priori, aucune réglementation, aucun organisme régulateur ne peut empêcher les dirigeants des banques
de faire de telles erreurs (en dehors de l’interdiction des ventes à découvert comme à Zurich) : c’est aux actionnaires de surveiller attentivement le travail des dirigeants
opérationnels.
Reste un petit problème : le plantage massif de quelques grandes banques (une trentaine sur 3 800) met l’économie américaine en difficulté (le risque systémique est
envisageable).
Que faire ? Henry Paulson a affirmé qu’un plan de sauvetage de $700 milliards
était absolument indispensable (pour racheter les produits invendables en l’état, dits toxiques) et qu’il fallait l’adopter le plus vite possible, ce qui fut fait dans la précipitation début
octobre.
Plus d’un mois plus tard, revirement total : finalement rien ne presse, dit Henry Paulson, et seulement la moitié suffira, et pas pour racheter les
actifs toxiques !
Incohérence ? Incompétence ? Improvisation de sa part ? Certainement pas : adaptation rapide aux variations des conditions de marchés,
froids calculs pour fortifier le secteur bancaire des États-Unis sur fond de guerre économique…
La bulle bancaire est en train de se dégonfler, la destruction créatrice fait émerger des banques solides, dégraissées, de nouveau profitables dans un avenir
proche.
La dernière mouture de son plan est finalement très adroite : le Trésor a émis pour $559 milliards supplémentaires de bons à échéances très courtes (des
Bills) depuis ces deux derniers mois, ce qui présente l’avantage, d’abord de répondre à la demande (les prix sont au plus haut et les rendements au plus
bas !) en épongeant ainsi des liquidités en surabondance, ensuite, d’acquérir à des conditions très avantageuses des actions de banques qui prendront de la valeur dans un
avenir proche, quand la croissance sera repartie.
À terme, le Trésor aura fait des plus-values importantes et les contribuables auront gagné de l’argent !
Amusant.
À l’inverse, les Européens sont tombés dans tous les pièges : les banques ont perdu beaucoup d’argent dans les sub-prime et dans les
produits dérivés aux États-Unis (!), et surtout, leurs dirigeants ont fait pression pour que les règles soient modifiées afin de continuer à cacher leurs
pertes (abandon de la fair value).
Résultat : pas de destruction (de banques mal gérées) créatrice (de nouvelles banques performantes), la stabilité, le maintien des
anciens dirigeants qui cachent toujours des cadavres dans les placards.
Les marchés ne sont pas dupes : le Crédit Agricole et la Société Générale ont perdu 80 % de leur valeur par rapport à leur plus haut, plus de 60 % pour la BNP,
leurs salariés et leurs clients en seront les premières victimes collatérales.
*
Compléments…
Sur les $700 milliards du plan Paulson (Tarp, Troubled Asset Relief Program) qui devaient être dépensés en urgence, la moitié le sera après la prise de fonction de Barack
Obama ! qui bénéficiera d'une forte croissance pendant ses deux mandats après les années noires de W.
$115 milliards ont déjà été investis dans 8 grandes banques, $60 milliards dans AIG, $33 milliards dans 21 autres banques, le reste devant être consacré
aux derniers sauvetages.
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