Royaume-Uni : 1° de chute !
J’ai écrit précédemment que je ne comprenais rien à ce qui se passait au Royaume-Uni car tout y est hors normes et j’ai renoncé à y analyser quoi que ce soit.
Or, Fred Rabeman vient d’attirer mon attention en urgence sur une faillite probable du Royaume-Uni
dans les prochaines semaines, les capitaux fuyant cette place financière pour se réfugier aux États-Unis, au Japon et dans la zone euro.
D’une certaine façon, ça me rassure : j’avais raison, et je ne comprends pas comment cette situation pré catastrophique du Royaume-Uni a pu durer aussi longtemps !
En effet, l’effondrement du Royaume-Uni est clairement prédictible quand on observe l’évolution des agrégats monétaires…
M3 fluctuait beaucoup trop depuis longtemps : de 1 % à 18 % (d’une année sur l’autre), ce qui dénote un manque certain de
culture économique et monétaire élémentaire de la part des responsables politiques et des dirigeants de la banque centrale,
Graphique 1 :
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M3 a augmenté de plus en plus et fluctue depuis 2003 entre 12 et 14 % (d’une année sur l’autre), beaucoup plus que la croissance du PIB
réel,
Graphique 2 :
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L’augmentation hors normes de M3 s’explique en particulier par celle de M1 qui augmente de 12 % en moyenne depuis le 2° semestre 1995,
Graphique 3 :
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À titre de comparaison, l’augmentation de M1 est quasiment nulle aux États-Unis.
L’agrégat M2-M1 a augmenté lui aussi pour fluctuer entre 15 et 20 % (contre 5 à 8 % aux États-Unis, d’une année sur l’autre) depuis
le 2° semestre 2006, ce qui signifie que les ménages sentent que quelque chose ne va pas, et ils augmentent leur épargne pour faire face à une détérioration de leur situation,
Graphique 4 :
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Tony Blair savait lui aussi que la situation allait empirer et il a fort intelligemment démissionné le 27 juin 2007, ce jour étant marqué par
un point sur ces graphiques.
La situation s’est aggravée en 2008 avec un chassé croisé impressionnant entre l’épargne et les disponibilités,
Graphique 5 :
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Les trésoreries des entreprises augmentent, elles aussi anormalement de 20 à 30 % d’une année sur l’autre,
Graphique 6 :
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Tous ces graphiques tirés des séries de la Bank of England montrent que les agrégats monétaires augmentent beaucoup plus vite que la croissance du PIB réel,
ce qui signifie que la création monétaire est forte au Royaume-Uni.
La structure des agrégats est donc très différente de celle des États-Unis, ce qui montre qu’il y a bien des déséquilibres fondamentaux au Royaume-Uni,
Tableau
|
% PIB
|
M1
|
M2-M1
|
M3-M2
|
M3
|
|
Royaume-Uni
|
79
|
57
|
22
|
158
|
|
États-Unis
|
10
|
44
|
||
|
Union Europ.
|
42
|
43
|
15
|
100
|
En 1992, la BoE n’a pas pu enrayer la déroute de la Livre alors que les produits dérivés étaient à leurs débuts.
Actuellement, la situation est beaucoup plus explosive compte tenu de l’importance de ces produits dérivés et de la situation catastrophique des grandes banques dont certaines ont été
nationalisées de fait.
L’effondrement financier mondial impulsé par les Américains produit un choc qui est fatal aux économies dont les équilibres fondamentaux ne sont pas
respectés.
Le Royaume-Uni est a priori la première victime de marque.
Cette hypertrophie des agrégats monétaires provient d’argent non gagné qui a été et qui est distribué, des fausses
créances aurait dit Jacques Rueff.
L’argent sain est le premier pilier de la réussite pour les Reaganonmics…
La guerre économique est jolie…
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