Mardi 30 septembre 2008

Schumpeter gagnant dans tous les cas !


Comme je l’ai écrit à chaud dans mon précédent billet (hier soir, lundi 29 septembre), Schumpeter est le grand gagnant dans tous les cas de figure qui se présentent…


En effet, il a prédit que le capitalisme libéral sombrerait un jour, soit miné de l’intérieur, soit attaqué de l’extérieur.


L’ennemi intérieur dont l’influence est grandissante est (ce que l’on appelle maintenant) la gauche plurielle, c’est à dire toutes les personnes qui bénéficient de ce capitalisme mais qui le critiquent.


Ce sont d’abord les journaleux et les bonimenteurs qui s’expriment dans les médias : tous plus ou moins de gauche en France, à plus de 80 % aux États-Unis.


Ils ont pour alliés la grande masse des enseignants, les syndicalistes, les artistes, le monde du spectacle, toutes les personnes qui ne travaillent pas dans des entreprises soumises à la concurrence et ils sont même rejoints par une partie de plus en plus importante des dirigeants et cadres d’entreprises qui n’osent pas aller contre ces idées contestatrices prétendument généreuses véhiculées par cette gauche plurielle.

Ainsi par exemple, Bill Gates n’a jamais défendu publiquement le capitalisme dont il est symboliquement le plus grand bénéficiaire, mais des aides pour certaines causes dites humanitaires par l’intermédiaire de sa fondation.


D’après tous les sondages et estimations diverses, cette gauche antilibérale (au sens français) est devenue majoritaire avec Barack Obama (candidat idéal des journaleux, bénéficiant en outre du vote inconditionnel des Noirs et des Latinos relativement de plus en plus nombreux) et elle s’est même renforcée avec la chute des indices boursiers.


Bill Clinton avait eu l’intelligence de suivre une politique économique dans la droite ligne des Reaganomics avec Robert Rubin : de l’argent sain d’abord, pas de dépenses dites sociales !


Barack Obama ne se place pas dans cette perspective, mais dans celle d’une gauche archaïque qui s’enfonce sur la pente glissante du socialisme larvé : toujours plus d’État, plus d’impôts pris sur les riches pour le bonheur du peuple…


L’avenir est sombre pour les États-Unis qui perdront ainsi à terme leur leadership mondial pour le plus grand plaisir de la majorité des Américains.


L’ennemi extérieur a adopté une excellente stratégie en étant le plus discret possible : pas d’attentats majeurs d’Al Qaida, pas d’attaques du Hezbollah, même le Hamas ne lance plus de roquettes, (seul Ahmadinejad qui ne comprend jamais rien fait des déclarations intempestives) ce qui décrédibilise McCain dans ses projets pour assurer la sécurité du Monde Libre.


D’un autre côté, les défenseurs du capitalisme libéral se sont fait piéger par W. et par de petites erreurs qui ont eu brusquement des conséquences très graves.


Au départ de tout dysfonctionnement économique et financier majeur, se trouve une erreur d’analyse a priori mineure : généralement un problème comptable mal identifié donc mal résolu.


En effet, les investisseurs peuvent prendre des positions à découvert en engageant des sommes considérables (comme le firent les branquignols de la Générale) sans que ces engagements soient comptabilisés à leur juste valeur.

Normalement, une contrepartie se manifeste toujours pour équilibrer les marchés (les pertes sont alors limitées), mais en cas d’erreurs d’anticipation massives, les ardoises sont vite gigantesques et ingérables.


Ce cas ne s’est jamais produit par le passé.

Sa probabilité était faible, voire négligeable, mais ça vient de se produire !


Le plantage massif s’est produit à la suite de la décision inattendue de W. d’autoriser une intervention militaire en Iran : dès que l’information a été connue des marchés, c’est à dire le 19 mai, les indices actions qui étaient logiquement sur une tendance haussière longue se sont retournés. Tout le monde a été pris à contre pied.


Comme W. n’a toujours pas donné l’autorisation d’intervenir, la situation est devenue de plus en plus intenable au fil des jours dans des établissements de plus en plus nombreux (car ils comptaient se rattraper aux branches de la reprise).


Les conseillers de W. ont commis l’erreur majeure de ne pas tenir compte de la réaction des marchés.


La solution de tous ces problèmes est (et était) simple : il suffisait d’interdire les ventes à découvert comme c’est le cas à la bourse de Zurich dont les dirigeants ont bien identifié et résolu ce problème.


Le gigantesque trou d’air qui vient d’avoir lieu se produit dans un environnement sain aux États-Unis comme l’indiquent tous les chiffres des agrégats monétaires.


Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke a parfaitement joué son rôle en restaurant la croissance proche de son potentiel optimal mais son travail a été saboté par W. et les dérapages des marchés financiers sur les produits dérivés.


Henry Paulson a proposé un plan qui permet de passer en apnée une phase délicate.


Après la destruction massive d’établissements financiers qui se sont aventurés imprudemment dans des investissements risqués, viendra le développement de nouvelles entités beaucoup plus sûres et efficaces, ce qui signifie que les gains de productivité auront été très élevés dans le secteur financier !


La destruction créatrice s’est d’abord produite dans l’agriculture, puis dans l’industrie, dans les services et elle touche maintenant brusquement et massivement le secteur financier.


Dans tous les cas, c’est le triomphe de Schumpeter !



McCain a vivement accusé le patron de la SEC en promettant de le virer s’il est élu car le mauvais fonctionnement des bourses américaines est effectivement l’origine de la chute des indices actions.

Il est visiblement bien conseillé par des Reaganomics compétents qui ont bien compris que certains produits dérivés sont la cause des désordres financiers actuels.


Actuellement, le problème est de pouvoir imposer l’interdiction des ventes à découvert en Amérique et en Europe (comme à Zurich), contre l’avis de toute la communauté financière !

***

Par CHEVALLIER
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Commentaires

Merci pour vos analyses que je suis depuis plusieurs mois. Je pense cependant que W. ne peut plus décider d'une guerre alors qu'il quittera le pouvoir dans quelques semaines. Même si la décision a été prise en mai, ne pensez-vous pas qu'une décision aussi prôche de son départ n'est pas réaliste ? Mc Cain n'est pas à W. ce que Medvedev est (peut être ?) à Vladimir : il n'y aura pas forcément de continuité.
Commentaire n° 1 posté par Jo le 30/09/2008 à 17h23
Il me semble difficile maintenant d'autoriser une intervention militaire en Iran !
Mais ce n'est pas moi qui décide !
W. risque d'avoir fait tout rater à la fin de son mandat !!!
Réponse de CHEVALLIER le 02/10/2008 à 15h40
Ca doit vraiment chauffer...Je vous trouve vraiment pessimiste par rapport à l'habitude quant aux Etats-Unis. Vous avez eu des indications laissant penser que Obama pourrait l'emporter? Dans ce post, on a l'impression que vous êtes sur la défensive, justifiant le capitalisme libéral, alors qu'il ne s'est _pas (encore?)_ effondré. Du calme...Ca n'est jamais qu'une autre crise. Et puis si les Américains ne veulent plus être "les maîtres du monde" et souhaitent panser leurs plaies en paix, on n'y peut rien... Wait and See!
Commentaire n° 2 posté par Guillaume le 30/09/2008 à 17h47
Oui, mais maintenant, ça commence à devenir très inquiétant : tout va mal : Obama remonte d'après tous les sondages, et cette crise est beaucoup plus dangereuse que les autres
Réponse de CHEVALLIER le 02/10/2008 à 17h21
si obama est elu, ca montrera au moins qu'il n'y a pas que les francais qui ne comprennent rien a l'economie ! on se sentira moins seuls... par contre je ne comprends pas que mac cain ne soit pas plus agressif pour expliquer que cette faillitte est celle du socialisme et non pas du capitalisme. Apres tout, si les banques n'avaient prete qu'aux personnes solvables, aucune crise ne serait arrivee. Et on aurait alors eu droit au "on ne prete qu'aux riches". Le pb c'est qu'en pretant aussi aux pauvres, on a fait ecrouler le systeme pour tout le monde. c'est pas la faillite du socialisme ca ?
Commentaire n° 3 posté par dugas le 30/09/2008 à 18h01
Oui, McCain est assez décevant : il ne remet pas en cause le statut de Fannie et Mac qui sont des purs produits de gauche, et il ne dénonce pas les dérives de W. et des établissements financiers sur certains points
Réponse de CHEVALLIER le 02/10/2008 à 17h25
Moi, je commence à craindre une victoire de Barack Obama si la campagne de McCain ne fait rien... Les Démocrates sont les grands responsables de la faillite de Fannie et Freddie: les politiques démocrates entretiennent depuis toujours de liens privilégiés avec ces deux institutions parapubliques. Bush et son administration ont essayé de les réformer à de multiples reprises: Bush a déclaré plus de 15 fois ces deux dernières années que l'on devait absolument réformer ces deux monstres. On remercie l'administration Clinton pour avoir adopté les lois pro-subprimes dans les années 90... McCain n'est pas assez offensif: il pourrait mettre en avant la formidable Meg Whitman, ex pdg de eBay et Romney...pour défendre ses idées en matière politique économique. Selon les sondages, le congrès démocrate est encore plus mal considéré par les Américains que Bush...mais il n'attaque pas le congrès. Si McCain ne fait rien......on est mal.
Commentaire n° 4 posté par Amaury le 30/09/2008 à 18h09
"......on est mal." Oui !
W. s'est laissé piéger x fois depuis ces derniers mois, cf. Boeing-EADS etc.
Réponse de CHEVALLIER le 02/10/2008 à 17h27
Amaury a raison : Bush a effectivement tenté de réguler l'orgie du subprime. Mais Amaury devrait être plus précis : les loi "pro-subprimes" étaient en fait de lois... de discrimination positive ! Eh oui il s'agissait d'aider les minorités à devenir propriétaires ! C'est un fait peu connu en Europe bien sûr. Les banques pouvaient avoir des amendes pour ne pas suivre cette politique... Tout est expliqué là : http://www.youtube.com/watch?v=3EyKiOE78yU (10 minutes mais ça vaut le coup)
Commentaire n° 5 posté par chomage le 30/09/2008 à 22h51
Oui : la plupart des victimes des sub-prime sont des Noirs et des Latinos
Réponse de CHEVALLIER le 02/10/2008 à 17h29
À lire votre post, il semble que pour vous l'origine de la crise actuelle ne soit pas à chercher dans les subprime mais par des opérations à risque menées par des établissements spéculant sur une opération militaire en Iran qui aurait eu une influence sur les cours. Pourriez-vous justifier cette affirmation par des données montrant qu'il s'agit bien de telles opérations et non d'une conséquence des subprimes ?
Commentaire n° 6 posté par T. le 01/10/2008 à 10h08

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