Lundi 12 mai 2008 1 12 /05 /Mai /2008 10:16

Les cycles du XXI° siècle


Depuis 2000, les cycles impulsés par la Fed sont nécessaires pour maintenir la croissance à son potentiel optimal mais ils sont fondamentalement différents de ceux du XX° siècle.


En effet, les gains de productivité ne se produisent que lorsque la croissance diminue car quand ça va mal, les dirigeants des entreprises sont obligés de trouver des solutions pour restaurer les bénéfices en augmentant la productivité.


Inversement, quand la croissance est élevée c’est à dire quand les affaires marchent bien, ils ont tendance à ne pas chercher à augmenter les bénéfices, les gains de productivité sont donc alors faibles,

Graphique 1 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Avant, au XX° siècle, c’était simple : les gains de productivité étaient de 2,5 % en moyenne et l’augmentation de la population de 1 %, le taux de croissance s’établissait à son potentiel optimal de 3,5 % sur la longue période,

Graphique 2 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Depuis 2000, la Fed est donc obligée de stimuler la croissance avec des taux de base en dessous de leur neutralité de 4 % comme par exemple entre 2001 et 2005, puis de créer une baisse importante de la croissance au risque de créer une récession en montant son taux à 5,25 % largement au-dessus de sa neutralité en 2006 et 2007, et en le baissant à nouveau très bas fin 2007, à 2 % au 1° semestre 2008,

Graphique 3 :

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La Fed contribue donc efficacement à la destruction créatrice de Schumpeter, cf. mon billet précédent :
La destruction créatrice de la Fed  


A contrario, la politique monétaire de la BCE qui conserve son taux de base au niveau de la neutralité à 4 % ne joue pas sur la destruction créatrice et laisse partir l’inflation : la croissance du PIB reste donc faible dans la zone euro.

C’est la stagflation.


La spéculation gagnante consiste alors à repérer les points extrêmes (bas et hauts) des cycles, sachant que des fluctuations ont lieu entre eux.

***

 

Par CHEVALLIER
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Très intéressant ! De la continuité pastorale (BCE) à la discontinuité agricole (période de récolte, puis de stockage de la nourriture qui n'est plus sur pattes...). Vive la Fed, finalement ce qui nourrit (feed), comme le blé qui a permis l'explosion de... l'esprit de réserve, capitalisation.
Commentaire n°1 posté par Josick d'esprit agricole le 12/05/2008 à 12h27
La clé de l’univers, c’est la résistance universelle ainsi qualifiée par Armel Larochelle et qui n’est pas autre chose que "Le principe d'inertie de Galilée". (lire avant et après ce pointage http://science-univers.qc.ca/cosmologie/clef-univers.htm#mendelbrot ) Si on rend un temps les choses plus difficile (taille de la vigne, des rosiers, retournement de la prairie, argent plus cher…), en décalage on risque alors d’obtenir beaucoup plus (inédite concentration énergétique qu’est le champ de blé, croissance relancée… ). C'est d'esprit agricole !
Commentaire n°2 posté par Josick d'esprit agricole le 12/05/2008 à 13h56
Je vous ai déjà fait part de mon grand scepticisme au sujet du caractère souhaitable d'une politique monétaire activiste dont le but est de provoquer des cycles vertueux pour stimuler les gains de productivité. Vous dites que ces cycles impulsés par la Fed sont nécessaires pout maintenir la croissance à son pontentiel optimal. Vous partez donc de l'hypothèse que la croissance oscille autour d’une tendance centrale et ce que ce trend résulte de facteurs d’offre (capital, travail et facteur résiduel pour SOLOW, niveau de concurrence, incitations à produire des richesses, terrain fiscal et réglementaire). Vous pensez donc qu'à la fin de la fluctuation, l’économie revient à son taux de croissance tendanciel, mais en réalité nous n'avons aucune idée si il existe vraiment un taux de croissance tendanciel. A supposer que vous ayez raison, comment vous y prendriez vous pour déterminer le taux de croissance tendanciel en fonction duquel la Fed doit articuler sa politique monétaire? Et comment savoir si ce taux tendanciel n'a pas changé entre-temps? Vous l'apprendriez probablement avec du retard dû au contexte radicalement incertain d'une économie de marché. Pendant ce temps, votre politique monétaire aura sûrement fait plus de mal que de bien. Le problème est donc que la banque centrale peut aussi en faire de trop sans même le savoir. Les meilleures intentions ne suffisent pas! Au contraire, il se pourrait très bien que le trend (ou tendance naturelle) n’existe pas. Les fluctuations proviennent de chocs d’offre qui ont des conséquences permanentes sur l’économie : par exemple, le progrès technique, les gains de productivité … vont bouleverser profondément et durablement l’économie. Il n’y a pas d’un côté les déterminants de la croissance à long terme et de l’autre les déterminants des cycles et des fluctuations. Il en résulte qu'une politique activiste n'aurait absolument aucun effet bénéfique. Au mieux elle serait inutile, au pire carrément nocive. Le maintient des gains de productivité à un niveau donné n'est pas du ressort de la Fed. De plus, pour favoriser les gains de productivité il serait plus judicieux d'aplanir le terrain réglementaire et fiscal. Deuxièment, compte tenu du cash flow libre très important des entreprises US, le seul effet positif résultant du maintient des taux de base sous leur neutralité serait un regain de confiance des agents ainsi qu'une stimulation de la consommation pour relancer la croissance. La demande tire l'offre. Appellons un chat un chat: c'est de l'économie keynésienne. Vous pourrez appeler ca comme vous voudrez (relance monétariste ou je ne sais quoi), cela n'y changera rien.
Commentaire n°3 posté par JLL le 12/05/2008 à 19h17
Dans tous les cas, ce sujet absolument passionnant nécessite plus qu'un petit billet
Commentaire n°4 posté par JLL le 12/05/2008 à 19h24
Ce que vous nommez potentiel optimal de croissance ou trend à long terme est un artefact statistique car comme on peut le voir sur votre graphique, les variations annuelles sont assez importantes, surtout au 20ème siècle, un peu moins début 21ème on dirait. Par conséquent, bâtir sa politique monétaire dans le but d'atteindre cette mythique extrapolation du potentiel optimal alors même que ce chiffre du potentiel optimal n'est que le résultat de la politique monétaire antérieure me semble pas très convaincant. "les gains de productivité ne se produisent que lorsque la croissance diminue" relation solide? Et l'Irlande alors: la croissance élevée soutenue sur une longue période n'a pas empêché d'importants gains de productivité parallèlement. Une politique monétaire du type Fed que vous encensez n'aurait servi à rien. "quand la croissance est élevée[...]les gains de productivité sont donc alors faibles" c'est un peu tiré par les cheveux mais la relation inverse devrait logiquement aussi être vraie, ce qui implique que la France, avec ca croissance faible depuis un bye, devrait connaître des gains de productivité élevés, ce qui n'est manifestement pas le cas. Bon je vais être honnête, c'est la faute à la fonction publique qui ruine les statistiques de productivité nationale.
Commentaire n°5 posté par JLL le 12/05/2008 à 22h52
Vous n'entrez pas dans une logique de business économie... et vous ne pouvez donc pas en comprendre la problématique ni les relations de causes à effets
Réponse de CHEVALLIER le 14/05/2008 à 18h28
j'en prends note. Mais c'est quoi au juste la business économie? C'est un terme très peu usité en France. Sous Google vous êtes d'ailleurs le seul "business économiste" de l'hexagone semblerait-il. En quoi la business économie est-elle différente d'une vision classique de l'économie? Pourquoi un économiste doit-il affubler le nom de sa profession du terme "business"? De qui ou de quoi ces mêmes business économistes veulent-ils se démarquer? Pas étonnant que si peu de francais vous comprennent: ils confondent probablement économie et business économie.
Commentaire n°6 posté par JLL le 14/05/2008 à 22h22

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés