Création monétaire, suite…
Je pensais qu’il n’était pas nécessaire de rajouter une argumentation à propos de la création monétaire, mais la présentation que j’en ai faite dans mon dernier billet apporte un éclairage un peu différent sur ce problème, et finalement c’est
peut-être plus clair en prenant ainsi cet exemple de la BNP.
Ce sont là des points développés par Alan Greenspan qui sont très importants : tout dollar gagné
épargné doit être investi ou prêté, et le secteur financier a fait des progrès considérables au cours de ces dernières années, en particulier en se mondialisant.
Les épargnants ne sont plus nécessairement du même pays que les investisseurs emprunteurs : l’épargne (plus ou moins forcée) des Chinois finance les besoins des Américains (des États-Unis).
Dans cette configuration l’équilibre global est réalisé, il n’y a aucun dérapage monétaire mais pour cela, les règles appliquées doivent être bien conçues pour qu’il n’y ait pas de création monétaire intempestive, et elles doivent être appliquées correctement, ce qui est le cas.
Comme les capitaux épargnés augmentent aux États-Unis et ailleurs du fait de la croissance mondiale qui est forte, surtout dans les pays émergents, les dettes augmentent d’autant en toute logique.
Il n’y a là rien d’inquiétant, c’est au contraire une manifestation du bon fonctionnement des marchés.
La culture économique des Français dans ce domaine est catastrophique car la Banque de France a toujours veillé à œuvrer en maintenant un certain secret dans ses opérations en ne laissant filtrer
que quelques informations qu’elle continue à contrôler étroitement, les banques ont organisé elles-mêmes leurs formations pour mieux contrôler leur personnel et leurs opérations (plus ou moins
régulières, cf. ce qui s’est passé à la Générale !), les dirigeants des entreprises ont toujours le nez dans leurs affaires et ils ne voient pas plus loin, les commentateurs divers
(professeurs, journalistes) sont généralement des militants de la gauche plurielle plus ou moins extrémistes (de DSK à Attac !), les rares libéraux sont libertariens, c’est
à dire qu’ils n’ont jamais rien compris et ne comprendront jamais rien à ces problèmes.
Je viens de m’apercevoir que dans son livre, Alan Greenspan ne cite jamais Hayek ni Von Mises alors qu’il relate longuement sa collaboration
avec Ayn Rand qui est pourtant la principale théoricienne des libertariens.
Alan Greenspan a très bien compris l’importance des idées et du rôle de la liberté dans la réussite économique, mais bien entendu, il n’a jamais accepté les divagations des libertariens dans le
domaine monétaire car il a toujours été attaché à l’examen minutieux de la réalité par les chiffres et les relations de causes à effets.
Ce manque de culture économique et financière est grave, car les Français qui travaillent sont parmi les plus productifs du monde : médaille de bronze
après les Belges et les Irlandais, d’après les statistiques fiables de l’OCDE.
Ce sont des lions pour reprendre l’expression utilisée par Charles Gave dans son livre Des lions menés par des ânes (qui date un peu malheureusement) mais ils se conduisent comme des ânes en dilapidant leurs revenus dans un anti-libéralisme primaire et suicidaire.
Charles Gave a eu raison d’émigrer jadis. Il n’y avait aucun espoir.
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