Dimanche 4 mai 2008 7 04 /05 /Mai /2008 11:31

Création monétaire et crédits


Je reviens encore sur ces problèmes de création monétaire, car un certain nombre de mes lecteurs (comme presque tous les Français) semblent avoir des difficultés à comprendre quelques notions élémentaires en la matière …


La BNP prêtait €435 milliards à ses clients au 31 décembre 2007, inscrits à l’actif de son bilan (à gauche).


En application des règles de la comptabilité en partie double en vigueur depuis plus de 5 000 ans partout dans le monde (ce qui n’est pas nouveau ni original !), cette somme a pour contrepartie au passif (à droite) €53 milliards de capitaux propres, le reste étant constitué de dettes car l’actif est égal au passif par définition et obligation (le total à gauche doit être égal au total à droite).


La BNP ne fait pas de création monétaire en accordant des crédits à ses clients : elle leur prête de l’argent qu’elle a ou qu’elle a nécessairement emprunté (sur les marchés des capitaux).


À la demande de crédits émanant de certaines personnes, répond une offre de capitaux : les banques, en faisant correspondre l’offre et la demande de capitaux, font fonctionner librement et normalement les marchés, à l’optimum, en respectant les règles qui leur sont imposées.


Contrairement à ce que pensent les Français, la création monétaire ne provient pas de la distribution inconsidérée de crédits par les banques.

Je crois que les Français sont persuadés que la BNP prête €435 milliards avec €53 milliards seulement dans ses comptes, le reste étant de la création monétaire pure ! Erreur monumentale.


Jadis (c’est à dire, il y a quelques années), les marchés des capitaux étaient fermés, c’est à dire nationaux.

Maintenant, ils sont mondialisés, mais rien ne change dans ces principes : des capitaux libellés en US$ appartenant ou pas à des Américains, peuvent être intéressés par des placements en titres de la BNP.

Ils sont alors changés en euros en passant par l’intermédiaire de la BCE qui comptabilise leur entrée dans la zone euro : M3 augmente alors d’autant mais ces capitaux sont immédiatement investis en titres BNP, c’est à dire en valeurs mobilières qui sortent alors de M3.


Là non plus, il n’y a donc pas de création monétaire par la distribution inconsidérée de crédits par les banques.


Tout le système bancaire et monétaire français et international est équilibré tant que les règles sont respectées, ce qui n’est pas le cas quand les gouvernements français suppriment des centaines de milliards de dettes comme par exemple dans les comptes de la SNCF : il y a là une création monétaire massive qui se voit dans l’hypertrophie de la masse monétaire M3 qui atteint 95 % du PIB alors qu’elle ne devrait pas dépasser les 70 %.


En outre, tout régime de retraite par répartition fait de la création monétaire en distribuant massivement des revenus sans que les bénéficiaires aient fourni au préalable un travail capitalisé en contrepartie, cf. mon billet : Retraite par répartition et monétarisme.


Ces problèmes sont bien analysés et résolus aux États-Unis car les business économistes qui les maîtrisent bien sont nombreux et ils occupent les postes les plus importants dans les différentes administrations chargées de réguler (c’est à dire de contrôler) l’activité économique et financière pour que les équilibres fondamentaux soient respectés.

Comme il n’y a pas de tels business économistes en France, personne ne comprend ces problèmes qui s’aggravent au fil des années.


Lire mes précédents billets :
Création monétaire et de richesse

Avoir tort d’avoir raison

 

***

Par CHEVALLIER
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