Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 10:41

Information, désinformation et chiffres


Sur la longue période, depuis la fin des années 40, les bénéfices des entreprises américaines augmentent de 7,5 % par an…

Graphique 1 :
2008.02.28.US.1.NET.7.5.gif

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… alors que la croissance du PIB nominal est de 7 %,


Graphique 2 :
2008.02.28.US.2.GDP.7.gif

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les bénéfices des entreprises américaines n’ont jamais été aussi élevés, et ils ont progressé plus vite que la normale au cours de ces dernières années.

Les entreprises américaines sont très fortes
IBM a racheté pour $18,8 milliards d’actions en 2007 et s’apprête à faire de même pour $12 milliards en 2008 ainsi que d’autres entreprises non financières pour $600 milliards d’après une dépêche Reuters.


Contrairement à ce que disent et écrivent tous les journaleux et bonimenteurs dans tous les médias dits grands, le dollar n’est pas la monnaie pourrie d’un pays faible
Les Etats-Unis ne sont pas en crise ni en récession.


Ces chiffres sont la manifestation de la réussite du capitalisme libéral, de la main invisible qui guide l’action des hommes, des gains de productivité qui se maintiennent durablement dans les 2 % grâce aux innovations, comme l’ont fort bien compris les dirigeants du parti communiste chinois qui l’appliquent avec succès depuis un certain nombre d’années.


Remarque : 
Les bénéfices des entreprises américaines ont progressé plus rapidement que la normale du 2° trimestre 1995 au 3° trimestre 1997 grâce à la forte diminution de la part des salaires dans le PIB, ce qui a justifié l’exubérance rationnelle des marchés de cette époque…

Graphique 3 :
2008.02.28.US.3.NET.7.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


… mais ensuite, jusqu’au 1° trimestre 2001, la part des salaires a augmenté, ce qui a fait baisser les bénéfices dont la progression n’a pu reprendre qu’à partir du 1° trimestre 2002 pour dépasser leur tendance longue en 2006 et 2007,

Graphique 4 :
2008.02.28.US.4.W.GDP.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Jusqu’au début des années 2000, il était admis que les bénéfices des entreprises américaines augmentaient au même rythme que le PIB nominal, c’est à dire de 7 %, mais ce chiffre doit être majoré à la suite de la croissance constatée depuis 2002.


En intérêts composés, un demi point représente en quelques années $300 milliards de richesse supplémentaire pour les Américains qui sont les grands bénéficiaires finals du capitalisme libéral.


L’économie, c’est simple disait Milton Friedman, et on ne comprend pas pourquoi tant de gens ne comprennent pas, surtout en France.


Les chiffres sont comme d’habitude ceux de l’ami Fred de Saint Louis.

***

Par CHEVALLIER
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Commentaires

Ca ne sert pas à grand chose de baisser les salaires pour augmenter les dividendes ... c'est toujours des "charges" : le pouvoir d'achat est simplement transféré de ceux qui travaillent vers les rentiers , non ? (C'est pas Ford qui parlait déjà de ça ?)
Commentaire n°1 posté par Dominique le 28/02/2008 à 14h00
Les ricains sacrifient le salaire direct mais le récupèrent sous forme de dividendes par l'intermédiaire des fonds de pensions je me trompe?
Commentaire n°2 posté par karaya le 28/02/2008 à 16h25
Oui !
Toute l'économie repose sur des équilibres : si les salaires augmentent plus vite que la productivité, les bénéfices baissent, ce qui diminue les investissements, donc la croissance et la richesse de la nation et de ses habitants, et ce qui provoque un collapsus boursier...
L'idéal est ce qui se produit en ce moment : des salaires directs qui progressent moins vite que la productivité, avec même une baisse du salaire réel, mais une augmentation du pouvoir d'achat grâce aux biens importés des pays émergents et à l'enrichissement tiré de celui des entreprises
Réponse de CHEVALLIER le 28/02/2008 à 18h06
@DOMINIQUE LE DIVIDENDE N’EST PAS UNE CHARGE, MAIS AU CONTRAIRE, EST LA REMUNERATION POUR CEUX QUI PRENNENT LE RISQUE D’INVESTIR ET DE CROIRE DANS DES PROJETS. PAS D’INVESTISSEURS, PAS D’ENTREPRISES. LORS DU CONSEIL D’ADMINISTRATION EN TANT QUE PRESIDENT, JE PROPOSE L’AFFECTATION DES RESULTATS. LA PLUS IMPORTANTE PARTIE VA AUX FONDS PROPRES, POUR LES INVESTISSEMENTS FUTURES, CAR LES PROFITS DE DEMAIN SONT LES INVESTISSEMENTS D’AUJOURD’HUI .LES ACTIONNAIRES QUE VOUS APPELLEZ « RENTIERS », TOUCHENT L’AUTRE PARTIE. CETTE DERNIERE DOIT TOUJOURS ËTRE A LA HAUTEUR DE LA PRISE DE RISQUE.
Commentaire n°3 posté par ERIC le 28/02/2008 à 20h40
Il serait souhaitable d'accompagner votre réflexion avec des éléments chiffrés sur la dette. En voici un : un jeune diplômé américain quitte aujourd’hui l’université avec une dette moyenne de 17 500 dollars université, montant en hausse de près de 45 % en 11 ans. Donc, il ne s'agit pas uniquement de prise de risque pour les actionnaires, mais aussi d'acceptation d'un niveau d'endettement de la part des acteurs économiques et de ceux qui leur font confiance plus grand qu'ailleurs.
Commentaire n°4 posté par zorro le 29/02/2008 à 08h26
M. Chevallier, il aurait été intéressant de montrer ces graphes en dollar constant, d'une part, et d'autre part de les corréler avec l'évolution du dollar par rapport à l'or, par exemple, ou par rapport à l'euro. La conclusion apparaîtrait alors sûrement très différente... PS
Commentaire n°5 posté par Paul Smith le 29/02/2008 à 09h58
@Eric Inutile de CRIER, je ne suis pas sourd. Il y a ceux qui prennent des risques, mais ils ne gagneraient rien si les « ouvriers » (en opposition aux rentiers) n'apportaient pas leur travail. Qu'une partie importante des des bénéfices partent pour les investissements, rien à dire, mais ce serait justice que le solde soit partagé entre actionnaires et salariés... car ce sont aussi les salariés, qui, outre leur travail, permettent aux entreprises de prospérer par leur consommation...
Commentaire n°6 posté par Dominique le 29/02/2008 à 10h22
@Dominique "Il y a ceux qui prennent des risques, mais ils ne gagneraient rien si les « ouvriers » (en opposition aux rentiers) n'apportaient pas leur travail." => c'est pourquoi les ouvriers recoivent un salaire en contrepartie. A noter d'ailleurs que cette contrepartie est négociée au préalable, et que, chaque partie étant volontairement consentante, l'ouvrier est donc satisfait de cette contrepartie (sinon libre à lui d'aller voir ailleurs). "Qu'une partie importante des des bénéfices partent pour les investissements, rien à dire, mais ce serait justice que le solde soit partagé entre actionnaires et salariés... car ce sont aussi les salariés, qui, outre leur travail, permettent aux entreprises de prospérer par leur consommation..." => ce ne sont pas forcément les salariés de l'entreprise qui achètent ses produits, il ne faut pas tout mélanger, sinon vous prenez le risque d'arriver à des conclusions et des solutions complètement erronées. Lorsqu'une personne dépense de l'argent pour "consommer", elle ne le fait pas pour faire plaisir à une entreprise, elle y trouve aussi son intérêt (personne ne l'oblige à "consommer"), donc aucune contrepartie à avoir de ce côté là. Si vous voulez plaider pour la cause des salariés sans tomber dans la propagande socialo-communiste, vous pourriez avancer: - que le chômage est favorable aux entreprises (pression sur les salaires, difficulté à changer d'entreprise et donc à négocier, ...), - que l'immigration en provenance des pays pauvres accentue cette pression sur les salaires, - que la mondialisation, si elle enrichit globalement le monde, se fait principalement sur le dos des classes pauvres et moyennes des pays riches. On peut formuler plein de critiques sur le système libéral/capitaliste sans tomber dans la vulgate stérile des marxo-léninistes.
Commentaire n°7 posté par Paul Smith le 29/02/2008 à 12h20
La répatition Capital/Travail est clairement en faveur du Capital actuellement.... mais le risque pris semble important actuellement. Les gains futur du Capital sera à la hauteur du risque engagé ! Il faut aussi se demander l'impact de l'euro sur nos entreprises... Comment partager des gains quand la compétitivité est chaque jour rogné, avec un € au delà de 1.5$ ? http://gigi75.over-blog.com/
Commentaire n°8 posté par gigi75 le 01/03/2008 à 09h44
@gigi75 Allons, allons ... seulement 25% du comerce extérieur est en dollars.. 75% sont en euros .* De plus, un euro fort nous permet de ne pas souffrir autant que les américains de l'augmentation des pri du pétrole ..
Commentaire n°9 posté par Dominique le 03/03/2008 à 11h41
@ Dominique Dominique, contrairement aux idées reçues, le prix du pétrole et de l’euro/dollar est en parfaite corrélation. C'est-à-dire, si le pétrole monte, l’euro monte et l’inverse. Donc tout ce que vous entendez du style « heureusement que nous avons l’euro, sinon nous payerions le pétrole plus cher » est une vague plaisanterie. En fait les pays producteurs de pétrole s’arrangent pour ne jamais perdre de fric sur les ventes de brut.
Commentaire n°10 posté par ERIC le 03/03/2008 à 19h10
Là, ERIC, vous dites un peu n'importe quoi ... :-)
Commentaire n°11 posté par Dominique le 03/03/2008 à 19h26
@ Dominique, Je suis désolé, mais je peux vous le démontré statistiquement quand vous voulez. Regardez les 2 cours sur les années passées et superposez ces 2 mêmes cours et vous verrez. @JP CHEVALIER Il serait intéressant que vous nous donniez votre point de vue sur le fait que les courbes des cours du pétrole et du dollar/euro sont rigoureusement les mêmes.
Commentaire n°12 posté par ERIC le 03/03/2008 à 20h01
@ dominique "Alors que le dollar s'effondre face à l'euro, les cours du pétrole continuent à évoluer à l'inverse. L'or noir est en effet libellé en billet vert et compense mécaniquement sa baisse." LA TRIBUNE Comme disait Voltaire dans Candide : NOUS AVONS TOUS NOS PROPRES VERITES ...
Commentaire n°13 posté par ERIC le 03/03/2008 à 20h37
Entièrement d'accord avec le dernier message de Dominique :D
Commentaire n°14 posté par Lionheart le 03/03/2008 à 21h36
@ERIC Bien évidemment que lorsque le dollar baisse (par rapport à un panier de monnaie, dont l'euro), les producteurs veulent augmenter les prix n dollars, et que les spéculateurs font aussi monter les prix (le pétrole compense mécaniquement la baisse du dollar) Mais le pétrole ne fait pas que cela, il monte aussi dans toutes les monnaies ( même en euros : voir http://wiki.oleocene.org/index.php/Prix_du_baril_en_Euros ) Mais par contre, le pétrole ne monte pas PARCE QUE le dollars baisse, mais pour des problèmes de capacité de production. Enfin, et c'était la raison de ma réflexion, si l'euro était à parité avec le dollar nous payerions nos importations 100 € le baril, au lieu de 65. Je préfère une monnaie forte (par rapport au dollar) à une monnaie faible, à ce point de vue des importations d'énergie... je plains les ricains avec leurs bagnoles qui consomment 20 l aux 100.
Commentaire n°15 posté par Dominique le 04/03/2008 à 08h58
"si l'euro était à parité avec le dollar nous payerions nos importations 100 € le baril, au lieu de 65". Et si l'euro était à parité avec le dollar, le prix du baril ne serait pas au prix actuel (voir les fluctuations dues aux spéculations)
Commentaire n°16 posté par ERIC le 06/03/2008 à 20h33
@ERIC Il y a sur http://wiki.oleocene.org/index.php/Prix_et_cotations#Dollars_ou_Euros_.3F un graphique qui invalide votre affirmation sur certaines périodes (automne 2005 et entre septembre 2006 et février 2007)où, lorsque le taux de change baissait, le baril en dollars continuait de monter
Commentaire n°17 posté par Dominique le 08/03/2008 à 09h20

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