Retraites, euro, bulle et crise
En France, les engagements de retraite ne sont pas comptabilisés par les entreprises ni par l’Etat.
Ces dettes s’élevaient globalement à 4 500 milliards d’euros soit 3 fois le PIB fin 2004 !
De l’argent non gagné circule ainsi massivement en France et dans d’autres pays de la zone euro, ce qui gonfle la masse monétaire, dope artificiellement l’activité et attire les capitaux, ce qui renforce l’euro.
Une bulle financière est en train de se développer dans la zone euro.
Elle éclatera dans un avenir proche en une crise majeure qui aura des conséquences considérables. Explications…
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Les fonds de pension sont interdits en France !
Le système de retraite par répartition repose sur des prélèvements obligatoires pour payer les pensions, avec des déductions importantes sur les salaires.
Compte tenu des caractéristiques démographiques, ces pensions ont toujours été payées, ce qui ne sera plus le cas à partir des années 2020 d’après toutes les projections concordantes.
Contrairement aux exigences des IFRS, les engagements de retraite ne sont pas comptabilisés par les entreprises françaises, mais le système de retraite publique garantit aux salariés le paiement d’une pension lors de leur retraite.
Ils ont donc des créances qui ne sont pas enregistrées dans les comptes des entreprises ni ailleurs dans ceux de l’Etat.
Comme les capitaux propres sont insuffisants pour faire face à ces engagements, ces créances ont pour contrepartie des dettes qui ne sont pas comptabilisées et qui se montaient pour l’ensemble de la France à 4 500 milliards d’euros, c’est à dire 3 fois le PIB fin 2004 d’après les estimations concordantes des économistes de Work For All, d’ABN Amro et d’un rapport officiel de Michel Pébereau, président du conseil d’administration de BNP Paribas.
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Pour provisionner les engagements de retraite en maintenant les mêmes marges bénéficiaires, les salaires auraient dû être inférieurs (de 10 à 15 %) à ce qu’ils ont été.
Les comptes auraient alors respecté les IFRS et donné une image fidèle de la réalité.
Les salariés français bénéficient donc de salaires anormalement élevés.
Les créances et les dettes de retraites qui ne sont pas comptabilisées correspondent à de la création monétaire, de l’argent non gagné qui est visible en particulier dans l’agrégat monétaire M1 qui est hypertrophié avec 3 800 milliards d’euros (plus de 40 % du PIB) contre 1 350 milliards de dollars aux Etats-Unis (10 % du PIB) pour 300 millions d’habitants environ dans les deux cas.
2 500 milliards d’euros au moins sont actuellement en excédent dans la zone euro.
Cette création monétaire s’accentue : la masse monétaire M3 augmente de 11 % d’une année sur l’autre, ce qui est largement supérieur à la croissance du PIB nominal de 5,0 %.
La masse monétaire libre augmente, ce qui accentuera la baisse de la croissance du PIB réel.
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En France et dans la zone euro, les salaires anormalement élevés entretiennent la demande, donc l’offre : la croissance du PIB est donc anormalement élevée.
La forte croissance apparente (et trompeuse car elle ne correspond pas à la réalité) de la zone euro attire les capitaux, ce qui augmente la demande d’euros et diminue celle de dollars des Etats-Unis, ce qui renforce l’euro et affaiblit le dollar.
Une bulle financière est en train de se développer dans la zone euro.
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Pour l’arrêter, il faudrait mettre fin à ses causes profondes, c’est à dire enregistrer les engagements de retraite conformément aux IFRS.
Or, aucun gouvernement ne prendra de telles décisions (qui sont pourtant indispensables) car dans ce cas, la plupart des entreprises publiques en France et dans d’autres pays de la zone euro seraient en faillite, la plupart des entreprises privées auraient beaucoup de difficultés à s’adapter (car elles manquent de capitaux propres) et les engagements de retraite des salariés de l’Etat augmenteraient considérablement les dettes publiques.
La bulle financière qui est en train de se développer dans la zone euro éclatera donc dans un avenir proche en une crise majeure qui aura des conséquences considérables.
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Le désordre va aller croissant, alimentant la spéculation gagnante pour ceux qui auront fait les bonnes analyses.
Merci à Fred Rabeman, expert en analyse technique, qui a mis en évidence l’importance du jeu des bulles et des crises qui permet d’expliquer la force de l’euro, la faiblesse du dollar, la bonne santé apparente (et trompeuse) de l’économie et les problèmes actuels liés aux dérapages monétaires dans la zone euro.
Toute la problématique de la croissance et des fluctuations est ainsi renouvelée.
Voir son site (en anglais) : http://www.maestrade.com
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Les rendements de l’obligataire public donnent de bonnes indications sur l’évolution de la crise du sub-prime et de la bulle de la zone euro : le 2 ans plonge depuis début juin, ce qui montre que les capitaux se réfugient en masse sur les échéances courtes,
Graphique 1 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
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et la chute s’accélère en ce moment,
Graphique 2 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
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L’écart avec le 10 ans (qui fluctue normalement autour de 4,0 %) augmente, ce qui montre que le désordre augmente,
Graphique 3 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
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L’évolution est la même dans la zone euro,
Graphique 4 :
(cliquer ici pour agrandir le graphique)
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Les marchés absorbent plus ou moins bien la crise du sub-prime, mais ils absorberont plus difficilement une autre crise, surtout de cette importance.
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Les bulles financières se créent à partir d’enregistrements comptables qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité.
Ainsi par exemple, les bénéfices des entreprises de la nouvelle économie ont été artificiellement majorés à la fin des années 90, les risques du sub-prime n’ont pas été correctement comptabilisés récemment, les dettes de retraite sont indûment supprimées en France et dans certains pays européens actuellement.
Quand une bulle financière a pris naissance, elle augmente d’elle même car tout le monde gagne de l’argent en y investissant jusqu’à ce qu’elle éclate…
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Une croissance forte et durable repose obligatoirement sur de l’argent sain, ce qui est le cas aux Etats-Unis mais pas dans la zone euro.
Une bulle incite les capitaux à s’investir au mauvais endroit (dans la zone euro) alors que les secteurs sains (aux Etats-Unis) sont délaissés.
Le dollar n’est pas faible à cause de la faiblesse de l’économie des Etats-Unis, mais par rapport à l’euro qui est artificiellement fort (mais faible en réalité) du fait de cette bulle.
Ce sont là des aspects de la logique paradoxale…
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Pour éviter une autre catastrophe en France avec l’effondrement du régime des retraites, il est impératif de mettre en place le plus rapidement possible un système de fonds de pension.
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La SNCF (qui a le monopole du transport ferroviaire en France) donne un bon exemple du mécanisme de création monétaire avec les engagements de retraite qui ne sont pas provisionnés…
Le décret du 7 mai 2007 permet à la SNCF d’éliminer 116,5 milliards d’euros d’engagements de retraites au 30 juin 2007 d’après les comptes consolidés du 1° semestre 2007, note 17 page 51 (p. 90 dans la version en ligne) :
http://lesfinances.sncf.com/fichiers/comptes_semestr_S1_2007.pdf
Ces 116 milliards d’euros sont des créances qui ne sont pas provisionnées, donc des dettes qui sont transmises au système public de retraite qui ne les comptabilise pas !
Ils disparaissent : c’est de la création monétaire.
Le problème est que les Français ont fait de même avec les dettes des entreprises publiques, celles des salariés de l’Etat et de toutes les entreprises : ces créances de retraite qui ne sont pas comptabilisées ni provisionnées sont des dettes qui se montaient à 4 500 milliards d’euros soit 3 fois le PIB fin 2004 ! ce qui alimente la bulle financière…
Une partie de ces 4 500 milliards d’euros est de l’argent non gagné qui circule dans la zone euro.
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Les agences de notation accordent un AAA aux emprunts de la SNCF car ils sont garantis par l’Etat, mais elles n’incorporent pas ces dettes de retraite dans l’endettement de l’Etat !
Elles n’ont pas noté correctement les risques du sub-prime, ce qui a provoqué une bulle et une crise, la bulle qui a pris naissance en Europe est beaucoup plus importante et la crise sera beaucoup plus grave que celle du sub-prime !
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IFRS, International Financial Reporting Standards ou Normes Internationales d'Information financière.
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