Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /Nov /2007 13:21

Quitter l’euro et revenir au franc, d’urgence !

La situation économique se dégrade lentement mais sûrement en France par rapport à l’Allemagne, surtout depuis le mois de juin 2007 comme le montre clairement l’évolution de l’écart entre les rendements des bons du Trésor à 10 ans français et allemands car les gains de productivité globale en Allemagne sont supérieurs à ceux de la France.

En effet, des économistes libéraux ont convaincu les dirigeants des grands partis allemands de droite et de gauche que seule l’application de leurs théories permettait d’atteindre le taux de croissance optimal du PIB, ce qui bénéficie à tout le monde, des plus riches aux plus pauvres.

Le libéralisme, c’est efficace et social !

Ils suivent depuis 2003 la voie tracée par leurs homologues irlandais qui ont su transformer le vilain petit canard boiteux qu’était l’Irlande en 1984 en un tigre celtique vigoureux dont la croissance est de 5,5 % en moyenne depuis une vingtaine d’année, pour le plus grand bénéfice de tous les Irlandais traumatisés par les famines du temps passé.

Les Allemands qui partagent cette politique économique dans leur très grande majorité, sont convaincus que les fonds de pension sont le meilleur moyen de financer leurs retraites. Ainsi par exemple, l’entité allemande d’EADS a provisionné 4 milliards d’euros pour les salariés allemands (fin 2006) contre presque rien pour leurs collègues français.

Les dirigeants des entreprises allemandes jouent le jeu en maintenant leur activité sur le sol allemand alors que le patronat français a lâchement capitulé en acceptant toutes les revendications des partis et syndicats de la gauche antilibérale (tout en investissant à l’étranger). Ainsi par exemple, Laurence Parisot défend le système de retraite par points d’inspiration socialiste…

Les administrations publiques augmentent leur productivité en Allemagne. Deutsche Post qui a été privatisée est rentable et cotée en bourse. D’autres entreprises publiques suivent (plus ou moins bien) le même chemin.

Comme la productivité dans les entreprises est de l’ordre de 2,5 % par an comme partout ailleurs dans le monde, concurrence oblige, les gains de productivité globale en Allemagne sont maintenant supérieurs à ceux de la France où les administrations et les entreprises dites publiques évoluent beaucoup plus lentement et sur des bases surannées.

En France, les mentalités restent majoritairement figées dans le style soviétique d’une lutte des classes. Les Français sont majoritairement viscéralement antilibéraux.

*

Aucune perspective de changement donc en France où les gains de productivité globale seront inférieurs à ceux de l’Allemagne à l’avenir comme dans le passé, avant que l’euro n’existe.

Or, à cette époque là, les équilibres se rétablissaient automatiquement par des dévaluations du franc français dans le système de Bretton-Woods, ou une perte de sa valeur par rapport aux monnaies fortes dans le système de parités (plus ou moins) libres après le 15 août 1971.

Dans un tel système de parités libres, la valeur de la monnaie diminue (théoriquement et pratiquement) au fil du temps dans les pays dont les gains de productivité globale sont les plus faibles (le Club Med) et inversement (et relativement), la valeur de la monnaie augmente dans les pays dont les gains de productivité globale sont les plus élevés (le DeutscheMark fort).

Or, l’euro-système est en fait un système de parités fixes de type Bretton-Woods limité aux pays membres comme l’a fort justement bien analysé le docteur Bernard Trémeau. Les bons médecins sont des experts en étiologie : ils savent trouver la véritable cause d’un problème qui permet ensuite de trouver les bonnes solutions.

Cependant, dans cet euro-système, toute dévaluation est impossible contrairement à celui de Bretton-Woods. Seuls sont possibles le maintien ou la sortie.

Comme rien ne changera en France dans un avenir proche, la seule solution est donc de sortir de cet euro-système tout de suite, pendant que la parité du franc est encore proche de sa valeur initiale par rapport à l’euro car plus tard, ce sera trop tard.

Le franc français redevenu indépendant dans un système de changes flottant librement, perdra de la valeur par rapport aux monnaies fortes : l’euro s’il existe encore ou le DM ressuscité. Avec un franc faible, les Français seront obligés de s’adapter aux circonstances.

Ils ne pourront plus compter sur les Allemands (avec leurs excédents commerciaux considérables et l’équilibre de leurs comptes publics) pour rattraper leurs erreurs.

*

Bien entendu, cette solution est politiquement incorrecte mais elle serait peut-être majoritaire en cas de référendum.

Les Danois et les Suédois ont refusé d’adopter l’euro (respectivement en 2000 et 2003), le Royaume-Uni n’a jamais envisagé de le faire vu la ferme et constante hostilité des électeurs, les Suisses et les Norvégiens ont refusé d’entrer dans l’Union Européenne. Tous s’en portent fort bien ! et mieux que nous !

Dans tous ces pays, les électeurs ont désavoué les hommes politiques qui veulent quasiment tous adopter l’euro par panurgisme.

Rester dans l’euro-système va entraîner la France dans une situation catastrophique comme celle qu’a vécue l’Argentine (pays à faible productivité par rapport aux Etats-Unis) dont les dirigeants ont voulu accrocher le peso au dollar américain.

Plus tard seront prises les décisions qui s’imposent, plus les conséquences en seront graves.

La France sera forcée de sortir de l’euro-système en catastrophe, exsangue, dans le plus grand désordre, avec une dette publique considérable et une monnaie fortement dévaluée.

*

Il est amusant de constater que l’euro-système a été conçu pour éclater un jour. En effet, les Trésors restent nationaux. Il n’y a pas d’euro-Trésor.

Les emprunteurs souverains sont les Etats membres et non pas l’Euro-land (aux Etats-Unis, c’est le Trésor de l’Etat fédéral qui émet les emprunts souverains et non pas les Etats fédérés).

En cas de sortie ou d’éclatement de l’euro-système, chaque joueur reprend ses billes.

Il n’y aura pas de dettes à partager, pas d’euro-emprunts à rembourser.

Seuls des bons du Trésor nationaux sont émis.

Leurs rendements sont les meilleurs indicateurs de l’état de la détérioration des Etats.

Comme les rendements des bons à 10 ans dans les autres pays de la zone euro sont supérieurs à ceux du Bund allemand, l’euro-système est donc appelé à éclater.

La crise du sub-prime est doucereuse à côté de celle de l’euro-système qui risque de se produire au même moment que celle des retraites…

L’avenir est vraiment sombre en France.

***

Pour retrouver les articles du docteur Bernard Trémeau :

http://www.les4verites.com/archives/auteurs-Tremeau-Bernard-2.html

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Par CHEVALLIER
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