Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 10:53

Erreurs et désordres financiers

Ben Bernanke a déclaré et répété que les taux demeureraient élevés à l’avenir, celui de la Fed à 5,25 % étant donc dans la norme. Tout le monde a repris son idée.

Pour ma part, j’ai toujours soutenu que les taux devaient baisser aux alentours de 4 % comme de 2002 à 2005 (pour une rémunération réelle normale de 2,5 % et une inflation de 1,5 %), des taux trop élevés étant anormaux et dangereux.

Il se trompait, tout le monde se trompait.

J’ai eu tort d’avoir raison…

Les taux sont retombés, très durement : les taux courts sont sous la barre des 4 %,

Graphique 1 : 

2007.11.09.US.1.TX02.gif


(cliquer ici pour agrandir le graphique)
 

Des taux courts sous la barre des 4 % signifient que les capitaux se réfugient en masse sur les échéances courtes peu rémunératrices mais qui ont l’avantage d’éviter des pertes !

*

La volatilité est très importante car les incertitudes sont élevées,

Graphique 2 : 

2007.11.09.US.2.TX06.gif


(cliquer ici pour agrandir le graphique)

*

La Fed n’a pas vu venir la crise du sub-prime. C’est une erreur majeure, car la fonction principale d’une banque centrale est de détecter tout dysfonctionnement avant qu’il ne soit trop tard.

Les établissements financiers se sont presque tous engagés sur des produits à risques en cherchant à cacher le plus longtemps possible leurs pertes (200 milliards de dollars environ).

Personne n’avait intérêt à sortir de ce système pourri qui s’est finalement révélé début août.

Les informations financières ne donnaient pas une image fidèle de la situation.

Les agences de notation auraient dû dégrader les établissements exposés à ces risques.

Les autorités monétaires auraient dû sanctionner les fautifs. Elles ne l’ont pas fait.

Les erreurs se sont accumulées ainsi que les désordres financiers.

*

En 2001-2002, Alan Greenspan est intervenu énergiquement pour remettre de l’ordre dans les comptes des entreprises contre l’avis de ceux qui ont profité des désordres antérieurs.

Les bénéfices ont plongé, les financiers ont protesté, mais il a agi pour le plus grand bien de tout le monde : la croissance est repartie par la suite sur des bases saines.

Ben Bernanke est inerte.

C’est inquiétant.

Les Américains sont inquiets : ils augmentent leur épargne de précaution (de 8 % d’une année sur l’autre) :

Graphique 3 : 

2007.11.09.US.3.M2M1.gif


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*

Ce qui signifie que la croissance du PIB ralentit,

Graphique 4 : 

2007.11.09.US.4.FRM.gif


(cliquer ici pour agrandir le graphique)

En réalité, elle est faible : 2 % en moyenne d’une année sur l’autre sur les 3 derniers trimestres et elle ralentira encore à l’avenir. Une récession est possible.

Pour l’instant la croissance reste apparemment forte parce que les fondamentaux sont bons : la richesse des Américains et de leurs entreprises les met à l’abri de tout danger immédiat.

*

La crise du sub-prime montre que les marchés entièrement livrés à eux mêmes dégénèrent rapidement car tout le monde a intérêt à profiter des désordres financiers à court terme.

Il n’y a aucune limite et la crise systémique est alors certaine.

Le capitalisme libéral repose sur des règles qui doivent être respectées strictement, sinon le système s’écroule.

Les banques centrales et les autres autorités jouent un rôle essentiel : elles doivent édicter les bonnes règles du jeu et les faire respecter, ce qui n’est pas le cas actuellement.

C’est inquiétant.

***

  
Par CHEVALLIER
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