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Suite logique des billets précédents sur les problèmes de dettes en France…
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De l’anormal au risque systémique, Etat et marchés
Le système de retraite par répartition a créé 4 500 milliards d’euros de dettes en France (fin 2004), soit 3 fois le PIB selon les estimations concordantes.
Elles sont doublement hors normes. En effet, d’une part l’ensemble de la dette publique ne devrait pas dépasser la limite de 60 % du PIB, et d’autre part, elle ne devrait pas porter sur des engagements de retraite, c’est à dire sur des revenus différés car des dettes à long terme ne devraient financer que des investissements.
Ce surendettement considérable est mal anticipé actuellement par les marchés. En effet, il ne se traduit que par une faible augmentation des taux des emprunts souverains français car les agences de notation ne les ont pas dégradés.
Cependant, Standard and Poor’s envisage de le faire à partir de 2011, mais ce sera alors trop tard pour éviter le risque systémique qui devient certain à l’horizon des années 2020.
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Les économistes de Work For All envisageaient dans une hypothèse optimiste que la croissance puisse repartir en France sur un rythme salvateur de 5 % comme en Irlande, mais cet espoir est vain car la politique économique menée par Nicolas Sarkozy 6 mois après son élection est en réalité dans la stricte continuité de celle qui a été menée depuis des décennies en France.
Il n’y a pas de rupture alors qu’il aurait fallu prendre les mesures qui s’imposent : mettre fin aux dérives monétaires en remettant de l’ordre dans les comptes publics et baisser le taux des prélèvements obligatoires en créant un système de fonds de pension comme l’ont fait les Irlandais.
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Un petit rappel s’impose…
Dans le système français de retraite par répartition, les salariés reçoivent, en plus de leur salaire, une créance : celle de bénéficier à l’avenir d’une pension de retraite mais elle n’est pas provisionnée. Il y a donc des créances non couvertes par une contrepartie.
Pour rétablir les équilibres, il aurait fallu (il faudrait…) que les salaires aient été inférieurs à ce qu’ils ont été, une partie des revenus des entreprises ayant été affectée en compensation à des provisions en vue de verser ces pensions.
Il y a donc trop d’argent en circulation.
Cet excès se voit dans l’hypertrophie de la masse monétaire, en particulier dans l’agrégat M1 qui se monte à 3 800 milliards d’euros dans la zone euro contre 1 350 milliards de dollars aux Etats-Unis pour une population équivalente et un PIB inférieur.
Le système français de retraite par répartition crée des créances non provisionnées, de fausses créances aurait dit Jacques Rueff.
C’est de la création monétaire.
Comme les créances de retraite n’ont pas été provisionnées dans des fonds de pension, elles devront être couvertes par l’augmentation des prélèvements obligatoires dont les taux seront insoutenables pour assurer les équilibres dans les années 2020.
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Les écarts entre les taux souverains allemands et français augmentent : 11 points de base pour le 10 ans actuellement alors que les écarts étaient négligeables 12 mois auparavant (ils étaient alors de l’ordre du point de base), ce qui signifie que les marchés commencent à anticiper un écart dans les performances allemandes et françaises qui sont pénalisées par les dérives monétaires.
Il en est de même pour les échéances courtes des 2 ans et 5 ans dont les écarts augmentent de 5 points de base en un an.
Pour l’instant les écarts sont faibles car les risques sont mal perçus, mais ils augmenteront rapidement et brusquement à l’avenir car les marchés sont panurgistes.
Ce sont donc les marchés de l’obligataire public qui réagissent les premiers car ce sont toujours eux qui sont les plus performants. Ils jouent bien leur rôle directeur de l’ensemble des autres marchés : ceux des obligations des entreprises (corporate) et à leur suite tous les autres marchés.
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Certes, la monnaie est unique dans la zone euro (ce qui est une absurdité !) mais les Etats subsistent.
Si l’euro n’avait pas été créé, les premiers signes de dégradation de la situation économique se seraient manifestés par une baisse de la valeur du franc par rapport aux monnaies fortes, ce qui aurait obligé les autorités françaises à rétablir rapidement les équilibres fondamentaux.
Ce n’est plus le cas maintenant : les erreurs de politique économique commencent à se manifester dans le déséquilibre de la balance commerciale, mais sans autres conséquences, puis elles se transmettent lentement et tardivement aux marchés obligataires publics.
Les taux français sont et seront de plus en plus élevés. La situation sera intenable à terme.
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Remettre de l’ordre dans les comptes publics en mettant fin aux dérives monétaires signifie qu’il faudrait rétablir des comptes donnant une image fidèle de la réalité dans toutes les entreprises privées et publiques.
A la SNCF, c’est réintégrer les 116 milliards d’euros de dettes qui ont été effacées par le décret du 7 mai 2007 et supprimer toutes les subventions : le chiffre d’affaires ne doit provenir que de l’argent versé par les seuls voyageurs et du produit des activités annexes (locations, publicités, etc.). Dans ces conditions, c’est la faillite de la SNCF avec toutes les conséquences que cela comporte.
Les mêmes mesures s’imposent dans les autres entreprises publiques comme la RATP, La Poste, ainsi qu’à eDF, France Télécom et toutes les entreprises françaises.
Les salaires devraient ainsi être révisés partout à la baisse.
Comme ils ne le sont pas, il y a effectivement trop d’argent en circulation.
La création monétaire se fait ainsi, mais peu de gens comprennent ces problèmes fondamentaux…
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Bien entendu, aucun gouvernement ne prendra dans un avenir proche les mesures qui s’imposent. Elles sont pourtant indispensables.
Ne rien changer actuellement aura des conséquences qui seront beaucoup plus graves dans un avenir qui était lointain mais qui est de plus en plus proche.
L’URSS était une grande puissance. Elle s’est effondrée, les Russes sont pauvres.
Il en sera de même pour les mêmes raisons à l’avenir pour la France car les comptes ne respectent pas les normes comptables ce qui crée des déséquilibres monétaires.
Les équilibres monétaires sont l’un des piliers de la croissance et de la prospérité ont dit et répété les Reaganomics. Ils ont raison.
Nicolas Sarkozy n’a pas de chance : c’est lui qui hérite de la patate chaude.
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Lire les articles des économistes de Work For All :
Causes de la croissance différentielle en Europe
France : une croissance de 5 % n’est pas une utopie
Et sur les dettes publiques : http://www.workforall.net/ModeleSocialFr.html
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Réponse des questions posées précédemment dans un prochain billet…
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