Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /Oct /2007 11:41

RATP 2006

Kokorico !

Fin 2006, les 45 000 salariés de la RATP ont accumulé 35 milliards d’euros de dettes !

777 000 euros par salarié ! c’est peut-être un record mondial : Kokorico !

Koko, Nikolas Sarkozy, laisse faire. Rien ne change.
Pourquoi les Français ne réagissent-ils pas face à la dérive des comptes de la RATP, et à celle des autres entreprises publiques ?

La RATP publie des comptes (certifiés par KPMG et PricewaterhouseCoopers Audit) qui respectent les règles comptables.

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Ces comptes sont clairs : l’actif de la RATP est financé par des capitaux propres de 1,7 milliards d’euros et pour le reste, 13 milliards d’euros, par des dettes à long terme hors normes qui s’ajoutent aux 21,6 milliards d’euros d’engagements de retraite comptabilisés au 31 décembre 2004, actuellement miraculeusement sortis des comptes de la RATP par une loi opportune.

L’importance des dettes s’explique par le salaire moyen brut à la RATP qui était de 3 080 euros par mois en 2006 : 2,2 milliards d’euros pour 44 900 salariés… qui ont une faible productivité avec 82 600 euros de chiffre d’affaires par salarié alors que la norme est de 150 000 euros.

Les salariés de la RATP devraient au moins avoir la pudeur de ne pas faire grève dans de telles conditions !

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Les charges de retraite des salariés de la RATP de 21,6 milliards d'euros au 31 décembre 2004 ne sont pas provisionnées, mais elles sont prises en charge par l'Etat, ce qui signifie que les contribuables vont les payer !

Avec la SNCF, La Poste, eDF et GDF, ce sont plus de 250 milliards d'euros qui ne sont pas comptabilisés dans la dette publique et qui sont autant d'impôts supplémentaires pour l'avenir. La commission Pébereau évaluait les charges de retraite non provisionnées pour l'ensemble des administrations et des entreprises publiques à 800 milliards d'euros fin 2004.

La dette publique réelle de la France dépasse maintenant 2 000 milliards d'euros.

Pourquoi les Français ne réagissent-ils pas face à la dérive des comptes de la RATP, et à celle des autres entreprises publiques ?

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Si la RATP avait été une entreprise comme les autres, elle aurait dû comptabiliser toutes ses charges et elle aurait dû les couvrir par son chiffre d'affaires, tout en dégageant des bénéfices avec une marge normale de 5 %. Malheureusement, son statut d'entreprise publique la met à l'abri de la faillite car l'Etat est garant de ses dettes qui sont sans limites… tant que le système de dettes publiques ne s'écroule pas.

Les salariés de la RATP ont ainsi acquis dans leur propre patrimoine de l'argent qui ne correspond pas à ce que les clients ont payé pour le service utilisé, et inversement, les clients n'ont pas payé le prix couvrant les coûts de ces services.

De l'argent non gagné circule sur les comptes et dans les portefeuilles des salariés de la RATP et dans ceux de ses clients, contribuant ainsi à gonfler les agrégats monétaires de la zone euro.

Les dettes s’accumulent. Il arrivera un jour où la situation ne sera plus tenable. Le gouffre se révèlera alors mais ce sera trop tard pour trouver des solutions douces. L'URSS a sombré. L'Argentine a chuté. La France trébuchera. Les dérives monétaires se terminent toujours dans un désordre social et politique inquiétant…

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Les équilibres de la politique monétaire sont nécessaires et fondamentaux. L'existence de la zone euro laisse le champ libre au laxisme de certains gouvernements dont les conséquences sont d'autant plus graves que les remèdes sont tardifs.

La masse monétaire M3 de la zone euro augmente de plus de 10 % par an alors que le PIB n'augmente que de 1 à 2 %. 2 000 milliards d'euros d'argent non gagné se retrouvent indûment sur des comptes. La Banque Centrale Européenne ne peut pas résoudre ces problèmes qui relèvent de la politique intérieure des Etats membres.

Les gouvernements de l’Allemagne, de l’Autriche et des Pays-Bas essaient d’obtenir un changement positif de la part des mauvais élèves de la zone euro comme la France, en vain pour l’instant.

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Aux Etats-Unis, la banque centrale (la Fed) et le gouvernement laissent faire les marchés qui éliminent naturellement les entreprises non rentables et sur-endettées.

Les entreprises qui fournissent des services publics comme le métro à New York équilibrent leurs comptes et comptabilisent les engagements de retraite de leurs salariés.

Les syndicalistes qui lancent des grèves illégales sont condamnés à des peines de prison qu’ils effectuent et à des amendes qu’ils paient.

Dans ces conditions, la croissance peut atteindre durablement son potentiel optimal car les équilibres monétaires fondamentaux sont respectés, ainsi que les règles comptables.

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La RATP a fait 43 millions d’euros de bénéfices en 2006 grâce à… 223 millions d’euros de subventions de la Région inscrits dans le compte de résultat et… 2,3 milliards d’euros de subventions d’investissement inscrits au passif !

Le patron de la RATP a osé annoncer le 2 octobre que tout allait bien et que la RATP allait engranger cette année des bénéfices historiques grâce à une progression de 5 % du chiffre d’affaires (3,7 milliards d’euros en 2006), et les salariés osent faire grève…

Pourquoi les Français ne réagissent-ils pas face à la dérive des comptes de la RATP, et à celle des autres entreprises publiques ?

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Sources : les comptes consolidés de la RATP de 2006 : http://www.ratp.fr/corpo/entreprise/rapport_activ2006/francais/rapport_financ/Comptes_consolides.pdf

Les provisions de 2,9 milliards d’euros sont à ajouter aux dettes de 10,3 milliards d’euros dont 200 millions d’euros seulement sont à court terme.

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Par CHEVALLIER
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