Je reprends ici un billet que j’avais écrit le 23 janvier 2007 mis en ligne sur mon blog de " l’Institut Turgot " que Guy Millière a supprimé…
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Fonds de pension d’EADS : Allemagne / France, création et dérapages monétaires
Les fonds de pension sont indispensables pour assurer le financement des retraites et les équilibres micro et macroéconomiques.
Malheureusement, les Français les interdisent. C’est une grave erreur.
L’exemple d’EADS (et de Boeing) est pourtant très instructif…
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EADS alimente depuis 2004 un fonds qui sert à payer les pensions de retraite des salariés de l’entité allemande
La provision capitalisée (une épargne) était de 4 milliards d’euros au 31 décembre 2005.
Elle est investie dans diverses valeurs mobilières génératrices de revenus qui paieront ces pensions à l’avenir, ce qui correspond à la logique économique.
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Les salariés de l’entité française d’EADS doivent recevoir une pension lorsqu’ils seront en retraite (ils ont donc des créances), mais il n’y a aucune provision constituée, aucune épargne investie !
Légalement, ce sont les prélèvements sur les revenus des personnes qui travailleront en France à l’avenir qui assureront leur retraite dite par répartition qui ne répond à aucune logique économique car il y a distribution de revenus différés sans épargne préalable investie.
En deux ans, l’entité allemande a donc épargné, investi et capitalisé 4 milliards d’euros.
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Les créances sont comptabilisées, les comptes font apparaître un bénéfice normal.
Tout est en ordre.
Il n’y a pas de création monétaire en Allemagne donc la croissance du PIB est normale, aux alentours de 2,5%..
Il n’en est pas de même pour l’entité française car les créances de retraite ne sont pas comptabilisées (elles auraient dû l’être en charges, en particulier de personnel).
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Avec EADS, il y a donc 4 milliards d’euros en trop qui circulent en France : c’est de la monnaie non gagnée, de la création monétaire que l’on retrouve dans la masse monétaire de la zone euro.
Autre façon de raisonner : si les comptes d’EADS avaient été tenus correctement pour l’entité française, les bénéfices de 2004 et 2005, soit un total de 3 milliards d’euros environ, auraient dû être… une perte d’un milliard !
EADS publie un résultat bénéficiaire normal (5 % du chiffre d’affaires) mais en réalité, il est déficitaire.
Comme rien n’est fait pour y remédier, la faillite est en bout de piste !
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Elle ne se produira pas au niveau microéconomique d’EADS ni de chacune des autres entreprises, mais au niveau macroéconomique, national, de l’ensemble des entreprises, c’est à dire de la France.
Ce déséquilibre ne se voit pas dans les comptes publiés par les entreprises, mais dans la masse monétaire française qui est hypertrophiée et diluée dans celle de la zone euro.
Le gros problème est qu’EADS n’est pas un cas isolé : quasiment toutes les entreprises françaises présentent les mêmes caractéristiques : une crise systémique couve.
Elle se manifeste depuis quelques années par une faible croissance (car la création monétaire est forte), qui se transformera en une récession déflationniste difficilement maîtrisable.
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Les équilibres monétaires fondamentaux sont la condition nécessaire de la croissance.
Les Reaganomics le savent bien : c’est leur première préoccupation.
C’est à la banque centrale d’y veiller.
Le manque de culture économique de la communauté française est dramatique.
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L’adoption d’un système de fonds de pension remplaçant celui de la retraite par répartition devrait être le point principal de la campagne électorale en France car il permettrait de baisser d’une dizaine de points le taux des prélèvements obligatoires, ce qui ferait repartir la croissance.
Les entreprises trouveraient là le moyen de financer leurs investissements et les retraités leurs pensions.
Le débat devrait opposer Nicolas Sarkozy proposant d’adopter le modèle irlandais très libéral et très performant à Ségolène Royal partisane d'usines à gaz dans le style des entreprises allemandes ou américaines.
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Voir le rapport annuel 2005 d’EADS, note 21 pages 87 et 88 :
http://www.eads.com/1024/fr/investor/reports/Current%20Publications.html#10538
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