Jeudi 20 septembre 2007

Match Banque de France contre Banque centrale d’Irlande…

En 2004, la masse salariale des 15 500 salariés de la Banque de France était de 1,3 milliards d’euros soit 85 000 euros par salarié, ce qui correspondait à un salaire brut moyen de 5 300 euros, pour un net de 4 000 euros (car le salaire brut représente environ les trois quarts du coût total employeur qui est de 7 000 euros et le salaire net les trois quarts du brut)
Le salaire moyen à la Banque de France était donc le double du salaire médian des Français,
ce qui n’était pas justifié par une productivité supérieure à la normale.

*

En effet, les charges de personnel d’une autre Banque centrale de la zone euro, celle d’Irlande, étaient de 45 000 euros par an par salarié, soit un coût salarial mensuel de 3 700 euros qui correspond en Irlande à notre salaire brut duquel il faut déduire des cotisations sociales qui sont de 19 % pour arriver à un net de 3 000 euros, ce qui était une rémunération moyenne a priori normale.

Les salariés de la Banque de France étaient donc surpayés et en sureffectif

*

. En effet, comme le PIB de la France est proportionnellement 12 fois plus important que celui de l’Irlande, il n’aurait dû y avoir que 11 000 salariés à la Banque de France. Le sureffectif était donc de 30 % environ en 2004.
 

Charges de personnel*

Effectifs

Salaire / an**

Brut €

Net €

Irlande

41,879

938

44 647

3 721

2 976

France

1 318,914

15 564

84 741

5 296

3 972

* : Charges de personnel en millions d’euros

** : Salaire annuel réel en euros (appelé coût total employeur en France)

*

Si la Banque de France avait été gérée comme la banque centrale d’Irlande, la masse salariale aurait été de 500 millions d’euros seulement en 2004.

Le montant du hold-up institutionnalisé de la Banque de France par ses salariés se monte donc à plus de 800 millions d’euros par an !

*

Le rapport de gestion de 2004 page 147 précise que les engagements de retraite de 6,6 milliards d’euros ne sont pas provisionnés (comme dans toutes les entreprises françaises) alors que les capitaux propres se montaient à 3,5 milliards d’euros seulement.

Le non-provisionnement des charges de retraite est d’autant plus grave à la Banque de France que ce sont les banques centrales qui sont chargées de surveiller l’évolution de la masse monétaire qui dérape dangereusement dans la zone euro pour cette raison !

*

Les banques centrales tirent l’essentiel de leur chiffre d’affaires du produit des intérêts des capitaux dont elles disposent, ce qui leur permet de couvrir leurs charges de personnel.

La Banque de France a publié un bénéfice de 82 millions d’euros en 2004 après le paiement d’un impôt sur les sociétés de 137 millions alors que la Banque centrale d’Irlande dégageait un bénéfice net de 122 millions d’euros sans payer un tel impôt car une banque centrale exerçant dans son domaine une prérogative régalienne pour le compte de l’Etat ne devrait pas payer logiquement d’impôts sur les bénéfices.

Une telle analyse n’est pas faite en France ce qui a permis à l’Etat d’engranger ainsi indûment 138 millions d’euros en 2004…

*

Sommes en millions d’euros

France

Irlande

1 Produits d’intérêts

2 043

571

2 Résultat des opérations financières

284

177

3 Impôts sur les sociétés

138

0

4 Résultat net

82

122

5 Rentabilité des opérations financières : 2/1 en %

13 %

31 %

6 Rentabilité nette % : 4/1 en %

4 %

21 %

***

Par CHEVALLIER
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