Le principe de la comptabilité en partie double est incontestablement l’invention la plus importante faite par les hommes depuis qu’ils existent car il rend possible depuis
plus de 5 000 ans le développement des échanges internationaux sur de très longues distances, ce qui permet d’augmenter globalement leur richesse, en particulier grâce aux banques qui mettent
en relation l’offre et la demande d’argent.
Les gains de productivité depuis la révolution industrielle et plus récemment depuis l’ouverture des marchés ont accéléré la création de richesse(s).
Dans la mesure où il n’y a pas de création monétaire, ce qui est le cas aux Etats-Unis et dans beaucoup d’autres pays dans le monde où l’argent est sain, il est donc normal que
l’offre d’argent augmente globalement.
L’optimum économique est atteint lorsque les marchés monétaires fonctionnent normalement, c’est-à-dire quand l’offre et la demande d’argent coïncident logiquement.
Dans ces conditions, il est donc normal, et même indispensable que les dettes augmentent dans le monde, c’est-à-dire la demande d’argent (au fur et à mesure que l’offre
augmente car les marchés sont très ouverts).
La rencontre entre l’offre et la demande d’argent se fait à un certain prix : c’est le taux d’intérêts, c’est-à-dire le prix auquel les titulaires de capitaux acceptent de les prêter et les investisseurs de les emprunter (c’est le prix de l’argent).
Les bons des Trésors des pays développés sont à la base de tous les marchés de capitaux et l’évolution relative de leurs rendements réels (corrigés par l’inflation) joue un
rôle fondamental.
Les rendements (réels) des bons à 10 ans des Trésors sont la référence mondiale, et en particulier ceux qui sont les plus recherchés : les Notes des Etats-Unis.
La situation est optimale quand les rendements réels de ces bons du Trésor américain sont faibles (aux alentours de 2 %, périodes 1 et 3) car les placements sans risques de père de famille que sont les bons des Trésors ne sont pas rentables (ils ne sont pas créateurs de richesse car les Etats ne créent pas de véritable richesse),
Document 1 :

Les placements en actions sont alors les plus rentables car ils sont normalement d’un rendement réel de l’ordre de 3 à 5 %, voire davantage dans les entreprises innovatrices
bien gérées qui créent de la valeur comme c’est souvent le cas aux Etats-Unis.
La période 2 (d’inflation, de 1981 à 2002) a été défavorable aux investissements (en actions) créateurs de valeur et bénéficiaire pour les investissements (inutiles voire nuisibles) en bons de Trésors.
La politique monétaire menée par le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, est donc une très grande réussite car la rentabilité des placements en bons des Trésors est très basse et tend vers zéro aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde (elle est même négative sur certaines échéances pour ceux de la Suisse !) mais elle repose sur une particularité : les marchés financiers fonctionnent mal. En effet, ce sont souvent les banques centrales qui jouent leur rôle en assurant l’indispensable circulation de l’argent.
Ainsi, les institutions financières américaines disposent de trésoreries abondantes qu’elles placent auprès de la Fed car elles sont tétanisées par les risques d’effondrement de la zone euro. La Fed utilise ces dépôts pour acquérir (logiquement à leur place) des bons du Trésor (et d’organismes hypothécaires) pour un total de… 2 647 milliards de dollars selon les chiffres de son dernier bilan hebdomadaire.
La situation est différente dans la zone euro. En effet, comme beaucoup de banques sont proches du défaut de paiement, surtout en dollars, les marchés financiers sont paralysés. Les banques ne se prêtent plus d’argent car elles n’ont plus confiance entre elles : elles ne prêtent leurs disponibilités qu’à la BCE qui en retour prête cet argent aux banques qui en demandent. Cet ersatz de marché interbancaire porte sur 650 à 700 milliards selon les chiffres des bilans hebdomadaires de la BCE.
Dans ces deux cas, dans la zone euro et aux Etats-Unis, il n’y a pas de création monétaire par les banques centrales (comme le répètent inlassablement tous les idiots inutiles) mais circulation d’argent dans les circuits financiers par l’intermédiaire des banques centrales.
Le seul gros problème est celui de la création monétaire qui s’est produite dans la zone euro avec l’hypertrophie de l’agrégat M1 qui se monte à 4 770 milliards d’euros, la moitié du PIB annuel contre 15 % environ pour les Etats-Unis.
Ce sont ainsi plus de 3 000 milliards d’euros d’argent non gagné qui circulent en Europe, et donc dans le monde puisque les marchés financiers sont très ouverts.
Tant que cette bulle n’aura pas éclaté, les tensions perdureront sur les marchés.
Remarques complémentaires…
1 / Les dettes publiques augmentent en Europe et aux Etats-Unis mais comme l’argent est abondant, les taux sont encore à un niveau très bas. Si cette demande continue à augmenter, les taux monteront.
Il en sera de même quand les investisseurs estimeront que certains Etats, aujourd’hui considérés comme solvables, seront considérés comme risquant de ne plus pouvoir rembourser normalement leurs dettes comme c’est le cas actuellement pour la Grèce (34 % pour le 10 ans !).
Seules les analyses monétaristes permettent d’anticiper ces évolutions qui ne sont actées que tardivement par les marchés et finalement par les agences de notation (elles ne font que constater ce que les bons spéculateurs avaient détecté les premiers en retirant leurs capitaux des bons des Trésors à risques dont les rendements augmentent par rapport à ceux qui sont les plus sûrs, ceux du Trésor helvète).
2 / Les pays dont la balance commerciale est fortement déficitaire comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni rééquilibrent normalement leur balance des paiements en attirant des capitaux du monde entier car leur place financière est considérée comme attractive.
Les cochons de pays du Club Med, dont la France, qui ont des balances commerciales fortement déficitaires et qui n’attirent pas des capitaux de l’étranger sont obligés d’emprunter des dollars par l’intermédiaire de l’euro système mais comme la BCE manque de réserves en cette devise, elle est maintenant obligée d’emprunter plus de 50 milliards de dollars à la Fed. Ça ne peut pas durer éternellement…
3 / La bulle qui s’était développée en M3-M2 a éclaté avec la crise dite des sub-prime et à la suite de la faillite de la banque des frères Lehman comme le montre le dégonflement de cet agrégat en €URSS qui varie en concordance avec celui des Etats-Unis dont les chiffres de M3 ne sont plus publiés depuis l’entrée en fonction de B-2 à la tête de la Fed pour empêcher les bons analystes de disposer de ces informations indispensables,

















