Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 11:21

Questions / réponses 19


Merci aux honorables lectrices et lecteurs de ce blog pour leurs questions et leurs commentaires, voici mes réponses… 

Je ne reviendrai pas sur certains points que j’ai largement explicités précédemment, en particulier sur les mécanismes de création monétaire, l’argent sain et l’argent non gagné qui sont fondamentaux et très bien analysés par tous les business économistes dans le monde et en particulier par les Reaganomics. Beaucoup de gens refusent de prendre en considération certaines données et leurs évolutions, et perpétuent les mêmes erreurs depuis des décennies. Tant pis pour eux ! Je ne peux rien y faire. Je ne polémiquerai pas car il est illusoire de faire changer d’avis les militants de la gauche plurielle et les libertariens. Par contre, le débat d’idées sur les nouveaux éléments de la politique monétaire sont intéressants et utiles.


Je suis quand même étonné de constater que je suis le seul, à ma connaissance du moins, à avoir relevé que la SNCF avait supprimé lors de son conseil d’administration du 29 août une centaine de milliards d’euros de dettes qui ne sont inscrites maintenant nulle part, et que je suis (presque ?) le seul à comprendre qu’il s’agit là d’une partie de la création monétaire kolossale dans la zone euro (plus de €2 500 milliards) que tout le monde attribue aux banques centrales et commerciales (qui respectent parfaitement les règles qui s’imposent) !


L’analyse économique n’est pas figée. Elle repose sur l’observation de données qui évoluent toujours. Le problème est de comprendre le plus rapidement possible ces évolutions. Alan Greenspan dit et répète qu’il sera de plus en plus difficile de le faire. Il a raison. Les Américains entrent dans un nouveau paradigme dans lequel les comportements anciens ne se reproduisent plus comme dans le passé. Ainsi par exemple, contrairement à ce qui s’est passé pendant ces 50 dernières années, les taux trop élevés de la Fed n’ont pas entraîné un ralentissement de la croissance du PIB 6 mois plus tard mais après un délai d’un an et demi, et la forte croissance en 2007 n’a pas entraîné des hausses de salaires supérieures aux gains de productivité.


Je n’ai pas changé d’avis sur la politique monétaire, mais l’idée développée par certains économistes américains selon laquelle une baisse des taux de la Fed sous 4,25 % ne serait pas inflationniste en 2008 est finalement intéressante et justifiée quand on examine plus attentivement certaines données… d’où une modification de mes analyses et de mes conclusions. L’erreur serait de maintenir des analyses qui reposeraient sur des principes dépassés.


Les établissements financiers ont développé les produits dérivés en toute liberté. Ils ont l’avantage de contribuer à réduire les incertitudes face à l’avenir. Les pertes sur ces marchés sophistiqués doivent être correctement comptabilisées, et il semble qu’il y ait là des problèmes mal résolus comme l’a montré la crise du sub-prime.

***

Par CHEVALLIER
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Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 17:55

Relance monétariste


Les autorités américaines, à savoir le gouvernement et la Fed, préparent un plan de relance monétariste qui consiste pour l’essentiel à inciter les Américains à augmenter leurs dépenses en consommant davantage.

Ainsi, leur épargne augmentera moins, donc l’augmentation de M2-M1… baissera.


Graphique 1 :
20080104US3M2-copie-1.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre en M2-M1, la relance sera rapide et forte.


Dans les semaines suivant le début de ce plan, l’augmentation de M2-M1 diminuera pour tendre ensuite vers 3,5 %, ce qui correspond à une croissance du PIB à son potentiel optimal de 3,5 %.


Graphique 2 :
20080104US4FRM-copie-1.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


C’est une application particulièrement adroite de ma loi sur la masse monétaire libre (que les membres du FOMC connaissent sous une autre formulation) car cette relance ne sera pas inflationniste a priori car elle est basée sur la baisse de l’augmentation de M2.


L’argent est sain, le ratio de M2/PIB devrait encore baisser, les fondamentaux sont bons.

La croissance du PIB peut repartir très rapidement.

Par la suite, la Fed remontera son taux de base au niveau de sa neutralité de 4,25 %.

Une longue période de prospérité s’annonce aux Etats-Unis.


La Fed baissera donc son taux de base qui sera accommodant pendant quelques mois, c’est à dire inférieur à sa neutralité sans toutefois être inflationniste.

Le gouvernement va prendre des mesures pour diminuer les impôts (en envoyant des chèques de $500 ?), c’est à dire pour augmenter le pouvoir d’achat des Américains et inciter les entreprises à investir (ce qui est plus contestable).

Par ailleurs, les prix de l’énergie, propulsés à des niveaux difficilement soutenables par la spéculation, baisseront peut-être enfin…


La BCE ne peut pas baisser son taux de base à cause du dérapage des agrégats monétaires : M2 augmente trop vite (11,9 % d’une année sur l’autre, deux fois plus qu’aux Etats-Unis avec 5,9 %), le ratio M2/PIB à 82 % est beaucoup trop élevé (il est de 53 % aux Etats-Unis) à cause de l’argent non gagné qui se monte à un total de €2 500 à €3 000 milliards.


La BCE est obligée d’utiliser la seule arme de dissuasion massive qu’elle possède, à savoir augmenter son taux de base, mais cela risque d’être inefficace…


Il faudrait plutôt enregistrer les engagements de retraite en conformité avec les règles IFRS dans les comptes des entreprises et des administrations de façon à commencer à mettre fin à la création monétaire dans la zone euro…

***

 

Par CHEVALLIER
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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 22:02

Croisement ?


Que vont faire la BCE et la Fed ? 
Parmi les idées qui circulent, un journaliste qui comprend généralement bien la problématique monétaire de la Fed, Greg Ip du Wall Street Journal, rapporte qu’une baisse des taux pourrait être décidée par les membres du FOMC…


Elle aurait pour avantage de faire baisser le dollar (ce qui réduirait les importations et stimulerait les exportations et la croissance du PIB), de diminuer les risques d’impayés sur les emprunts hypothécaires, de relancer les investissements, les marchés immobiliers et actions.


La baisse des taux de la Fed sous sa neutralité était toujours inflationniste au cours des décennies passées, mais il n’est pas certain que ce soit le cas maintenant.


En effet, l’inflation était toujours créée par les augmentations de salaires qui étaient supérieures aux gains de productivité, or les Américains ont changé de comportement : ils savent que dans un monde de plus en plus ouvert, ils ont intérêt à modérer leurs revendications, d’autant plus qu’ils bénéficient de plus en plus de revenus tirés de leurs capitaux investis.


La BCE est confrontée à une augmentation inflationniste de la masse monétaire (12,5 %), or les gouverneurs sous influence germanique comme Nout Wellink sont très attachés à une monnaie forte (par rapport au dollar) sans inflation.


Ils pourraient ainsi décider d’augmenter leur taux de base, ce qui renforcerait leur crédibilité face aux pressions de certains gouvernements.


Les taux de la BCE et de la Fed pourraient se croiser prochainement, comme l’ont déjà fait ceux des bons à 10 ans,

Graphique 1 :
2008.01.08.US.1.10Y.EZ.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Graphique 2 :
2008.01.08.US.2.TX.EZ.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Certains opérateurs sur les marchés de l’obligataire public font généralement de bonnes analyses et leurs anticipations sont souvent gagnantes…


Les Américains ont intérêt à ce que la croissance soit la plus proche possible de son potentiel optimal. Ce scénario est donc plausible.

***

 

Par CHEVALLIER
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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 09:48

Blog de Ludovic Monnerat


Le blog du lieutenant-colonel Ludovic Monnerat a été suspendu à l’insu de son plein gré au début du mois de décembre, mais il paraît à nouveau à l’adresse provisoire :


http://ludovicmonnerat.blogspot.com/


J’ai déjà eu l’occasion d’écrire (sur mon ancien blog que Guy Millière , avec sa bande de margoulins, a supprimé sans scrupule fin juillet 2007, sans me prévenir, détruisant ainsi 2 ans de mon activité), tout le bien que je pensais de Ludovic Monnerat et de l’intérêt que représente l’apport de la réflexion pertinente d’un militaire pour ce qui concerne l’analyse des problèmes économiques actuels.


En effet, les performances économiques des nations, des entreprises et le niveau de vie des populations dépendent de plus en plus des stratégies employées par les militaires.


Ainsi par exemple, la Chine a décollé à partir du moment où ses dirigeants ont enfin admis que le capitalisme libéral était le seul moyen d’obtenir une croissance durable du PIB, ce qui permettra d’assurer à terme la richesse de cette nation et de ses habitants, et les moyens de jouer un rôle politique et militaire important dans le monde.


Les Américains (des Etats-Unis) développent une stratégie subtile dans le monde de façon à perpétuer leur croissance en cherchant à affaiblir leurs adversaires et leurs alliés qui sont aussi des concurrents.


Ces stratégies ont des incidences considérables pour ce qui concerne la croissance et le niveau de vie dans la Vieille Europe et en particulier en France dont l’influence décline.


La guerre,
c’est à dire le conflit dit de haute intensité, n’est que la partie émergée de l’iceberg dont la partie immergée est la guerre économique et surtout la guerre des idées.


La Vieille Europe sous influence socialiste décline inexorablement depuis un demi siècle…

***

Par CHEVALLIER
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 11:35

Questions / réponses 18


Merci aux honorables lectrices et lecteurs de ce blog pour leurs questions et leurs commentaires, voici mes réponses…


Excellente intervention d’" Erico " ! Je crois avoir répondu en fait aux problèmes posés dans mon dernier billet. Les mois à venir seront un mauvais moment à passer (avec le collapsus) avant une longue période de croissance et de prospérité… aux Etats-Unis si les membres du FOMC ne font pas d’erreurs majeures.

Ils sont soumis à de fortes pressions, de la part des marchés, des entreprises, du gouvernement, des Américains… qui n’ont pas toujours une opinion juste de ce qu’il faudrait faire, et ils doivent prendre leurs décisions en fonction de l’intérêt de tout le monde.


Les taux de la Fed ne peuvent pas rester durablement stables car tout évolue à tout moment, et la Fed doit s’adapter à toutes les circonstances.

Avant, c’est à dire pendant ces 50 dernières années, l’augmentation des taux de la Fed pénalisait les investissements, en particulier des entreprises, ce qui provoquait un ralentissement de la croissance du PIB. Maintenant, les entreprises ont souvent des trésoreries pléthoriques qui leur permettent d’autofinancer leurs investissements. Elles sont donc moins sensibles aux taux élevés de la Fed qui a donc moins de pouvoirs sur elles. 
Ce sont les Américains qui empruntent pour acheter leur maison qui sont les plus sensibles aux variations des taux, d’où la crise de l’immobilier accentuée par la spéculation perdante sur le sub-prime.


Les prix de l'énergie sont hautement spéculatif, et ils peuvent retomber à un niveau très bas. 
Si le pétrole était un produit commun, les prix du baril se caleraient sur les coûts de production aux alentours de 5 à $10 le baril et 10 centimes d’euro à la pompe. 
Les pays exportateurs et les grandes compagnies pétrolières alimentent normalement les marchés. 
Les investissements sont eux aussi dans les normes.

L’offre des produits agricoles suit la demande avec un petit retard : la surface des terres cultivées et la production augmentent, les prix baisseront…


L'inflation est le plus grand danger dans tout pays car, lorsqu’elle est trop élevée, la masse monétaire augmente, et comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, la croissance diminue en cas d’inflation.


Autre formulation : l’argent sain est le premier pilier, la condition nécessaire à la croissance pour tout Reaganomic…


La force actuelle de l’euro est artificielle, alors qu’en provisionnant correctement les engagements de retraite, l’euro serait réellement fort… comme le US$. 
Le niveau de productivité globale relatif des Etats-Unis et des pays européens déterminerait alors leur parité, avec la spéculation…


Il m’est impossible de faire une analyse fiable du deutschemark (idem pour le franc français) car il n’y a pas de données disponibles. Le DM était une monnaie forte, de réserve, grâce aux excédents commerciaux et à l’argent sain qui régnait en Allemagne. Les dirigeants allemands ont tiré la leçon de la catastrophe du Reichsmark !


Les flux financiers entrant et sortant de la zone euro fluctuent beaucoup d’un mois à l’autre, pour l’instant sans signification majeure.


Les banques centrales et les banques commerciales ne créent plus de monnaie depuis longtemps ! contrairement à ce qu’écrivent et pensent encore beaucoup de gens qui rabâchent les mêmes stupidités depuis longtemps !


Comme l’a répété jadis en maintes occasions Alan Greenspan, les banques commerciales transforment de l’argent à court terme en prêts à plus long terme, ce qui est une partie de leur métier de base mais au cours de ces opérations, il n’y a pas de création monétaire puisque l’argent existe au départ.

Idem pour les banques centrales : elles ne prêtent que l’argent qu’elles ont ! elles ne créent pas de monnaie.

Il est très difficile de faire comprendre des choses simples disait en d’autres termes Milton Friedman…

Je pensais avoir été clair sur ces points…


Les fonds de pension investissent leurs capitaux dans des valeurs mobilières que sont les actions et les obligations
Quand les marchés actions plongent comme c’est le cas en ce moment, les gérants placent leurs capitaux dans l’obligataire dont les prix des contrats augmentent et les rendements baissent. 
La spéculation gagnante consiste à anticiper les marchés : il fallait acheter des obligations quand les taux étaient à 5,25 % et vendre quand ils sont tombés au plus bas, ce qui commence à être le cas en ce moment.


En cas d’erreur de gestion, ce qui est le cas de la plupart des fonds de pension actuellement, cf. le FRR ! la perte n’est pas très grave car les sorties de capitaux sont en rentes, donc la gestion s’évalue sur le long terme qui est gagnant de toutes façons avec l’augmentation des bénéfices de 5 à 7 % par an.


Les entreprises européennes ont une rentabilité proche de celles des Etats-Unis, concurrence mondialisée oblige, donc dans les normes. Il est logique que M3-M2 de la zone euro augmente fortement car leur rentabilité était anormalement faible au cours des années passées.

La rentabilité de entreprises japonaises et chinoises est généralement élevée grâce à leurs coûts de production faibles. Là aussi, un rattrapage s’opère, en particulier pour combler les dérives monétaires des années passées. C’est ce qui attend les Français à l’avenir…


Et un petit rappel (fin des questions/réponses 15) pour les lecteurs qui voudraient enrichir leurs culture économique : n’écoutez jamais, ne lisez jamais les avis formulés par les économistes et autres experts de ce genre ! ni les livres de ces charlatans.

Les sources d’informations primaires sont nombreuses. Les agences de presse comme Reuters donnent de bonnes informations de base qu’il suffit ensuite d’analyser correctement.

L’économie, c’est simple ! a dit Milton Friedman.

***

 

 

Par CHEVALLIER
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Dimanche 6 janvier 2008 7 06 /01 /Jan /2008 18:25

Désinflation, récession, croissance et prospérité


Les banques centrales ont pour fonction première de maintenir l’inflation dans une zone acceptable à tout moment et en toutes circonstances pour que la croissance du PIB réel soit la plus proche possible de son potentiel optimal.

Leur rôle est indispensable, car en leur absence, ou en leur carence, l’inflation prend naissance un jour et se développe ensuite inéluctablement.


La moindre erreur de politique monétaire a des conséquences considérables sur une longue période. Ainsi par exemple, en 1965, la Fed a maintenu son taux de base à un niveau théoriquement neutre de 4,0 %, ce qui était a priori une bonne décision mais elle s’est finalement révélée catastrophique par la suite car un tel niveau était en réalité inflationniste du fait que l’augmentation des bénéfices des entreprises (de 5 à 7 % sur le long terme) est supérieure à la croissance du PIB nominal.

L’inflation partie, s’est développée pendant 15 ans et il aura fallu ensuite 25 ans pour la juguler par une action énergique de la Fed.


Graphique :
20080106USFFPCEGDP-copie-1.gif

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


Pour vaincre l’inflation, il n’existait qu’un seul remède : augmenter le taux de base de la Fed pour créer un ralentissement de la croissance du PIB réel qui se terminait par une récession toujours désinflationniste, la Fed relançant ensuite l’activité en baissant son taux…

Ainsi se produisaient des cycles…


Actuellement, début janvier 2008, l’inflation sous jacente est supérieure à sa limite supérieure de 2 %. 
La Fed devrait donc remonter son taux de base de façon à ralentir la croissance du PIB au point de créer une récession désinflationniste mais les membres du FOMC ont contre eux les marchés qui exigent une baisse des taux pour relancer la croissance, les bénéfices et les cours des actions qui sont la source de leurs revenus. 
Ils ont aussi contre eux les Américains qui subissent le chômage lors d’une récession et qui sont aussi des électeurs…


En 1991, Alan Greenspan a tenu bon : il a refusé de baisser les taux de la Fed, ce qui a créé une récession qui a permis de juguler l’inflation en assurant par la suite une longue période de croissance avec une inflation contenue dans les normes.


L’inflation est un combat monétaire, selon l’excellente expression d’un économiste français malheureusement tombé dans l’oubli : Jacques Le Bourva.


Jusqu’au 18 septembre 2007, le taux de base de la Fed à 5,25 % était restrictif. 
La baisse de ce taux ne produira ses effets positifs que 6 mois plus tard, c’est à dire à partir du début du 2° trimestre 2008, et sa baisse à 4,50 % puis à 4,25 % le 6 décembre ne se répercutera dans l’économie réelle que pendant ce 2° trimestre 2008.


Les membres du FOMC feraient une erreur historique en baissant leur taux de base en ce 1° trimestre pour éviter une récession car dans ce cas, ils risquent de faire repartir l’inflation pendant 40 ans !


La BCE est condamnée elle aussi à augmenter son taux de base à 4,25 % pour lutter contre l’inflation en créant une récession dans certains pays de la zone euro.


Cependant, il n’est pas certain que la politique monétaire qui était valable au cours des décennies précédentes le soit encore maintenant.

En effet, l’inflation actuelle n’est pas produite par une augmentation des coûts du travail mais par les prix de l’énergie et des produits agricoles.

Pour faire baisser l’inflation, il faudrait plutôt en supprimer les causes profondes en augmentant l’offre de ces produits…


L’inflation totale est dans les 3 % aux Etats-Unis et en Europe : 3,1 % dans la zone euro en novembre et en décembre 2007 et l’inflation sous jacente est à 2,3 % d’après Eurostat.


En France l’inflation est inférieure de 50 points de base à ces données : respectivement 2,6 % et 1,9 %
En réalité, ce résultat n’est pas positif car il est dû au non enregistrement des engagements de retraite.

Ainsi par exemple, la SNCF aurait dû les incorporer dans les prix des billets qui auraient dû être majorés pour un total d’une centaine de milliards d’euros d’après les comptes publiés au 30 juin 2007. Les prix des billets sont donc inférieurs à ce qu’ils devraient être. Il en est de même pour tous les produits dont les prix n’intègrent pas le coût de ces engagements de retraite.


Les Irlandais provisionnent normalement leur retraite dans des fonds de pension. 
Les prix en tiennent compte et l’inflation est supérieure aux données moyenne de la zone euro avec respectivement 3,5 % et 2,9 %, soit 50 points de base au dessus de la moyenne de la zone euro.


L’inflation actuelle est mondiale : la masse monétaire augmente de 20 % par an en Inde et en Chine où l’inflation est de 6,9 %. 
Le décollage économique de ces deux pays de plus d’un milliard d’habitants est inflationniste.

***

Par CHEVALLIER
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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 11:06

Retour à la normale


Les derniers chiffres publiés par la Fed le 3 janvier confirment la tendance précédente : l’augmentation de l’épargne des Américains (M2-M1)… a diminué pendant les 4 premières semaines de décembre.


L’augmentation de M2-M1 tend vers 7,5 %, ce qui signifie que les Américains ont de plus en plus confiance en l’avenir : ils continuent à consommer, ce qui entretient la croissance du PIB.

Graphique 1 :
2008.01.04.US.1.M2M1.gif

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


La baisse des taux de la Fed à partir du 18 septembre 2007 a rassuré les consommateurs.

Les membres du FOMC auraient dû prendre cette décision au début de 2007...

Graphique 2 :

2008.01.04.US.2.M2M1.FF.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La tendance à l’amélioration de la situation économique est encore plus nette avec M2 : l’augmentation de M2 était inférieure à 6 % le 24 décembre dernier (d’une année sur l’autre).

Graphique 3 :
2008.01.04.US.3.M2.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, elle a été faible en ce 4° trimestre (mais de 2,3 % d’une année sur l’autre, soit une croissance nulle par rapport au trimestre précédent, hypothèse retenue ici).

Graphique 4 :
2008.01.04.US.4.FRM.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


La crise du subprime a peu d’effets négatifs aux Etats-Unis car l’argent est sain (sound money) : c’est le premier pilier de la réussite économique pour les Reaganomics.


Le maintien des taux de la Fed à un niveau trop haut pendant trop longtemps a provoqué le ralentissement de la croissance du PIB voulu par les membres du FOMC (pour faire baisser l’inflation qui reste cependant trop élevée à cause des prix de l’énergie).


L’analyse des variations des agrégats monétaires est bien le meilleur indicateur de l’évolution de la croissance à venir.


La croissance du PIB réel va donc être faible en ce 1° trimestre, mais tout reviendra dans les normes au début du 2° trimestre 2008 car il faut un délai de 6 mois pour que la baisse des taux de la Fed donne des effets positifs observables.


Ce sera le début d’une longue période de croissance et de prospérité aux Etats-Unis sur de bons fondamentaux.


Les membres du FOMC ne devraient pas baisser leur taux de base sous 4,25 % car ce serait trop inflationniste.


Voir mon billet de la semaine précédente : http://www.jpchevallier.com/article-15031954.html

***

 

Par CHEVALLIER
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 21:57

Argent sain : Etats-Unis / zone euro


Tous les business économistes américains sont d’accord : l’argent sain (sound money) est la première condition nécessaire de la croissance du PIB et de l’augmentation du niveau de vie, ce qui signifie que l’argent qu’ont les Américains ne doit pas augmenter plus vite que le PIB nominal, et même moins vite, et c’est ce qui est réalisé depuis ces 50 dernières années…


En effet, cette masse monétaire M2 qui fluctuait autour de 60 % du PIB dans les années 60 et 70 tend maintenant vers les 50 %, en fluctuant sous la barre de 55 %,

Graphique 1 :
2008.01.03.US.M2.PIB.TREND.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les Euro-zonards, qui n’ont rien compris en matière de politique monétaire, laissent faire les marchés et la masse monétaire augmente de plus en plus : partie de 65 % du PIB jusqu’en 2001 (!), elle atteint maintenant 82 % du PIB !

Graphique 2 :
2008.01.03.---Z.M2.PIB.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Les plus grandes catastrophes économiques et humaines sont nées de dérapages monétaires, comme par exemple le socialisme nationaliste allemand à la suite de l’hyper-inflation du Reichsmark.


L’augmentation de la masse monétaire de la zone euro est provoquée actuellement par le non enregistrement des engagements de retraite, en particulier en France.


Elle aura des conséquences dramatiques dans les années à venir…

***

Par CHEVALLIER
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Jeudi 3 janvier 2008 4 03 /01 /Jan /2008 11:53

Zone euro : la situation continue à se dégrader


La masse monétaire M3 de la zone euro augmentait de 12,5 % d’une année sur l’autre en novembre 2007, comme le mois précédent.

L’augmentation de M3 n’a jamais été aussi importante !

Graphique 1 :
2008.01.03.EZ.1.M397.gif

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


La tendance antérieure se poursuit : la dégradation est continue depuis mai 2004.

Graphique 2 :
2008.01.03.EZ.2.M304.gif

 (cliquer ici pour agrandir le graphique)


La masse monétaire M3 représente maintenant 97 % du PIB alors qu’elle n’en représentait que 75 % jusqu’en 2001, ce qui était dans les normes.

Graphique 3 :
2008.01.03.EZ.3.M3GDP.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à l’augmentation de la masse monétaire libre M3, la croissance du PIB est proche de zéro dans la zone euro, avec des situations variables d’un pays à l’autre : la croissance sera faible en France.

Graphique 4 :
2008.01.03.EZ.4.FRM.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)


Pour le 4° trimestre 2007, le taux de croissance retenu ici est de 1,5 %.


M1 est hypertrophiée avec 3 856 milliards d’euros (contre 1 350 milliards de dollars aux Etats-Unis !) à cause de l’argent non gagné lié aux engagements de retraite qui ne sont pas comptabilisés.


M2-M1 augmente de 17 %
d’une année sur l’autre, ce qui signifie que les euro-zonards augmentent leur épargne car ils anticipent une dégradation de leur situation dans un avenir proche (l’augmentation de M2-M1 est de 8 % seulement aux Etats-Unis, ce qui est considéré comme élevé et inquiétant !).


M3-M2 (qui représente les trésoreries des entreprises de la zone euro) augmente sur un rythme élevé de 19 %, ce qui signifie que les entreprises continuent à gagner normalement de l’argent.


La BCE devrait augmenter ses taux pour ralentir la croissance, donc l’inflation et l’augmentation de la masse monétaire, mais cette décision sera difficile à prendre !

***

Par CHEVALLIER
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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 23:03

Analyse, prévisions, collapsus et spéculation gagnante


L’analyse des agrégats monétaires et de la politique menée par la Fed est fondamentale, car elle permet d’anticiper correctement l’évolution des marchés, ce qui alimente la spéculation gagnante…


Lorsque les taux de la Fed sont supérieurs à leur neutralité qui se situe entre 4,0 et 4,25 %
, ce qui est réalisé depuis le 13 décembre 2005, la croissance du PIB réel ralentit toujours, avec un délai qui était de 6 mois.

Graphique 1 :

2008.01.02.US.1.TX.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique) 


Cependant, comme les fondamentaux de l’économie américaine sont excellents, la croissance est restée anormalement forte pendant presque 2 ans, mais le ralentissement de la croissance se produit finalement.


A partir de ces analyses, depuis l’automne 2005, je prédits (en concordance avec les analyses techniques de Fred Rabeman) un collapsus…


Ces analyses permettent de battre les prévisions des meilleurs spécialistes reconnus comme Abby Joseph Cohen, stratégiste de Goldman Sachs, qui, interrogée le vendredi 10 août 2007 par la chaîne CNBC, estimait encore que l'indice Standard & Poor's était sous-évalué d'environ 10 %. "Ce niveau de décote est généralement un bon point d'entrée pour investir dans les actions", a-t-elle assuré.


Le 10 août 2007, le SP500 fluctuait entre 1 450 et 1 460.

Le 2 janvier 2008, le SP500 a terminé en dessous de 1 450.


L’indice PMI de l’ISM publié ce 2 janvier 2008 est tombé sous 50, ce qui signifie que la croissance de l’industrie manufacturière est négative, confirmant ainsi le ralentissement de la croissance du PIB réel,

Graphique 2 :

2008.01.02.US.2.ISM92.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique) 


… ce qui est dans la tendance de ces derniers mois,


Graphique 3 :

2008.01.02.US.2.ISM03.gif

(cliquer ici pour agrandir le graphique)

***

Par CHEVALLIER
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